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Procès

Deux visions s'affrontent

«Il ne veut pas faire de la porno, il veut faire peur», dit son avocat

Rémy Couture
Photo le journal de montréal, tzara maud Les plaidoiries dans le procès de Rémy Couture ont commencé ce matin.

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Rémy Couture est un maquilleur de talent, qui a toutefois utilisé son art à des fins illégales et dangereuses pour la société. Telle est du moins la théorie de la Couronne, contraire à celle de la Défense, qui estime plutôt que les artistes ne doivent pas être exposés aux ­poursuites.

Deux visions se sont affrontées au procès du spécialiste en effets spéciaux accusé de corruption de mœurs pour ses mises en ­scène, diffusées sur son site web, où abondaient les fausses mutilations et les fausses agressions.

Pour la Couronne, le mélange de sexe et de violence extrême constitue de l’obscénité. Ainsi, pour Me Geneviève Dagenais, le maquilleur de 35 ans a créé «un catalogue qui excite les déviants sexuels». Et elle ajoute : «Il faut tracer la ligne quelque part. La société doit être protégée, et ces images ne doivent pas être ­diffusées.»

Mais, pour la Défense, il s’agit plutôt d’une démarche artistique. Couture est un spécialiste de l’horreur. Il est allé au bout de son art sans jamais verser dans la pornographie, selon Me Robert Doré «Le refus d’écouter, de comprendre ce que font nos artistes, ce serait la solution facile, a-t-il lancé, ajoutant que la venue d’internet a créé un conflit de valeurs. Si on en a peur dans notre siècle, on recule.»

«On n’est pas la censure des années 50, a rétorqué plus tard la Couronne. Ce n’est pas une question de goût et de morale. C’est une question qui touche la sécurité du ­public. »

Hier, au Palais de justice de Montréal, Me Doré a également critiqué le travail des policiers. Car, si la plainte originale contre le site web de Couture remontait à 2006, rien n’a été fait avant 2009.

«Ce n’est pas un complot», a répondu Me Dagenais lorsqu’est venu le tour de la Couronne de plaider.

Chaque partie s’est également affairée à miner la crédibilité des experts de l’adversaire. Et chacune est demeurée en désaccord quant à la portée du procès.

«On ne vous demande pas de chercher la solution à tout ce qui se fait sur le web, de plaider la Couronne. On y va un dossier à la fois.»

«Vous êtes la conscience commune, a de son côté plaidé Me Doré. C’est une question importante pour chacun de nos concitoyens, pour les artistes qui ne veulent pas se faire censurer.»

 

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