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Lettre à Gary Bettman

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Cher M. Bettman,

Cher M. Bettman,

Je suis un amateur de hockey frustré.

Laissez-moi vous expliquer. Non. Attendez. Permettez-moi d’abord de préciser ma pensée pour aider à votre compréhension. Le hockey, ce sport nordique par excellence, constitue un spectacle palpitant, qui se joue habituellement sur de la glace. En hiver, les températures froides aidant, cet état de l’eau est facilement atteignable dans l’ensemble des régions du Canada. Peut-être est-ce l’une des raisons pour lesquelles ce sport trône dans notre pays?

De quel pays parlons-nous? Du Canada, qui, pour votre information, se situe juste au-dessus des États-Unis, votre nation à vous. On y retrouve plusieurs ressources naturelles, on y parle français, mais également anglais. Oui. Cette langue qui est la vôtre. Et dans ce grand pays de 34 millions d’habitants évoluent sept des clubs de votre LNH. Mais, ça, vous le saviez, j’imagine?

Par contre, connaissez-vous vraiment notre sport national, M. Bettman?

N’êtes-vous pas celui qui sauterait sur la glace la tête bien haute pour être vu de tous, mais dont les protège-lames seraient encore posés sur les patins? Et sauriez-vous seulement, monsieur le commissaire, lacer un seul de ces patins?

Au fond, pour les Américains, le hockey a autant de valeur que le Canada : ils savent que ça existe, mais ça ne les intéresse pas.

N’est-ce pas votre cas, tout Américain que vous êtes?

Si vous tenez tant à plaire à vos compatriotes avec notre hockey, permettez-moi de vous faire une suggestion : remplacez la rondelle par un cochon graissé. Vos «pompom girls» aidant, du divertissement, vous en aurez.

Y a pas à dire, mon cher Bettman, vous avez une personnalité très chaleureuse. Chaque fois que je vous vois, je deviens tout en sueur et ma pression monte.

N’empêche, vous devriez songer à la retraite. Ça serait bien mérité. Du moins pour nous, les partisans. Je vois d’ici votre veston fièrement accroché au plafond... salarial.

Désolé, Gary, mais n’attendez pas de moi que je sabre le champagne lorsque qu’aura lieu, le 19 janvier, la première mise en jeu de ce nouveau chapitre. Je n’ai pas le cœur à la fête.

Je suis perplexe. J’ai envie de revoir du bon hockey, mais je n’ai pas le goût de vous applaudir, ni de célébrer.

Je doute même que vous me vouliez comme fan.

Je me sens comme l’amateur qui s’essuie le visage de la neige que les deux parties lui ont lancée en pleine figure. Un mélange toxique difficile à avaler.

Je me demande encore si votre arrogance n’est pas le résultat d’une commotion cérébrale. Dans lequel cas, je serais plus sympathique à votre incapacité à comprendre les amateurs et à «parler hockey».

Pour tout dire, à vous voir, propriétaires et joueurs, vous disputer les millions pendant 113 jours, ça m’a rappelé les enfants qui se chamaillent au parc du coin. À la différence que les enfants sont parfois raisonnables et toujours honnêtes.

Ne pensez-vous pas qu’à force de recevoir des claques sur la gueule, le partisan pourrait passer de la frustration à l’indifférence?

Allez, partez en paix, cher Gary. Quelque part où il fait chaud, où il fait beau et où personne ne parle de hockey. À Phœnix, en Arizona, par exemple!

Trêve de plaisanteries, félicitations, M. Bettman! Vous avez instauré une nouvelle formule de la classique de la LNH : le lock-out.

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