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Universités

Faux déficits?

Martine Desjardins
Photo les archives, Jean-François Desgagnés Martine Desjardins.

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Les universités ont fabriqué des déficits pour convaincre le gouvernement de majorer leurs budgets et d’augmenter les frais de scolarité, soutient la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ).

«Les recteurs ont transféré énormément d’argent dans les fonds d’immobilisation pour créer une apparence de déficit de leurs fonds de fonctionnement (...) En mettant leurs fonds de fonctionnement en déficit, ça leur a donné la légitimité d’aller plaider pour une hausse des droits de scolarité», a confié la présidente de la FEUQ Martine Desjardins.

Mme Desjardins se réjouit du portrait esquissé par le ministère de l’Enseignement supérieur au sujet de la situation financière des universités dans un document dont le Journal faisait état dans sa livraison d’hier. Le ministère y expose que les déficits des fonds de fonctionnement des universités sont largement compensés par des surplus dans d’autres fonds : immobilisations, dotation et fonds avec restriction. Le solde global est positif à hauteur de 238 millions.

Virements de fonds

Pour la seule année 2010-2011, les 18 universités québécoises ont transféré 274,7 millions de dollars de leur budget de fonctionnement à celui des immobilisation, écrit le ministère de l’Enseignement supérieur. La Fédération québécoise des professeurs d’universités estime à 2 milliards de dollars les fonds qui ont ainsi été détournés, depuis 10 ans, des fonds de fonctionnement aux fonds d’immobilisations qui affichent un surplus de 1,1 milliard.

Les règles budgétaires du gouvernement permettent aux universités d’effectuer de tels virements de fonds. Depuis 2007, la clientèle étudiante s’est accrue bien au-delà des estimations du ministère de l’Éducation qui a réduit ses subventions vouées aux immobilisations. Les universités ont dû aménager de nouveaux locaux pour accueillir ces étudiants. Elles ont puisé une partie des fonds dans les budgets de fonctionnement qui sont en déficit de 2,1 milliards.

Bernés?

«Les transferts de fonds ont été sur-utilisés, croit Martine Desjardins (...) Les universités se sont donné la légitimité de construire des campus satellites comme celui de l’Université de Sherbrooke à Longueuil où on a un édifice de 16 étages que l’Université essaie de remplir en négociant des ententes avec l’UQAM et l’Université de Montréal.»

La FEUQ soutient avoir été bernée par la Conférence des recteurs des universités (CRÉPUQ) au sujet du sous-financement estimé à 620 millions. «On s’est rendu compte que leur méthode de calcul était erronée et qu’ils nous avaient menti. On a vérifié leurs chiffres et on s’est rendu compte qu’on s’était fait rouler», accuse la présidente de la FEUQ.

La CRÉPUQ a remis ses commentaires à plus tard.

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