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« On commence à vieillir quand on arrête d’apprendre.» Cette déclaration, c’est Jean Soulard qui me l’a balancée à la radio, cette semaine. Une autre façon de dire, je quitte, certes, mais je ne prends pas pour autant ma retraite. Jamais, je n’arrêterai.

« On commence à vieillir quand on arrête d’apprendre.» Cette déclaration, c’est Jean Soulard qui me l’a balancée à la radio, cette semaine. Une autre façon de dire, je quitte, certes, mais je ne prends pas pour autant ma retraite. Jamais, je n’arrêterai.

Voyez-vous, le chef exécutif du Château Frontenac est un être d’exception : d’une simplicité comme on n’en voit trop peu, talentueux, habile et vrai.

Je me souviens qu’à l’occasion de la fête des 6 ans de mon plus jeune, un samedi soir d’été, nous étions encore attablés au Château, prêts à quitter quand, soudain, Jean est apparu, tenant un gâteau, de même qu’un petit présent façonné à la main, dans de la pâte d’amande, tout spécialement pour le gamin. Je vous présente «Gens Soulard». C’est tout à fait lui.

Il reste un «maudit Français» pareil, mais plus fin que nombre d’autres.

Ambassadeur

Blague à part, Jean Soulard occupe la fonction de chef exécutif des cuisines du Château Frontenac depuis 1993. Son épopée culinaire de même que sa renommée internationale ont rehaussé le prestige et la réputation de l’hôtel. Il en est en quelque sorte devenu l’ambassadeur.

Voilà pourquoi, au moment où il annonce qu’il va accrocher son tablier chez Fairmont, il m’apparaît pertinent de vous causer un peu de lui.

Jean est né en France dans un village qui, adore-t-il raconter, comptait plus de canards que d’habitants. De sa tendre enfance dans ce coin de pays, il a conservé l’amour de la nature, la passion du travail bien fait et le respect absolu pour les produits du terroir.

Faut dire que ses deux grands-mères l’ont initié très tôt : l’une tenant l’auberge et l’autre la boulangerie. S’il est tombé dedans petit, reste que Jean avait l’étoffe et le talent d’un grand artisan. C’est une chose de perpétuer un savoir-faire, mais c’en est une autre de perfectionner des procédés et d’inventer des plats. À 14 ans, Jean entre donc à l’École hôtelière en France, où il est élu Meilleur apprenti cuisinier de France.

Il exercera ensuite son métier en Europe. À 23 ans, il arrive à l’hôtel Reine Elizabeth, à Montréal. Puis, il bosse en Asie pendant trois ans avant de s’établir à Québec, en 1979. Au Hilton d’abord, puis au Centre des Congrès et, finalement, au Château Frontenac.

Le raffinement, l’amour du produit et la qualité caractérisent la cuisine de Jean Soulard.

Bâtisseur

Mais que dire de son sens aigu du marketing?

Jean est un bâtisseur. Un artisan qui pourrait se targuer d’avoir ouvert les portes de la cuisine à tellement de ses collègues, d’avoir pavé la voie à une nouvelle génération de cuisiniers, d’avoir repoussé les limites du métier, d’avoir contribué à remodeler l’image des grands chefs et d’être de ceux qui ont démocratisé la haute gastronomie. Pourtant, il ne l’a jamais fait. Et il ne le fera jamais.

Ses talents de communicateur l’ont toujours fort bien servi.

Pendant plus de sept ans, Jean a animé Cuisinez avec Jean Soulard au Canal Vie. Bien avant Les chefs!, Ricardo, Jean-François Plante, Louis-François Marcotte ou Le cuisinier rebelle. Avant Top chef et Gordon Ramsay, aussi!

Jean Soulard est assurément l’un des chefs français les plus reconnus. Il a été le premier Canadien fait Maître cuisinier de France.

Chapeau, monsieur Soulard! Merci d’avoir fait progresser la cuisine et de nous avoir permis d’oser oser.

J’ai désormais deux chefs idoles : Jean Soulard et Ratatouille.

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