/sports/football
Navigation

Des risques payants

Des risques payants
Photo d’archives AFP L’attitude et la fougue de Jim Harbaugh ont transformé les 49ers de San Francisco en une des meilleures équipes de la NFL.

Coup d'oeil sur cet article

Jim et John Harbauch pourraient écrire une page d’histoire. En menant leurs équipes respectives à la victoire, les deux entraîneurs-chefs s’affronteraient, dans deux semaines, lors du Super Bowl XLVII.

Jim et John Harbauch pourraient écrire une page d’histoire. En menant leurs équipes respectives à la victoire, les deux entraîneurs-chefs s’affronteraient, dans deux semaines, lors du Super Bowl XLVII.

Je n’ose imaginer comment les parents des deux hommes vivraient ce moment, s’il devait se matérialiser. Probablement déchirés entre leurs deux fils, ils auraient au moins l’assurance de gagner le match.

Ce qu’il y a également de particulier, c’est que, dans un cas comme dans l’autre, les deux Harbauch se retrouvent dans le carré d’as malgré des décisions surprenantes prises en cours de saison.

En demeurant fidèles à leurs convictions et en refusant de se laisser influencer par l’opinion publique, Jim et John ont donné un deuxième souffle à leur équipe.

Considérant que dans le sport, la stabilité est souvent un gage de succès, ces décisions auraient pu leur sauter en plein visage.

CHANGEMENT DE QUART

Jim fut le premier à se commettre. À la 11e semaine, il a choisi de changer l’identité de son quart partant.

Il a cloué Alex Smith sur le banc. Celui-là même qui avait mené les 49ers à la finale d’association en 2011. Au moment d’être relevé de ses fonctions, Smith avait complété 70 % de ses passes. Il avait réussi 13 passes de touché contre 5 interceptions. Victime d’une commotion cérébrale, Smith a ouvert la porte à son entraîneur. Il lui a donné l’occasion, au moment où l’équipe allait pourtant bien, de faire confiance à Colin Kaepernick, un joueur de deuxième année qui n’avait jamais occupé le rôle de partant.

Il faut croire que Harbauch avait fait une analyse juste de sa formation. Ce n’est pas parce que son équipe affichait un bon dossier (6-2-1) qu’elle ne pouvait pas être meilleure.

En donnant les clés à Kaepernick, il a ajouté deux dimensions à son attaque. Avec le bras du quart de 25 ans, les Niners sont plus efficaces pour attaquer les zones profondes. Et sa mobilité leur permet d’ajouter des options de course.

EXIT LE COORDONNATEUR OFFENSIF

Quant à John, il n’a pas hésité à congédier son coordonnateur à l’attaque, Cam Cameron, même si la saison était vieille de 14 semaines. Il a donné les guides à Jim Caldwell, son entraîneur des quarts, même si celui-ci ne s’était jamais retrouvé dans la peau d’un sélec­tionneur de jeux. Toute une commande pour Caldwell et tout un risque pour Harbauch.

La transition semble avoir plus à Joe Flacco. Depuis le début des éliminatoires, il a lancé cinq passes de touché, contre aucune interception. D’ailleurs, Caldwell lui a donné la permission d’être plus agressif et d’attaquer davantage les zones profondes. Depuis, il a complété quatre de ses cinq tentatives de passe, où le ballon a parcouru plus 30 verges dans les airs. Pendant la saison, il en avait tenté 19, mais n’en avait complété que trois. On verra si le goût du risque des deux frères les emmènera jusqu’au bout.

Personnellement, sans vouloir faire de peine à papa et maman Harbauch, j’ai la conviction qu’un seul des deux atteindra le match ultime. Ce sera Jim.

Commentaires