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Écoles | Violence

Harcelés par les parents

Des enseignants sont victimes d’injures, de menaces et même de coups de la part de parents d’élèves

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Menaces par courriel, voiture vandalisée, langage haineux, plusieurs enseignants ­affirment être harcelés par les parents de leurs élèves. Les parents-rois sont de plus en plus nombreux, et certains vont même jusqu’à user de violence physique pour ­intimider l’enseignant.

Menaces par courriel, voiture vandalisée, langage haineux, plusieurs enseignants ­affirment être harcelés par les parents de leurs élèves. Les parents-rois sont de plus en plus nombreux, et certains vont même jusqu’à user de violence physique pour ­intimider l’enseignant.

«Chaque fois que le père se présentait dans ma classe, j’avais une boule d’angoisse dans le ventre. J’avais l’impression que c’était la famille de mon élève qui gérait la classe à ma place», a confié une enseignante au Journal.

À l’instar de plusieurs autres de ses collègues, cette enseignante du primaire dit avoir été ­harcelée par des parents, à un point tel qu’elle ­vivait «dans la peur».

Le règne des parents-rois

«Au cours des trois dernières années, nous avons eu en moyenne un cas par mois de ­harcèlement à l’endroit d’un enseignant. Cette ­année, on en dénombre déjà cinq, alors qu’il reste plusieurs mois avant la fin des classes. Et nous sommes ­encore loin du compte. C’est tabou. Peu d’enseignants osent en parler», rapporte Alain Paquette, conseiller en santé et ­sécurité au ­Syndicat d’enseignement Champlain, situé sur la Rive-Sud de Montréal.

«Ce ne sont évidemment pas tous les parents qui sont agressifs. Mais plusieurs le sont, poursuit M. Paquette. Les ­enfants-rois sont devenus parents à leur tour. Leurs enfants n’ont pas le droit à l’échec. Ils sont voués à réussir. Et, quand ça ne fonctionne pas, c’est ­souvent la faute de l’enseignant.»

Pour Pierre St-Germain, président de la ­Fédération autonome de l’enseignement, le phénomène est directement lié à la «clientélisation» de l’éducation.

«Certains parents se disent qu’ils sont des clients de l’école de leur enfant, parce qu’ils paient des taxes. L’école est devenue un service pour eux.»

Une situation qui dégénère

Dans certains cas, la situation dégénère en ­violence et en tentatives d’intimidation.

«Souvent, ça débute par la contestation d’une sanction qui a été donnée à l’élève, ou encore d’une note jugée insatisfaisante. Souvent, ça se règle par une bonne discussion. Mais, parfois, ça marque le commencement d’une situation très ­difficile», explique Jean Dumais, président du Syndicat de l'enseignement de la Rivière-du-Nord.

«Récemment, un papa s’est fâché lors d’une ­rencontre de parents. Il hurlait si fort que la ­direction a dû appeler la police pour le faire sortir. Il avait sauté par-dessus le bureau du prof pour l’attaquer. Et ce n’est pas un cas rare. Chaque ­année, quelques parents se voient interdire par la direction de communiquer directement avec ­l’enseignant de leur enfant, par mesure de ­précaution», indique M. Paquet.

Si, heureusement, les parents qualifiés de ­harceleurs sont peu nombreux, ils peuvent ­toutefois faire «vivre un véritable enfer» à certains profs.

«Certains parents gagneraient à apprendre à ­dédramatiser. Les enseignants ne sont pas ­parfaits, mais ils font de leur mieux», de conclure M. Paquet.

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