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Pas pire la santé

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À force d’entendre des critiques, souvent saugrenues, sur les services hospitaliers à Québec, on se croirait dans une région obscure du tiers monde. Faudrait peut-être arrêter de charrier.

À force d’entendre des critiques, souvent saugrenues, sur les services hospitaliers à Québec, on se croirait dans une région obscure du tiers monde. Faudrait peut-être arrêter de charrier.

À cette période-ci de l’année, les urgences des hôpitaux sont régulièrement la cible de certains animateurs radio ou de chroniqueurs en mal de sujets. Il est vrai qu’après les Fêtes, la politique est souvent au neutre, l’actualité est en hibernation, les gens consomment moins; bref, il ne reste que la météo... et les hôpitaux. Deux valeurs sûres pour chialer un bon coup.

La météo, on peut toujours en parler, mais jamais bien longtemps. Les limites sont vite atteintes. Mais pour les hôpitaux, c’est une autre histoire. Il suffit que l’un soit sur une liste d’attente ou que l’autre passe quelques heures dans une urgence bondée pour que les éternels «critiqueux» en fassent leurs choux gras. Appels à la privatisation, au ticket modérateur, à la réorganisation, etc. À croire que tout va de travers. Et pourtant, le portrait n’est pas si sombre.

Toujours pareil

Attention, je ne dis pas qu’il n’y a pas place à amélioration. Ne me prenez pas pour un jovialiste qui trouve que tout fonctionne à merveille. Attendre avec un enfant malade aux urgences, ça ne devrait pas arriver. Mais il faut aussi être réaliste. Je suis dans le journalisme depuis près de trente ans et, chaque année, c’est la même chose.

Le rhume et la grippe s’installent en décembre, les gens font des abus pendant les Fêtes et la gastro prend le relais. Or personne ne veut passer cette période en quarantaine. Résultat : les urgences des hôpitaux sont débordées et les médecins, infirmières, techniciens et préposés ont eux aussi droit à des congés. L’engorgement est inévitable. On aura beau essayer ce qu’on voudra et chialer tant qu’on pourra, de la fin décembre au début de février, il y aura toujours des problèmes dans les hôpitaux.

Année difficile

Depuis un an, j’ai été plus souvent qu’à mon tour en contact étroit avec le système de santé. Deux personnes que j’aimais particulièrement sont décédées des suites de longues maladies dans deux hôpitaux de Québec. Mon collègue et ami Sylvain et un parent très proche, Réal. Tous deux ont reçu des soins et une attention de tous les instants. Je n’ai entendu personne de leur entourage, y compris et surtout eux-mêmes, se plaindre du système de santé. Malheureusement, la maladie a gagné.

Personnellement, je reviens au travail après plus de quatre mois de convalescence, à la suite d’une opération délicate et urgente à la colonne vertébrale.

J’en profite pour remercier le personnel de l’Enfant-Jésus, plus particulièrement les gens de l’urgence et ceux du département de neurologie pour leurs soins, leur professionnalisme et leur gentillesse. À part les carottes bouillies, j’ai bénéficié d’un traitement extraordinaire.

Satisfaction élevée

Au cours de cette année pénible, j’ai appris que plus de 90 % des gens qui sont traités dans les hôpitaux de Québec sont satisfaits des soins prodigués.

Des soins pour tous, ne l’oublions pas. Juste pour vous donner un exemple, aux États-Unis il m’en aurait coûté quelque 200 000 dollars sans assurance et environ 30 000 dollars avec une bonne assurance assortie de franchises à payer. De quoi donner à réfléchir.

Quand on pense aux milliers de personnes qui passent par un hôpital chaque année, il peut arriver quelques drames qui, pris isolément, sont de véritables histoires d’horreur. Mais il s’agit de cas d’exception.

Généralement, les vraies urgences sont traitées adéquatement. Malheureusement, pour une blessure bénigne, un rhume ou une gastro, il risque d’y avoir plusieurs heures d’attente à l’hôpital et, en janvier prochain, ça risque encore d’être le cas.

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