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Culture et médias

Anik Jean et les minables

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Comme chroniqueuse d’opinion, mariée avec un chroniqueur d’opinion, j’ai eu mon lot de menaces.

Comme chroniqueuse d’opinion, mariée avec un chroniqueur d’opinion, j’ai eu mon lot de menaces.

À deux reprises, on a dû engager des gardiens de sécurité qui ont fait le guet devant notre maison. La première fois, c’était après des menaces de mort dirigées contre... mon fils, qui avait deux ans à l’époque.

À deux reprises, mon mari ou moi avons dû déposer des plaintes à la police concernant des menaces suffisamment sérieuses pour qu’on juge que notre sécurité et celle de nos proches étaient en danger.

J’ai reçu des appels au milieu de la nuit. Des courriels de bêtises d’une agressivité inouïe. Je me suis fait traiter de pute, de salope, de connasse. Je ne tape plus mon nom dans les médias sociaux, c’est d’une trop grande violence.

Alors quand il y a quelques semaines j’ai reçu, à mon adresse personnelle, une lettre anonyme, avec le mot MINABLE, j’ai pété les plombs.

C’était la goutte qui faisait déborder le vase. Quelqu’un qui m’en voulait, un esprit peut-être dérangé, savait où j’habitais... Cette personne était-elle violente? Une bombe à retardement ? Allait-elle passer à l’acte ?

Maintenant que je sais que c’est la chanteuse Anik Jean qui se cachait derrière cette campagne, je n’ai qu’un mot à lui dire : « Minable ».

UN ŒIL AU BEURRE NOIR AVEC ÇA ?

J’aime beaucoup Anik Jean, comme personne et comme artiste. C’est une fille qui a du chien, une vraie rockeuse, qui n’a pas froid aux yeux. Ce n’est pas pour rien qu’en 2006, elle a fait la première partie des Rolling Stones : elle a du front tout le tour de la tête. Elle est bouillante, parfois soupe au lait, mais 100 % entière.

Mais dans ce cas-ci, elle a été drôlement mal conseillée par son entourage.

Personne ne s’est dit que d’envoyer des lettres de menace à des journalistes ça allait sûrement créer un mouvement de panique ?

J’aurais aimé être un petit oiseau et assister à la réunion où la décision a été prise. C’était quoi, leurs autres options : lancer des œufs sur les journalistes ? Les appeler en plein milieu de la nuit en respirant fort ? Crever leurs pneus d’auto ?

Anik Jean voulait dénoncer l’intimidation. Elle s’est dit qu’en faisant ressentir aux journalistes ce que c’était que de se faire harceler, on allait mieux comprendre ce que vivent les victimes.

Heureusement qu’elle n’a pas fait une chanson pour dénoncer les femmes battues. Elle nous aurait peut-être envoyé un gars saoul pour nous casser la gueule afin qu’on sache «l’effet que ça fait».

UNE CAMPAGNE QUI FESSE

Cela dit, on ne peut pas complètement jeter la pierre à Anik Jean et son entourage. Que voulez-vous? C’est impossible de se démarquer aujourd’hui dans le milieu de la musique. Savez-vous combien de disques sortent chaque semaine ? Ce n’est pas une avalanche, c’est un tsunami. Les chroniqueurs sont inondés. Les piles s’entassent sur les bureaux des salles de rédaction et les artistes sont prêts à tout pour sortir du lot et se faire remarquer.

Si tu veux faire parler de toi, il faut fesser fort.

Message à Anik et à sa bande : ne pas confondre fesser fort et fesser SUR les journalistes.

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