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Manoeuvres douteuses à la Davie

La SQ remonte jusqu’en 1995

Davie
Photo d'archives

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De hauts fonctionnaires du gouvernement sont dans la mire de huit enquêteurs de la section des fraudes de la Sûreté du Québec (SQ), qui passent au peigne fin toutes les manœuvres financières survenues à la Davie depuis 1995.

De hauts fonctionnaires du gouvernement sont dans la mire de huit enquêteurs de la section des fraudes de la Sûreté du Québec (SQ), qui passent au peigne fin toutes les manœuvres financières survenues à la Davie depuis 1995.

Le Journal de Québec a appris qu’une escouade de la section des fraudes de la SQ est affectée à cette enquête qui a été lancée il y a trois mois.

Le dossier touche non seulement la vente des actifs à son actuel propriétaire, Zafiro Marine, mais vise les transactions effectuées dans les trois faillites précédentes de l’entreprise de Lévis.

Plusieurs témoins, dont des entrepreneurs, se sont manifestés aux autorités policières depuis que l’investisseur québécois Michel Juneau-Katsuya a porté officiellement plainte après avoir été écarté du processus de vente de Davie l’an dernier.

Sans commentaire

Ce dernier refuse de commenter le dossier, tout comme la direction du chantier maritime, qui est présentement représentée par Pierre Bélanger, de la firme de relations publiques National. Ex-ministre péquiste de la Sécurité publique, M. Bélanger dit être tenu à l’écart de cette enquête, qui est majeure.

Des fonctionnaires

La section des fraudes de la SQ s’intéresse notamment au rôle exercé par des fonctionnaires du gouvernement du Québec lors de la vente des actions de la SGF à la Dominion Bridge en 1995. Ce sont de hauts dirigeants d’Investissement Québec et du ministère des Finances qui sont concernés.

À l’époque, le gouvernement a cédé Davie pour un dollar, mais a versé 25 millions de dollars dans le fonds de roulement de l’entreprise, en plus d’injecter 15 millions pour moderniser les installations. Un an plus tard, Dominion Bridge faisait faillite.

L’histoire s’est répétée à trois reprises, dont avec la norvégienne Teco Management, qui a perçu des montants de 240 millions de dollars du fédéral pour construire deux bateaux pour l’entreprise Ocean Hotels, bateaux qui n’ont jamais vu le jour.

Les intermédiaires

La police analyse aussi le rôle d’intermédiaires dans le dossier de Davie, dont des syndics qui en sont devenus gestionnaires et qui ont administré l’argent avancé par les gouvernements pendant plusieurs années.

La plainte porte notamment sur le rôle de Dominic Picard, de la firme Pricewaterhouse, responsable d’identifier le dernier acheteur potentiel de Davie. M. Picard a été condamné avec son employeur par les tribunaux, en 2008, à verser 1,1 million de dollars en dommages dans un dossier similaire à celui de Davie. La Cour supérieure lui reproche d’avoir sciemment nui à un acheteur et d’avoir agi de manière excessive et déraisonnable au sujet de la propriété d’un avion.

L’enquête concerne également l’ancien dirigeant du chantier maritime Richard Bertrand, qui aurait tenté d’influencer le dernier processus de vente en exigeant un arrangement de 1,5 million de dollars pour un contrat de trois ans.

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