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Johnny et la danseuse nue

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Quand j’étais jeune, il y a des siècles de cela, je suis allé dans un bar de danseuses avec des amis.

Quand j’étais jeune, il y a des siècles de cela, je suis allé dans un bar de danseuses avec des amis.

Un de nos chums (appelons-le Johnny) est tombé sous le charme d’une danseuse serbo-croate, et s’est mis en tête de la séduire..

Alors, il l’a fait danser à sa table — une fois, deux fois, trois fois...

UN BON CLIENT

À un moment donné, la fille a arrêté de danser, s’est ­accroupie devant mon chum et a commencé à lui parler.

«C’est quoi ton nom? Qu’est-ce que tu fais dans la vie? Viens-tu souvent ici?» Les questions habituelles des gens qui n’ont pas de conversation.

Notre Johnny, tout fier de son coup, était sûr qu’il avait mis la belle danseuse dans sa petite poche d’en arrière et qu’elle finirait par lui donner son numéro de téléphone.

Il nous lançait des sourires ­entendus, genre : «Je vous l’avais bien dit. Elle n’a pas pu résister à mon charme...»

Manque de chance : après 45 minutes, la fille s’est levée, a regardé Johnny dans les yeux et lui a dit froidement: «Tu me dois l’équivalent de 15 danses...»

Johnny pensait qu’elle était ­intéressée à lui, mais, tout le long de la conversation, la danseuse avait gardé son compteur à «On».

Il pensait qu’il l’avait harponnée, mais c’est elle qui, finalement, l’a plumé.

Mon pauvre Johnny est allé chercher de l’argent au guichet ATM, il a payé sa belle Serbo-croate, puis on a sacré le camp en essayant de ne pas trop rire de lui...

PAUVRES FANS

Pourquoi je vous raconte ça?

Parce que les fans de hockey me font penser à mon chum Johnny.

Vous êtes sûrs que les hockeyeurs que vous applaudissez tous les samedis soirs ont de l’estime pour vous. Mais, dans le fond, ce n’est pas vrai : tout ce que ces athlètes veulent, c’est votre fric.

Vous avez beau aller voir votre club préféré une fois par semaine, porter le chandail de votre joueur fétiche à votre travail et tapisser les murs de votre chambre ­d’affiches géantes aux couleurs de votre équipe, vous n’êtes rien d’autre qu’un pauvre Johnny qui pense que, parce qu’une belle danseuse se trémousse les fesses deux heures devant sa face, il va finir par coucher avec elle. Pauvre, pauvre fan...

LE TOUR DU POTEAU

Le lock-out de la LNH a duré 113 jours.

Savez-vous combien de fois les joueurs et les propriétaires d’équipes ont pensé à vous pendant cette longue période?

Zéro. Ils n’ont pas pensé à vous deux secondes.

Vous savez pourquoi? Parce qu’ils savent que, dès qu’ils vont monter de nouveau sur la scène pour s’étendre sur leur doudoune et tourner autour du poteau sur une chanson ­cochonne de Barry White, vous allez mouiller votre pantalon et sortir votre portefeuille.

Vous êtes tous des Johnny. Et ils le savent.

LA PASSE

Les discussions entre les proprios d’équipes et les joueurs, c’était comme des discussions entre des pimps et des putes.

Ils ont revu la façon dont ils vont partager le fric entre eux, puis ils vont se tourner vers vous et vont vous demander de payer plus cher pour une passe...

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