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LNH | Lock-out

La paix maintenant

La paix maintenant
photo d’archives Si les joueurs doivent regagner le respect du public, comme le prétend Josh Gorges, il leur appartiendra de faire le ménage dans leurs idées et leur association.

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Ça devait bien finir un jour. Déjà que ça n’aurait jamais dû se produire... Le lock-out de la Ligue nationale de hockey est terminé. Êtes-vous content?

Ça devait bien finir un jour. Déjà que ça n’aurait jamais dû se produire... Le lock-out de la Ligue nationale de hockey est terminé. Êtes-vous content?

Les abonnés de saison du Canadien le sont, en tout cas.

Vous avez pris connaissance des informations divulguées par son vice-président, communications et marketing,

Donald Beauchamp?

Seulement 8 abonnements sur les 15 000 vendus avant la saison ont été résiliés.

Et on dit qu’il y a toujours une liste d’attente!

Comme s’il n’y avait que le hockey pour égayer notre vie durant les longs mois d’hiver.

Certes, il y a des mécontents.

Mais combien laisseront tomber ou feront connaître leur frustration sur la place publique lorsque les activités reprendront?

Les Québécois et les Canadiens sont foncièrement pacifiques.

Les Américains nous admirent pour ça.

Eux sont moins patients en ce qui concerne les choses qui ne leur plaisent pas. Ils montent plus facilement aux barricades que nous.

Le baseball a compris

Prenez la dernière grève du baseball.

Les amateurs des États-Unis ne s’étaient pas gênés pour faire savoir leur point de vue aux joueurs après la grève qui avait coûté le championnat aux Expos, en 1994.

À New York, des billets de banque tirés des gradins tourbillonnaient autour des joueurs sur le terrain.

Des pancartes sur lesquelles il était écrit «Amateurs en grève» placardaient les nombreux sièges vides aux quatre coins des ligues majeures.

Sur d’autres inscriptions, on lisait : «Cupides que vous êtes!»

Les assistances ont chuté de 20%.

À Montréal, les gens ont déserté le Stade olympique. Les Expos ne s’en sont pas remis.

Comme quoi les consommateurs ont un plus grand pouvoir qu’ils ne le pensent.

Les Américains en avaient assez de voir leur passe-temps national, comme ils le surnomment, interrompu continuellement par des batailles d’argent entre millionnaires et milliardaires.

Les gens du baseball ont compris.

Après 8 arrêts de travail en 22 ans, ils ont convenu que ça ne pouvait plus continuer, que c’était assez.

La paix règne depuis 19 ans.

Assez c’est assez !

C’est ce que les propriétaires et les joueurs de la LNH devront se résoudre à faire après quatre conflits en 20 ans.

La bonne nouvelle, c’est que la nouvelle entente sera d’une durée minimale de 8 ans et qu’elle pourrait s’étendre à 10 ans.

Ça donne suffisamment de temps pour se débarrasser de Gary Bettman et de Donald Fehr, et pour instaurer un climat de collaboration entre les deux camps.

Si les joueurs doivent regagner le respect du public, comme le prétend Josh Gorges, il leur appartiendra de faire le ménage dans leurs idées et leur association.

Car si les amateurs retourneront en grand nombre dans les amphithéâtres des sept villes canadiennes de la LNH, la survie de certaines équipes américaines pourrait être en péril.

Si des équipes ferment boutique, des emplois se perdront du côté des joueurs.

Ce n’est pas ce que veut un groupement syndical.

De l’argent pour tous

Les propriétaires doivent aussi procéder à un profond examen de conscience.

Il doit bien s’en trouver parmi eux qui pensent que leur business ne peut plus se permettre un autre conflit.

Qu’ils se fassent entendre et qu’ils s’imposent.

Bien sûr, certains continueront à faire de folles dépenses. Car contrairement à ce qu’on entend depuis la résolution du conflit, les joueurs ne seront pas aussi perdants qu’on le dit.

On l’a vu à la suite du lock-out de 2005.

Il y a de l’argent pour tout le monde.

Si les revenus grimpent au même rythme que durant la dernière convention, les joueurs y trouveront leur compte, même si leur part baisse de 57% à 50%.

Aussi, pour le respect des amateurs et des commanditaires qui sont encore prêts à payer pour appuyer cette ligue, celle-ci devrait avoir au moins la décence de leur ficher la paix avec ses chicanes mercantiles. Amen.

 

« Ce qu’ils ont dit... »
«
Oui, je suis très content, le hockey me manquait vraiment. »
–Jafar Jafari
«
Oui, il y aura enfin quelque chose à voir à la télé. »
–Zahir Dadbek
«
Oui, je suis content. Il était temps qu’on en arrive à une entente. »
– Éric Major
«
Je suis content, mais, en même temps, ça me laisse un peu indiffé­rent. Je m’étais fait à l’idée qu’il n’y aurait pas de hockey cette année. »
– Nicolas Prud’homme
«
Oui, je suis content. J’avais hâte qu’on en vienne à un terrain d’entente et j’ai hâte de renouer avec le Centre Bell. »
– Jason Lévesque
«
Ça me laisse totalement indifférente. Je ne suis pas une fan de hockey. »
– Mathilde Bourassa
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