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Himalaya

Du hockey sur le toit du monde

Du hockey sur le toit du monde
Jim Wells / Agence QMI

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TORONTO - Un tournoi de hockey bien spécial prendra son envol lundi, dans l’air glacé de l’Himalaya. Les représentants du Canada seront sur place, évidemment.

Le pays aidera à l’organisation en fournissant des joueurs, des arbitres, des entraîneurs et de l’équipement, tout cela au nom du sport et pour avoir la chance de poursuivre une rondelle sur une patinoire située à 3484 mètres au dessus du niveau de la mer. Car oui, il s’agit du tournoi disputé à la plus haute altitude au monde.

Les matchs seront disputés sur un étang gelé au centre de la ville de Leh, dans le district de Ladakh, en Inde. La température frôlera les – 25 degrés Celsius et devrait chuter davantage lorsque le soleil se couchera derrière les montagnes environnantes.

La compétition annuelle oppose les meilleurs joueurs indiens à des équipes du monde entier déterminées à faire briller le hockey dans l’un des endroits les plus isolés sur la planète.

Jim Nickel participera au tournoi pour une 11e année consécutive. Le Canadien jouera pour les Sacred Bulls de New Delhi et ne raterait l’événement pour rien au monde.

«J’adore ça, patiné en plein air entouré par les montagnes, comment ne pas aimer ça?, a confié Nickel par téléphone depuis l’Inde, alors qu’il se préparait pour son voyage. J’ai participé à chaque présentation du tournoi depuis les débuts et ça s’améliore chaque année.»

«Le calibre de jeu est de mieux en mieux et les organisateurs ont intégré le tournoi au sein d’un véritable festival des sports d’hiver. On a beaucoup de plaisir avec des gens formidables et la chance de faire connaître notre sport national.»

Lorsqu’il ne joue pas au hockey, Nickel travaille comme haut-commissaire adjoint du Canada dans la capitale indienne.

Le diplomate adore patiner et il aime partager sa passion avec les gens du monde entier. Les Sacred Bulls affronteront notamment l’équipe de la police de la frontière indo-tibétaine, des joueurs du Royaume-Uni et la formation officielle de l’armée indienne.

De plus en plus populaire

Michael Goffman, 33 ans, fera aussi le voyage à Leh. En 2012, il a quitté son Minnesota natal pour participer et a filmé l’ensemble des événements avec sa caméra.

«J’ai adoré le tout, a-t-il expliqué depuis Pékin, en Chine. Les gens, l’altitude, le froid et le hockey. Avez-vous une idée à quel point c’est différent de jouer en haute altitude alors qu’il fait – 20 degrés? La rondelle a des ailes.»

Goffman affirme que la fin de semaine de hockey est l’un des incontournables dans la vie culturelle et sportive de la région du Ladakh. Avec des conditions extrêmes et un environnement montagneux uniquement accessible par la voie des airs, les gens de la place ont peu d’événements pour les distraire.

«Ils n’ont que deux mois pour jouer chaque hiver parce que la température est trop rigoureuse dans l’Himalaya, donc ils s’entraînent très fort pour pouvoir jouer contre les “Canadiens”.»

«Le sport est maintenant tellement populaire que le manque d’équipement est devenu un sérieux problème, mais ça n’empêche personne de jouer. Tous les enfants veulent jouer. Ce sont peut-être les futures vedettes du hockey indien et ils font ce qu’ils peuvent avec ce qui leur tombe entre les mains.»

Échanges culturels

Bien sûr, il n’y a pas que le hockey. La riche histoire de la région, aussi connue sous le nom de Petit Tibet, est aussi très attrayante pour les visiteurs.

Le Ladakh regroupe les sommets de l’Himalaya et du massif du Karakoram, ainsi que le haut de la vallée du fleuve Indus. C’était un arrêt important sur la route de la soie vers la Chine.

Au-delà du sport, cette région représente l’une des plus grandes expériences dans la vie de Goffman. Sur son blogue, il raconte avoir rencontré «certains des gens les plus amicaux sur Terre, qui nous ont fait visiter la ville comme si nous étions des rois.»

Les échanges culturels se poursuivront cette année et Jim Nickel pourra y participer avec ses coéquipiers des Bulls. Il perpétuera également une longue tradition canadienne qui consiste à amener le hockey dans les endroits les plus reculés du globe.

«Il a quelque chose de très fort dans le hockey qui rapproche les gens. Je sais que nous les Canadiens pensons que c’est dans notre ADN, mais les Indiens de Leh aiment le hockey autant que nous.»

«Du hockey sur le toit du monde, il n’y a rien qui peut battre ça.»

 

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