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Un rôle dans Les Muses orphelines

Léane Labrèche-Dor sur les traces de son père

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Elle ne peut pas le cacher. Léane Labrèche-Dor ressemble trop à son célèbre père, Marc Labrèche. Mais elle n’a pas non plus l’intention de le cacher. «Je suis fière de mon père, dit-elle, et je suis fière d’être sa fille.»

Elle ne peut pas le cacher. Léane Labrèche-Dor ressemble trop à son célèbre père, Marc Labrèche. Mais elle n’a pas non plus l’intention de le cacher. «Je suis fière de mon père, dit-elle, et je suis fière d’être sa fille.»

Léane Labrèche-Dor vient de décrocher un rôle important dans la pièce Les muses orphelines de Michel Marc Bouchard, au Théâtre Jean Duceppe. Aux côtés des grands comédiens Maxime Denommée, Macha Limonchik et Nathalie Mallette, elle défendra le rôle d’Isabelle, une jeune femme légèrement déficiente qui veut se venger de ses proches. Un rôle complexe qu’il faut bien doser, entre ses différentes sautes d’humeur, un grand défi et une grande chance.

Léane a aussi joué le rôle d’une décrocheuse dans la série 30 vies. Un personnage qui pourrait revenir au gré des intrigues de l’auteure Fabienne Larouche.

Certains sauteront tout de suite aux conclusions en disant que la jeune comédienne de 24 ans obtient des rôles grâce à son père. Réglons ça tout de suite.

Quand elle a choisi ce métier, Léane Labrèche-Dor avait prévu le coup et elle avait voulu éviter toute médisance.

«J’ai eu le même parcours que n’importe qui, dit-elle. J’ai fait mon école, quatre ans à l’École nationale de théâtre. J’ai eu mon diplôme. Je fais des auditions. Tout ça était important pour moi, pour pouvoir me rabattre là-dessus quand on dirait que j’ai eu un rôle parce que je suis la fille de Marc Labrèche. Je voulais arrêter de me demander le pourquoi du comment.»

Exit donc le syndrome de l’imposteur. Léane Labrèche-Dor prend sa place et ce n’est pas plus facile pour elle que pour une autre.

«Être la fille de Marc Labrèche est un couteau à double tranchant, dit-elle. Je connais certaines personnes grâce à mon père, c’est vrai. Mais en audition, c’est triplement gênant.»

De père en père en fille

Physiquement, Léane ressemble beaucoup à son père. C’est sans compter que père et fille ont les mêmes goûts, pour la musique, la bonne bouffe, les bons vins, se retrouver entre amis, en famille, rire.

«Heureusement que je suis une fille, parce que je suis assez “copié-collé” de mon père, avoue-t-elle. Ça a déjà créé un détachement.»

Marc Labrèche a été précédé dans le milieu par son célèbre père Gaétan Labrèche. Léane ne l’a pas connu. Elle avait deux ans quand il est décédé. Mais elle garde un vague souvenir de son rire, de certains sentiments, d’odeurs et elle a eu la chance de le voir dans les téléthéâtres. Elle sait que c’est possible de faire carrière, même après son père.

«Marc est passé par là, dit-elle. Il est capable de me conseiller et il peut me prévenir, me mettre en garde. Mon père ne l’a pas toujours eue facile, pas plus que nous, sa famille. Quand je lui ai dit, à 17 ans, que je voulais devenir comédienne, il a dit : “C’est merveilleux”. Mais il m’a aussi conseillé d’être consciente du reste.»

«Je ne peux pas me fier à sa carrière et à son parcours exceptionnels, ajoute-t-elle. Mais je peux me fier à ce qu’il me dit.»

«Mon père, je pense qu’il m’aime beaucoup et qu’il trouve que je suis à ma place.»

Drôle dans la vie

Un jour, pourquoi pas, Léane aimerait jouer avec son père, du dramatique – elle le trouve très fort en drame – ou du comi­que bien entendu.

«Papa et moi, on s’entend bien», dit-elle. À preuve le surnom qu’ils se donnent mutuellement. Elle nomme affectueusement son père Daddy lilipoudou boundoui. Lui la surnomme Lélé lilipoudou boundoui. Ou quelque chose comme ça.

Léane, comme son père, a un fort côté comique – même si ses deux premiers rôles sont dramatiques – et de la répartie.

«Je crois que je suis drôle dans la vie, dit-elle. J’ai été élevée là-dedans. Je suis attirée par les gens drôles, mes amis sont drôles, ma famille aussi. J’ai l’impression que ma vie est drôle. Alors, je crois que je pourrais jouer du comique.»

La jeune comédienne sait très bien qu’en humour tout est une question de timing.

«Le sens du punch, tu l’as ou tu l’as pas, dit-elle. Mon père m’a élevé pratiquement à la règle de trois. Quand il nous lisait des histoires, il faisait les voix. Quand mon frère et moi on était dans le bain, il nous faisait des jokes à la Feydeau.»

La vie n’a pas toujours été drôle. Léane a perdu sa mère, Fabienne, 46 ans, atteinte du cancer, alors qu’elle n’avait que 16 ans. Une maman touche-à-tout dans le milieu artistique avec qui elle chantait et dansait dans le salon. C’était en 2005. «Un passage houleux», dira la comédienne, alors qu’elle perdait son modèle féminin.

«On était très proches, ma mère et moi, dit-elle. Une chance que j’avais ma famille, mon père et mon frère (Orian écrit pour TVA Sports). Ils ont été mes bouées de sauvetage.»

Les conseils du gars

Le soir de la première des Muses orphelines à la Place des Arts, Marc Labrè­che sera sans doute dans la salle.

«Il vient me voir en tant que père qui voit son enfant, mais éventuellement je veux aussi le commentaire du gars, ce qu’il en a vraiment pensé, indique Léane. Mon père est vraiment honnête et généreux.»

Que les gens lui parlent toujours de son père, Léane ne s’en fait pas.

«Si je reste fidèle à mes objectifs, dit-elle, dans trois ou quatre ans, tout aura été dit sur le sujet et ça va s’épuiser. Et puis, sans doute que la vie va m’amener ailleurs et on ne pourra plus comparer. Moi, je fais ce que j’ai à faire et si les gens veulent toujours ramener ça à mon père, c’est leur affaire.»

«Le but, c’est qu’un jour les gens disent : “Ah! C’est le père de Léane Labrèche-Dor” Je le taquine avec ça.»

«Moi, je suis fière de mon père, fière d’être sa fille.»


  • Les muses orphelines, de Michel Marc Bouchard. Du 20 février au 30 mars au Théâtre Jean-Duceppe de la Place des Arts (détails sur duceppe.com) et par la suite en tournée au Québec.
  • On peut aussi voir Léane Labrèche-Dor dans la web série Le frigidaire, sur Lib tv.

 

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