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Un moratoire, SVP!

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Chose certaine, on ne peut reprocher au gouvernement actuel de manquer d’initiative. Chaque semaine, il annonce de nouveaux projets. Certains sont absurdes, mais sans conséquence réelle, comme la subvention versée pour la chanson Notre Home. D’autres sont plus sérieux, comme l’intention du ministre de la Santé de créer une assurance autonomie.

Chose certaine, on ne peut reprocher au gouvernement actuel de manquer d’initiative. Chaque semaine, il annonce de nouveaux projets. Certains sont absurdes, mais sans conséquence réelle, comme la subvention versée pour la chanson Notre Home. D’autres sont plus sérieux, comme l’intention du ministre de la Santé de créer une assurance autonomie.

Cette initiative est dictée par de bons sentiments. Mais les intentions importent peu. Seuls les résultats comptent. On nous promet de s’occuper des gens en perte d’autonomie sans instaurer de nouveaux tarifs. Peut-on y croire?

Personnellement, je suis sceptique.

En matière de santé, voilà plus de 25 ans que les Québécois demandent à être soignés dans la dignité. Les gouvernements qui se sont succédé ont tous promis de régler les problèmes de listes d’attente et d’engorgement dans les urgences. Pourtant, rien ne change, sauf qu’on obtiendra peut-être le droit de mourir dans la dignité.

L’assurance médicaments

En janvier 1997, Québec lançait l’assurance médicaments. L’universalité du programme devait permettre une couverture généreuse à un coût minime. En 15 ans, le coût du programme a bondi de 200% (en dollars constants), et la consommation de médicaments a explosé.

Toujours en 1997, Québec adopte le programme des CPE subventionnés. Depuis, le coût par enfant a augmenté de 97% alors que l’inflation n’a été que de 33%. À cela, il faut ajouter les interminables listes d’attente pour obtenir une place et la surenchère des pots-de-vin offerts par des parents désespérés à des garderies en situation de pouvoir.

Emploi Québec

En 1998, Québec fusionne différents services d’emploi et de main-d’œuvre pour créer l’agence Emploi Québec. Sa mission: contribuer à développer l’emploi et la main-d’œuvre et lutter contre le chômage.

Aujourd’hui, cette agence compte 4400 employés et coûte 1,2 milliard de dollars. Malgré tout, le taux de chômage au Québec continue d’être supérieur à la moyenne canadienne, un phénomène qu’on a pu observer chaque année depuis 1976 (sauf en 2010, où le taux québécois égalait le taux canadien). Quant au taux d’activité québécois, il a toujours été inférieur au taux canadien.

Le ministère des Transports a pour responsabilité d’offrir aux Québécois des systèmes de transport efficaces et sécuritaires. En 2012, ce ministère comptait plus de 6200 employés et disposait d’un budget total pour les programmes courants de 900 millions de dollars. Pensez-vous qu’on en a pour notre argent?

En matière d’éducation, en dépit des réformes et des montants alloués, des écoles sont insalubres, le décrochage est alarmant et les résultats aux examens ministériels sont inquiétants.

Au fil des décennies, l’État québécois a pris la responsabilité d’offrir une multitude de services à ses citoyens. Or, à bien des égards, il ne réussit ni à atteindre ses objectifs ni à répondre aux besoins de la population.

Régler les problèmes

L’idée d’une assurance autonomie n’est peut-être pas mauvaise en soi. Mais avant d’envisager quelque nouveau programme que ce soit, les divers ministères devraient commencer par régler les énormes problèmes auxquels ils font face. Peut-être faudrait-il même carrément exiger un moratoire sur toute nouvelle mesure gouvernementale. Quand Québec assumera correctement ses responsabilités actuelles, quand les Québécois seront satisfaits des services qu’il offre, alors peut-être aura-t-il la légitimité d’entreprendre un nouveau chantier!

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