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Selon une étude de l’Université de Californie, la plupart des quotidiens nord-américains en version papier auront disparu dans cinq ans. Philip Meyer, patron de News Corp., a quant à lui fixé la date des obsèques: avril 2040, dit-il, dans son livre The Vanishing Newspaper.

Selon une étude de l’Université de Californie, la plupart des quotidiens nord-américains en version papier auront disparu dans cinq ans. Philip Meyer, patron de News Corp., a quant à lui fixé la date des obsèques: avril 2040, dit-il, dans son livre The Vanishing Newspaper.

Le débat concernant la survie de la presse écrite frise trop souvent l’apocalypse.

Pourtant, dans l’histoire de l’humanité, l’innovation en communication n’a pas toujours fait mourir une technologie antérieure. Elle a toutefois systématiquement forcé le dépassement et l’inventivité.

Alors, la presse écrite résistera-t-elle aux assauts répétés d’internet?

Aujourd’hui, plus de 40 % des Nord-Américains consultent leurs nouvelles sur le web.

Et la tendance est lourde.

Modèle hybride

La modernité médiatique apporte certes son lot d’avantages: les archives presque sans limite, la gratuité, l’interaction constante, la mise à jour continuelle et la profondeur par l’interconnectivité web, dont les hyperliens sont une remarquable démonstration.

Mais le passage du lectorat vers le numérique signifie-t-il pour autant la mort de la presse écrite? Du journalisme, tant qu’à y être?

Bien sûr que non.

Certes, il y aura des publications qui disparaîtront, d’autres qui délaisseront la version papier pour se consacrer au numérique uniquement. Mais le modèle hybride, papier et numérique, me semble le plus prometteur.

D’abord, qu’on lise le Journal de Québec sur son iPad ou dans sa version papier, nous sommes toujours en présence du même journal.

Je ne nie pas que les temps soient durs pour la presse écrite.

Depuis 2008, en Amérique du Nord, 39 806 emplois ont été supprimés dans la presse imprimée, dont plus de 60 % dans les salles de nouvelles, selon la Newspaper Association of America (NAA).

Le journal vit une mutation sérieuse. Il ne mourra pas. Il est condamné à évoluer.

L’agréable habitude

Lors de l’avènement du journal imprimé périodique, au XVIIIe siècle, on a craint l’arrêt de la correspondance et, pire, la fin des pratiques de l’oralité. On s’est aussi inquiété de la disparition des interactions humaines dans l’espace public. Tiens, tiens, le genre de frayeur que Facebook soulève 200 ans plus tard...

Que dire de la venue de la télévision qui devait tuer la radio, et la vidéo, plus tard, qui sonnait le glas des salles de cinéma. Rien n’en fut.

Il restera toujours des lecteurs qui apprécieront tenir entre leurs mains l’édition papier, la palper et s’imprégner des effluves de l’encre. Je refuse de lire un livre sur une tablette électronique pour les mêmes raisons. Une relation intime avec l’objet qui relève autant de l’émotivité que de l’agréable habitude.

Cependant, la nouvelle étant aujourd’hui partout, accessible sans frais et multipliée sur tous les sites web, l’entreprise de presse écrite devra travailler à offrir des éléments distinctifs et uniques: les chroniques, les analyses et les grands dossiers, par exemple.

Sans ces valeurs ajoutées, le journal imprimé sera vite éclipsé par l’instantanéité du numérique qui brûle la nouvelle au quart de tour.

La presse papier doit s’attaquer à l’exode d’un lectorat tombé dans le web à la naissance, la gratuité généralisée sur internet et la rentabilisation du modèle électronique.

Dans une entreprise de presse traditionnelle, le papier est au centre et le numérique, son complément. Le modèle va graduellement s’inverser, sans pour autant faire disparaître les éditions papier.

Les entreprises de presse doivent prendre le meilleur du passé et le conjuguer au présent pour inventer le média de demain.

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