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Le SPVM critiqué

Le père de Pamela Jean et des intervenants adressent des reproches aux policiers

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Le père de Pamela Jean, disparue puis retrouvée morte plus tard, se montre critique des premières heures de l’intervention de la police de Montréal pour retrouver sa fille. Des groupes de lutte contre la violence conjugale ­joignent leurs voix à la sienne.
Photos Agence QMI et Courtoisie
Pamela Jean a été retrouvée morte dans l’appartement de son ex-conjoint dans l’arrondissement Montréal-Nord, vendredi soir.

Le père de Pamela Jean, disparue puis retrouvée morte plus tard, se montre critique des premières heures de l’intervention de la police de Montréal pour retrouver sa fille. Des groupes de lutte contre la violence conjugale ­joignent leurs voix à la sienne.

Selon M. Jean, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a trop tardé à agir lorsqu’il leur a signalé la disparition de sa fille de 27 ans. Le SPVM assure toutefois avoir réagi avec diligence.

La jeune mère a été retrouvée sans vie dans l’appartement de son ex-conjoint vendredi. Celui-ci a été accusé hier de l’avoir tué (voir texte ci-contre).

«J'ai expliqué le cas à un enquêteur. Il a noté le nom de son chum et m'a dit qu'il me rappellerait dans quelques minutes (...) Il m'a dit que ça faisait deux ou trois jours qu'elle était partie, que ça ne faisait pas un mois, que l'on allait attendre encore un peu», a-t-il fait valoir sur les ondes de LCN hier.

Le logis de l’avenue de l’Hôtel-de-Ville où habitait l’accusé aurait été le théâtre de plusieurs scènes de violences conjugales. Mme Jean a porté au moins une fois plainte contre son ex-conjoint pour violence conjugale, avant de ­retirer celle-ci.

Le SPVM a d’ailleurs indiqué avoir déjà dû intervenir sur place par le passé, sans toutefois en préciser le motif.

« Drapeau rouge »

Compte tenu de cet historique, «le drapeau rouge aurait dû être levé», est aussi d’avis Manon Monastesse, directrice de la Fédération de ressources d'hébergement pour femmes violentées et en difficulté du Québec.

«Ça adresse toute la question de la formation continue des policiers et la concertation entre les différents intervenants», dit-elle. Les avancées sont notables dans l’approche policière envers la violence conjugale, selon Mme Monastesse. N’empêche que le système judiciaire en général répond mal aux besoins des victimes, ­regrette-t-elle. C’est entre autres ce qui ­explique que les victimes retirent bien ­souvent leurs plaintes.

Pour Louise Riendeau, du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, ce genre de cas devrait «normalement» mettre le doute dans l’esprit des agents. Mais impossible de s’avancer quant au cas précis de Mme Jean tant que plus d’information ne sera pas disponible.

La victime avait quitté l’accusé selon toute vraisemblance. Or, ça mène typiquement à une augmentation de la violence, indique Mme Riendeau.

Elle souligne néanmoins que son regroupement a demandé il y a quelques semaines qu’une enquête du coroner soit menée dans le cas de quatre femmes décédées à divers endroits au Québec. Victimes de violence, elles ont perdu la vie peu de temps après avoir fait appel aux policiers, sans l’obtenir.

Ce décès survient alors que le Comité de déontologie policière examine le traitement de la plainte pour violence conjugale de ­Maria Altagracia Dorval par cinq policiers à Montréal.

Démarches faites

Dans le cas de Mme Jean, «les démarches et les vérifications ont été faites par les policiers», assure le commandant Ian Lafrenière du SPVM. Il souligne toutefois ne pas être en mesure d’en dire plus sans nuire aux procédures judiciaires enclenchées.

– Avec l’Agence QMI


Ressources pour les victimes S.O.S. Violence conjugale : 514-873-9010
Regroupement :
maisons-femmes.qc.ca

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