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Ça nous fait pomper!

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Assez fréquemment, les automobilistes se font carrément exploiter par les pétrolières et leurs stations-service.

Assez fréquemment, les automobilistes se font carrément exploiter par les pétrolières et leurs stations-service.

Depuis une semaine, dans la seule région de Montréal, j’ai noté un écart moyen quotidien de 18,7 cents entre le prix du litre d’essence le plus bas et le prix le plus haut. Quotidiennement, ces temps-ci, le prix du litre joue dans une fourchette moyenne allant de 1,27 $ à 1,46 $.

Pendant ce temps-là, le prix du baril de pétrole demeurait autour de 97,00 $ US. Comment les pétrolières peuvent-elles justifier un tel écart quotidien de prix dans une même région?

À mes yeux, il n’y a qu’une seule explication logique : les pétrolières jouent avec l’élasticité de leur marge de profit, et ce, à leur guise.

Et il ne faut pas compter sur nos gouvernements de Québec et d’Ottawa pour serrer la marge de profit des pétrolières. Les ventes de carburants rapportent tellement de revenus de taxation aux deux paliers de gouvernement que c’en est gênant pour eux de taper sur les doigts des pétrolières.

GROS REVENUS

Au nombre des taxes chargées sur l’essence, n’oublions jamais que plus le prix de l’essence sera élevé, plus la TPS, et surtout la TVQ, va rapporter de gros revenus dans les coffres des deux paliers de gouvernement.

Pour prendre conscience de ce que rapporte aux pétrolières et aux gouvernements la vente de carburants destinés aux automobilistes québécois, voici un portrait de la situation québécoise.

Bon an, mal an, il se vend au Québec autour de 11,8 milliards de litres d’essence et de diesel par année. La consommation reste au beau fixe.

Mettons un prix de détail moyen 1,35 $ le litre. Cela entraînera une recette brute de 15,9 milliards.

Combien les pétrolières empocheront-elles d’argent? En émettant pour hypothèse que le prix à la rampe de chargement s’élèvera à 86,40 cents le litre, on parle ainsi d’une recette brute de 10,2 milliards.

GROSSES TAXES

Où va la somme restante de 5,7 milliards? Eh oui! dans les coffres des gouvernements de Québec et d’Ottawa. Ainsi, la ponction des taxes sur le prix de l’essence atteint actuellement 36 %.

La grosse part du gâteau pétrolier aboutira dans les goussets du gouvernement du Québec, soit quelque 3,8 milliards.

La TVQ de 9,975 % (1,44 milliard); la taxe provinciale sur les carburants de 18,2 cents le litre (2,15 milliards); et la majoration (3 cents le litre) de la taxe provinciale destinée notamment au transport en commun (250 millions).

Pour sa part, le gouvernement fédéral perçoit deux taxes sur la vente de carburants, pour des recettes de l’ordre de 1,9 milliard.

La taxe d’accise fédérale de 10 cents le litre lui rapporte au Québec la somme de 1,18 milliard de dollars. Et la TPS de 5 % génère pour sa part des revenus de 720 millions.

Les pétrolières jouent avec l’élasticité de leur marge de profit, et ce, à leur guise
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