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­L’unité dans le mouvement souverainiste

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La question de l’unité des souverainistes soulevée par plusieurs à la suite du résultat des dernières élections est très pertinente.

La question de l’unité des souverainistes soulevée par plusieurs à la suite du résultat des dernières élections est très pertinente.

Cependant, si la division du vote souverainiste a empêché le Parti québécois d’obtenir la majorité, la solution à ce problème n’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire.

Certains diront que les fédéralistes sont aussi divisés que les souverainistes. Par contre, la question de l’unité est plus importante pour les souverainistes que pour les fédéralistes, car, en politique, ceux qui proposent des changements majeurs affrontent toujours des obstacles plus grands que ceux qui proposent le statu quo.

Cela étant dit, l’unité ne peut être réalisée qu’à partir d’une entente reposant sur des éléments tactiques, comme s’entendre sur une candidature unique au moment du vote.

On ne peut faire d’entente qui serait basée sur le seul objectif de faire du Québec un pays. Imaginons un instant qu’il y aurait au Québec un parti souverainiste semblable au Front national en France. Il est plus qu’évident qu’une entente de quelque nature que ce soit serait impossible avec un tel parti.

Débattre des programmes

La souveraineté n’est ni à gauche ni à droite, mais devant, comme le dit si bien Bernard Landry. Il serait antidémocratique que de proposer que le Québec soit souverain qu’à condition d’être à gauche ou à droite. Ceux qui proposent une telle orientation nient le droit aux générations futures de choisir le type de société dans laquelle elles voudront vivre. Je n’ai jamais compris que certains dirigeants de Québec solidaire affirment vouloir faire du Québec un pays à condition que ce soit à gauche, quitte à rester dans un Canada, qu’il soit à gauche ou à droite, peu importe!

C’est pourquoi il ne peut y avoir de tactique électorale proposant une seule candidature souverainiste sans qu’il y ait eu d’entente préalable sur une plate-forme politique. Celle-ci pourrait contenir des positions différentes sans qu’elles soient fondamentalement contradictoires.

L’exemple de la mondialisation

Prenons l’exemple de la mondialisation. Le Parti québécois est en faveur des traités de libre-échange tout en proposant des clauses qui vont dans le sens des intérêts des Québécois. Si un autre parti, fût-il souverainiste, s’oppose par principe à tout traité de libre-échange, comment alors conclure une entente proposant une seule candidature? Cela donnerait des armes aux partis fédéralistes. Ils dénonceraient le manque de cohésion de ceux qui non seulement veulent faire du Québec un pays, mais qui pour y arriver doivent également en assumer la gouvernance.

Prenons le temps

Est-ce à dire qu’il n’y a rien à faire? Bien sûr que non, mais il ne faut surtout pas procéder en commençant par la fin. Avant de conclure des ententes électorales, prenons le temps d’identifier ce qui nous unit, ce qui fait consensus et, également, ce qui nous oppose.

Le débat entre souverainistes de différentes allégeances peut être fructueux si tous font preuve d’ouverture d’esprit. Toutefois, il faut aussi tenir compte du fait que les partis souverainistes ne sont pas d’égales forces. En d’autres mots, oui à l’unité, mais pas à n’importe quel prix

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