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Revue de l’année 2012

L’année folle de Philippe Falardeau

L’année folle de Philippe Falardeau
photo d’archives Le cinéaste québécois Philippe Falardeau a amorcé l’année 2012 en se rendant aux Oscars et s’est promené partout dans le monde pour accompagner les sorties de son film Monsieur Lazhar.

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Avec le succès international de son Monsieur Lazhar, Philippe Falardeau avait déjà connu en 2011 une année riche en émotions. Mais l’aventure s’est poursuivie de plus belle en 2012, le propulsant même jusqu’aux Oscars.

Avec le succès international de son Monsieur Lazhar, Philippe Falardeau avait déjà connu en 2011 une année riche en émotions. Mais l’aventure s’est poursuivie de plus belle en 2012, le propulsant même jusqu’aux Oscars.

«En fait, le début de 2012 a été le milieu de l’aventure Monsieur Lazhar, résume le cinéaste québécois en entrevue au Journal.

«Quand la campagne des Oscars est arrivée, en janvier et février, c’est un processus qui avait commencé pour moi en août 2011 avec la première mondiale de Monsieur Lazhar au Festival de Locarno. La montée vers les Oscars s’est réellement amorcée là.»

Philippe Falardeau l’a souvent dit: il n’aurait jamais pu croire, avant de présenter Monsieur Lazhar à un public pour la première fois, que ce 4e long métrage lui permettrait d’obtenir une telle reconnaissance au Québec et ailleurs dans le monde.

Dans la dernière année, Monsieur Lazhar (une adaptation de la pièce Bashir Lazhar d’Évelyne de la Chenelière) a pris l’affiche dans des marchés aussi importants que les États-Unis, la France, l’Australie et le Japon. Et il a obtenu du succès dans plusieurs ­marchés non francophones, récoltant même près de 2 millions $ au box-office américain (ce qui n’est jamais gagné d’avance avec un film étranger sous-titré).

«Le film a bien marché en Australie, aux Pays-Bas, au Japon, aux États-Unis et en ­Espagne, où l’économie va mal, mais où les gens continuent quand même d’aller au ­cinéma, observe-t-il.

«Pourtant, c’est un film qui se déroule en français, sur le Plateau Mont-Royal. Ça me touche beaucoup de voir que le film a si bien voyagé.»

Falardeau s’est d’ailleurs fait un devoir ­d’accompagner son film pour pratiquement toutes ses sorties: «J’ai été présent chaque fois, que ce soit en allant sur place ou en ­faisant des entrevues ­téléphoniques, dit-il. Je n’avais jamais vécu avant des sorties ­commerciales importantes de mes films dans des aussi gros marchés. Ç’a été très le fun pour moi.

«Mais honnêtement, je n’aurais jamais pensé que ce film m’amènerait aussi loin. Si tu ­regardes mes quatre films, C’est pas moi, je le jure avait plus le profil d’un film qui pouvait percer à l’étranger.

«Mais finalement, c’est un film intimiste qui se passe dans une classe d’école qui, tout d’un coup, attire l’attention de producteurs à Los Angeles. La leçon à tirer de cela, c’est que peu importe le film qu’on fait, on ne peut ­absolument pas prévoir d’avance quel type de succès il aura.»

L’après Oscars

Il s’est passé près d’un an depuis que Monsieur Lazhar a décroché une nomination pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère. Mais déjà, Philippe Falardeau peut sentir un effet «après Oscars » sur sa carrière. Il devrait d’ailleurs tourner un premier film américain en 2013, tout en poursuivant l’écriture de son prochain film québécois.

«Le projet américain est un petit film indépendant dont je ne peux pas encore dévoiler le titre, explique-t-il.

«C’est sûr que j’ai obtenu ce contrat grâce aux Oscars. J’ai dit oui pour deux raisons: d’abord, parce que ce scénario me ressemble et que le sujet m’intéresse. Ça parle ­d’immigration avec une dimension sociale et politique.

«Il y a aussi que, comme le scénario de mon prochain film québécois n’est pas prêt, je sentais pour la première fois de ma vie que j’étais mûr pour tourner le scénario de quelqu’un d’autre. Si on veut tourner plus qu’à chaque trois ou quatre ans au Québec, il faut pouvoir tourner les scénarios d’autres auteurs.»

D’ailleurs, qu’il tourne au Québec, aux États-Unis ou ailleurs, le réalisateur de Congorama et de La moitié gauche du frigo n’entend pas modifier sa façon de travailler: «C’est sûr que non, assure-t-il. En ce moment, par exemple, je ­travaille avec une structure de production ­différente, mais je tiens quand ­même aux mêmes choses. Je viens d’avoir une conversation avec quelqu’un qui s’occupe du repérage des locations et je lui ai dit que ce qui m’intéresse, ce n’est pas le beau ou le spectaculaire mais plutôt l’authenticité. Je ne changerai donc pas mon approche du ­cinéma, ni le genre de sujet qui m’intéresse.»

 

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