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Le gros Gilles

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Depuis que je suis petit, je suis gros.

Depuis que je suis petit, je suis gros.

Depuis que je grandis, je veux être plus petit.

Ma relation avec mon poids a certainement dû occuper une heure par jour de ma vie depuis l’âge de 14 ans. 13 870 heures à y penser, à me comparer, à regarder des photos de moi avant et après.

J’ai vécu trop longtemps une insidieuse obsession.

Je ne l’ai jamais avoué, mais je l’ai toujours su. Et n’allez pas croire que j’exagère.

Pour moi, la nourriture a longtemps été une drogue. Une dépendance, comme le tabac.

Sur le poids et nos habitudes alimentaires, nous mentons d’ailleurs comme nous... mangeons.

«Chu pas si gros»; «J’suis bien dans ma peau»; «Pourtant, je fais attention»; «La beauté est intérieure».

La société nous incite à nous montrer sous notre jour le plus favorable et notre vie entière est soumise à la tyrannie des apparences.

Notre corps fait fonction de carte de visite, de brevet de bonne ou de mauvaise conduite.

Oh! monde cruel!

J’ai donc vite appris à éviter les miroirs, à mettre un t-shirt rapidement quand je sors de la piscine, à arracher les étiquettes TTG dans les chandails et à soustraire quelques livres de mon poids réel.

Je me suis habitué à ne pas prendre les vêtements que je veux, mais ceux qui me font bien, qui m’avantagent.

On aura beau dire qu’on est comme on est, qu’on est bien même plus enveloppé. C’est faux. En tout cas pour moi. Si l’hérédité joue, tout porte à croire que j’ai de gros gènes...

Je suis heureux quand je me sens bien. Quand je me sens confortable, que mes pantalons ne sont pas serrés et que mes chemises ne me collent pas au ventre en m’assoyant.

Eh oui, j’apprécie me faire dire que j’ai l’air bien quand j’ai réussi à retrancher 10-15 livres de ma carcasse à force d’efforts personnels. Une récompense sentie et appréciée.

Disons-le franchement: il y a probablement aussi peu de personnes qui se mettent au régime et qui réussissent à ne pas reprendre de poids qu’il y a d’ours polaire au Sahara.

Au moins 40% des femmes et 30 % des hommes veulent perdre du poids en Amérique du Nord. C’est scientifique et mathématique.

La résolution

En janvier, c’est le summum. Maigrir demeure la résolution première des individus pour la nouvelle année. Et l’industrie le sait fort bien. Ouvrir la télé par les temps qui courent, c’est s’exposer à mille annonces de régime ou d’exerciseur à la minute.

Or, tous ces efforts ne mènent souvent à rien, car c’est 10% de notre masse qu’une diète permettra de perdre. Un an plus tard, les deux tiers de la charge perdue seront repris; après cinq ans, le total est souvent de 10 % à 15 % de plus.

À partir du moment où j’ai reconnu que ma bataille pour maintenir mon poids idéal serait permanente, j’ai compris qu’il me fallait maintenir l’équilibre entre plaisirs et privations. J’ai donc dû réconcilier l’image de ce que je suis avec celle que je voulais être.

J’accepte maintenant mon corps et je reconnais en lui un héritage familial, une histoire et un parcours uniques.

Je fais montre d’indulgence et d’exigence envers lui. Indulgence pour l’accepter et exigence pour modifier ce qui me déplaît.

Et, je vous le jure, ce n’est pas une mince tâche.

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