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Luka Rocco Magnotta

Magnotta subira un procès devant jury

Magnotta
Photo courtoisie SPVM Luka Rocco Magnotta, celui que l'on a surnommé le «dépeceur».

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Impassible, parfois les yeux rivés sur la juge ou encore les yeux fermés, Luka Rocco Magnotta était de retour en Cour cet après-midi, afin de préparer son enquête préliminaire, probablement plus longue que les 10 jours déjà prévus.

Le « dépeceur de Montréal » de 30 ans n’aura jeté qu’un seul regard au public en 35 minutes d’audience. Un bruit de l’extérieur de la salle lui aura fait tourné la tête. Il a alors semblé passablement nerveux, et se sera immédiatement remis la tête droite avant de fermer les yeux.

L’ex-acteur porno, accusé du meurtre de l’étudiant Chinois Jun Lin en mai dernier, n’avait pas l’obligation d’être présent au palais de justice de Montréal cet après-midi devant la juge Lori Renée Weitzman, mais son avocat Me Luc Leclair avait réclamé sa présence.

Menotté et vêtu d’un pull noir rayé, il s’est donc présenté dans le box des accusés, derrière une baie vitrée d’une salle d’audience dans une zone sécurisée du palais. Il était flanqué de deux agents des services correctionnels, tandis que deux constables spéciaux surveillaient la salle.

L’audience, qui permet d’organiser l’enquête préliminaire, aura permis de déterminer que la cause de Magnotta pourrait être plus longue que prévue. C’est que la défense n’a fait aucune admission, et la Couronne devra donc prouver de nombreux éléments, dont l’identité de la victime.

Si la Couronne avait prévu de faire entendre une quinzaine de témoins, le nombre sera visiblement supérieur, a annoncé Me Louis Bouthillier de la Couronne. Dix jours d’audiences avaient été prévus en mars, mais la juge Weitzman a préféré réserver 9 autres jours en juin au cas où.

Deux pathologistes, un toxicologue et un dentiste devraient témoigner à titre d’experts, de même que des témoins d’outre-mer. Une ordonnance de non-publication empêche cependant de dévoiler la preuve qui sera présentée lors des audiences.

Les audiences auront lieu en anglais, puisqu’il s’agit de la langue que parle l’accusé. Magnotta fait face à une kyrielle d'accusation, la plus grave étant celle du meurtre de l'étudiant Chinois Jun Lin, le 25 mai dernier. Le jour de la tragédie, il aurait invité sa victime de 33 ans à son domicile de Côte-des-Neiges. Une fois sur place, il aurait alors tué l'étudiant avant de le dépecer et de commettre des outrages atroces sur son cadavre.

Il aurait ensuite envoyé par la poste plusieurs membres du cadavre au Parlement canadien, soit au Parti conservateur et au Parti libéral du Canada.

En plus de l'accusation de meurtre, Magnotta, il fait aussi face à un chef d'outrage à un cadavre, d'avoir produit et distribué du matériel obscène, d'avoir utilisé la poste pour envoyer du matériel obscène et de harcèlement envers le premier ministre Stephen Harper et des membres du Parlement.

Rappelons que l'affaire du "démembreur de Montréal" avait pris une tournure internationale après que l'accusé se soit lancé dans une cavale à l'étranger. Interpol avait d'ailleurs lancé un mandat d'arrêt international contre Magnotta.

Durant sa cavale, qui aura duré une dizaine de jours, Magnotta avait été vu à Paris, puis en Allemagne. C'est finalement à Berlin, dans un café internet, qu'il avait été appréhendé. Quelques jours plus tard, il était extradé au pays.

"M. Magnotta a renoncé à ses droits à l'extradition et est revenu volontairement au Canada parce qu'il voulait faire face à ses accusations, avait déclaré Me Luc Leclair, un de ses avocats venu de Toronto le défendre. Il fait confiance au système judiciaire canadien."

  • Étant donné la gravité du crime allégué, Magnotta subira un procès devant jury en Cour supérieure du Québec.
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