/news/currentevents
Navigation
des gens extraordinaires

Monsieur Bonbon sème le bonheur

Coup d'oeil sur cet article

Beau temps, mauvais temps, sept jours sur sept, Monsieur Bonbon enfile ses costumes colorés et ­installe son fauteuil roulant aux abords du chemin Chambly, à Saint-Hubert, pour y vendre des friandises et faire sourire les passants.

Beau temps, mauvais temps, sept jours sur sept, Monsieur Bonbon enfile ses costumes colorés et ­installe son fauteuil roulant aux abords du chemin Chambly, à Saint-Hubert, pour y vendre des friandises et faire sourire les passants.

À l’approche de la Saint-Valentin, il a troqué son costume de père Noël pour enfiler celui de Monsieur Love. Sous son abri couvert de cœurs, il sourit, malgré sa moustache gelée.

Sa mission? Mettre du soleil dans la vie des gens, tout en amassant des fonds pour améliorer la qualité de vie des résidents du Centre ­d’hébergement Henriette-Céré, où il a été admis il y a quelques années à la suite d’un accident ­vasculaire cérébral.

«Je fais cela par pur plaisir, raconte Donald Scott, 67 ans, mieux connu sous le nom de ­Monsieur Bonbon. J’ai réalisé qu’un simple ­sourire pouvait changer la vie des gens autour de moi. Alors, je continue, depuis huit ans. J’envoie la main aux automobilistes et ils me répondent, souvent en klaxonnant.»

Vedette du quartier

Dans le quartier, les gens l’adorent. Il fait ­désormais partie du paysage quotidien des ­citoyens de Saint-Hubert. Il peut même se vanter d’avoir un fan-club bien garni, dont cette vieille dame de 93 ans qui vient régulièrement lui confier ses malheurs avant d’aller acheter son p’tit gratteux au magasin d’en face.

«Lorsqu’il n’est pas là pour nous envoyer la main, on s’inquiète pour lui», raconte une ­employée de la Fruiterie Saint-Hubert, située juste en face du centre d’accueil.

Avant les Fêtes, l’homme de 67 ans s’est ­installé dans l’entrée du commerce, entre deux portes, pour amasser des fonds pour son centre. «Il a passé toute la journée là, sans manger ni boire. Sa barbe de père Noël l’empêchait de se nourrir et il refusait de quitter son poste», ­raconte avec émotion l’employée de la fruiterie.

L’an dernier, Monsieur Bonbon a réussi à amasser 6 200 $ pendant la période des Fêtes.

Oublier son handicap

Les fonds recueillis ont notamment servi à acheter un téléviseur, un meuble pour l’installer, une caméra, une console Wii et un appareil photo pour les résidents du centre d’accueil.

«Cet homme a le cœur plus gros que la panse, confie une employée du centre d’accueil. Il va au-devant des besoins des résidents.»

Dans sa chambre peuplée d’oursons en ­peluche, aux murs placardés de photos de lui avec tous ses costumes, il raconte son histoire sans ­aucune retenue.

Monsieur Bonbon régnait en maître sur son Royaume du bonbon, le dépanneur désormais ­célèbre de la rue Paré, à Saint-Hubert, lorsque, en septembre 2005, un arrêt cardio-vasculaire l’a brusquement projeté en bas de son trône.

Du jour au lendemain, ce travailleur acharné, habitué à travailler 20 heures par jour, a perdu l’usage de ses jambes. Tout le côté droit de son corps est aujourd’hui paralysé.

Pendant huit mois, il a ruminé ses malheurs, jusqu’à ce qu’il comprenne qu’il pouvait encore faire quelque chose de sa vie. «Ça me prenait quelque chose pour me sortir de ma crise, alors je me suis inventé tous ces personnages. Aider les autres me permet d’oublier mon handicap», dit-il.

 

Commentaires