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Ouragan Sandy: le leadership de Chris Christie

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La nature ne perd pas de temps à nous vêtir de l'uniforme de prison du parti auquel on adhère, a écrit le sage de Concord, Ralph Waldo Emerson. S'il y a une chose que les négociations interminables pour éviter le précipice fiscal ont fait ressortir, c'est combien il est devenu difficile pour les politiciens à Washingon de se défaire de cet uniforme. Des millions d'Américains, inquiets de savoir à quoi ils allaient devoir s'en tenir dans leurs finances personnelles, ont dû attendre après le nouvel an pour être fixés.

Ces Américains exaspérés n'ont pas été tendres envers la classe politique. Leur animosité, perceptible dans les sondages et les réseaux sociaux, a joué un rôle dans la conclusion de l'entente. Beaucoup d'entre eux ne sont pas d'humeur à rire. L'économie tarde à reprendre de la vigueur et, malgré l'entente budgétaire, le revenu net des travailleurs va baisser en 2013. La cotisation sociale de 2% prélevée sur les salaires, qui était suspendue, sera reprise.

Une aide pressante qui se fait attendre

Amorcer l'année dans un contexte économique sub-optimal est une chose. Avoir subi les affres de l'ouragan Sandy et ne pas recevoir l'aide dûe parce que les politiciens tardent à agir, en est une autre, et elle est dure à digérer. C'est dans ce double contexte qu'il faut situer la sortie vitriolique du gouverneur républicain du New Jersey, Chris Christie, contre le dirigeant de la Chambre des représentants, John Boehner.

Le leader républicain est revenu sur sa promesse de permettre, cette semaine, le vote sur l'aide de 60 milliards qui doit être accordée aux sinistrés de l'ouragan Sandy. La réaction de Chris Christie ne s'est pas fait attendre. Il a vite retiré l'uniforme de son parti dont parle Ralph Waldo Emerson. Il y a seulement un groupe à blâmer pour les souffrances continues de ces victimes innocentes, a-t-il dit : la majorité de la Chambre et son président, John Boehner... Honte à vous. Le report du vote de la Chambre a été rendu plus cruel par l'empressement du Sénat à adopter le plan de compensation. Le gouverneur Christie n'est pas le seul à être en furie. Son homologue de New York, Andrew Cuomo, et le représentant républicain de Long Island, Peter King, sont eux aussi mécontents.

Des politiciens républicains dégoûtés

Les sinistrés de l'ouragan Katrina avaient attendu seulement 10 jours en 2005 pour recevoir une première compensation de 60 millards. Il s'est déjà écoulé 66 jours depuis l'ouragan Sandy, qui a fait 82 milliards de dommages et causé la mort de 130 personnes et l'aide n'est toujours pas imminente. Les sinisitrés devront attendre l'arrivée au Congrès des représentants élus en novembre pour voir un vote. Cela veut dire d'autres délais et peut-être même une réduction des compensations.

Le gouverneur Christie a qualifié les délais de décevants et dégoûtants. Il a secoué la tête en ajoutant: les Américains en ont assez des intrigues de palais et des jeux politiques. On ne doit pas faire de politique avec l'aide d'urgence. Le représentant républicain de Long Island, Peter King a enchaîné: nos politiciens républicains n'ont aucune difficulté à trouver New York lorsqu'ils ont besoin de contributions à leur caisse électorale. J'espère que les gens du nord-est vont se souvenir de ce coup de couteau dans le dos la prochaine fois qu'on leur demande de l'argent.

La sortie de Chris Christie a généré beaucoup de commentaires positifs chez les internautes, les républicains et les démocrates. Peut-être les Américains finiront-ils par élire un jour plus de politiciens qui se distinguent par leur franc parler peu importe le parti.