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Commission Charbonneau

Un roman-savon sans issue

Jean Cournoyer
© Les archives L’ancien ministre Jean Cournoyer

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L’ancien ministre Jean Cournoyer considère que la commission Charbonneau n’est qu’un roman-savon qui mènera nulle part à part alourdir le fardeau de l’industrie de la construction avec de nouvelles lois.

L’ancien ministre Jean Cournoyer considère que la commission Charbonneau n’est qu’un roman-savon qui mènera nulle part à part alourdir le fardeau de l’industrie de la construction avec de nouvelles lois.

«C’est un spectacle pour la télévision. S’il y a quelque chose qui n’est pas prévu au scénario, les procureurs sont déculottés et on vient de le voir avec un dénommé Dumont», dit M. Cournoyer, qui a lui-même mis sur pied la commission Cliche, en 1975, dans le secteur de la construction.

Conférencier au congrès des constructeurs de routes et de grands travaux du Québec, l’ancien ministre du Travail a rappelé, hier, que l’élimination du placement syndical faisait partie des recommandations à l’époque. «Mais elle est toujours là, même avec le nouveau système de référence de la main-d’œuvre», a-t-il lancé.

 

La véritable solution à la collusion et à la corruption dans le secteur de la construction est l’emprisonnement des personnes coupables, selon lui. «Il y a deux fonctionnaires qui ont avoué avoir touché de l’argent, mais on leur a donné l’immunité. Mais il y a des entrepreneurs qui ont donné cet argent et celui qui donne est aussi coupable que celui qui reçoit», mentionne M. Cournoyer, en entrevue au Journal de Québec.

Téléroman

La méthode de fonctionnement de la commission Charbonneau est une vraie risée, selon lui. Les procureurs refusent d’entendre ce qu’ils ignorent. «Si le témoin ne dit pas ce qu’ils veulent, ils sont mal pris. Le procureur chef a sacré le camp, il s’est trouvé une raison avec patente à gosses qui traînait depuis quelques années, mais c’est parce que la soupe devenait chaude», a soutenu l’ancien homme politique et animateur.

Quant aux syndicats, ils passeront eux aussi un mauvais quart d’heure dans cette commission, au cours des prochaines semaines. Notamment, en raison de leur puissance dans le secteur de la construction, croit-il. «L’argent, c’est le pouvoir et plus t’en as, plus tu veux en avoir», signaleM. Cournoyer.

La réglementation

Jean Cournoyer était accompagné par le président du Conseil du patronat, Yves-Thomas Dorval, qui croit que cette commission d’enquête ne fera qu’empirer la réglementation de l’industrie, qui est très lourde, analyse t-il.

«On est déjà les champions toutes catégories en matière de paperasse», dit M. Dorval. Il vient d’analyser l’impact pour les entrepreneurs de l’entrée en vigueur de la loi 1 concernant l’obtention d’un certificat de bonnes mœurs pour obtenir des contrats publics.

«Ça va prendre 600 personnes à l’Autorité des marchés financiers pour gérer cette paperasse-là, mais le test de la réalité va arriver. Si ça ne passe pas, le Québec va être paralysé», exprime-t-il. 

 

 

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