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CHSLD

Les aînés sont-ils négligés?

situation sante

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Les centres d'hébergement pour personnes aînées du Québec ont-ils vraiment les moyens de répondre aux attentes de leurs résidants et de leurs proches? La famille d'un homme de 78 ans, qui vit dans un Centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), reproche aux préposés de ne pas s'en occuper suffisamment, notamment en ce qui concerne l'hygiène.

Alfredo Dipancrazio est arrivé au CHSLD des Quatre-Saisons de Montréal en juin dernier. Sa femme était à bout de souffle et ne pouvait plus en prendre soin, car il avait déjà fait un AVC, en plus d'être atteint de la maladie de Parkinson.

À la maison, son épouse voulait respecter sa dignité en l'amenant aux toilettes. Rendus à la résidence, les professionnels de la santé l'ont mis progressivement aux couches.

«Je demandais qu'il soit changé lorsqu'ils le lèvent. Après le dîner, ils viennent le chercher, l'apportent aux toilettes et après c'est fini», a dit son épouse, Redla Dipancrazio, fâchée de la situation.

Il est changé une dernière fois avant d'aller au lit vers 21 h 30.

«Ils disent encourager l'autonomie, mais mon père ne va plus aux toilettes depuis qu'il est rendu ici», a raconté sa fille.

«Jamais on ne met quelqu'un aux culottes d'incontinence de façon automatique, a affirmé le directeur du Centre d'hébergement des Quatre-Saisons, Michel Lévesque. Il y a toute une évaluation qui est faite. Dépendamment de l'aménagement physique du milieu, on ne peut pas nécessairement utiliser les leviers mécaniques à notre aisance.»

La famille a porté plainte et s’est fait dire que le personnel doit toujours prioriser la demande d'un résident. Cependant, étant donné sa maladie, M. Dipancrazio n'est pas en mesure de communiquer convenablement.

Ressources limitées

«Le ratio est d’un préposé pour six résidents le jour, un pour dix le soir et un pour 32 la nuit», a indiqué M. Lévesque.

Selon Michèle Charpentier, professeure de déontologie à l'UQAM, il y a un manque flagrant de ressources humaines dans tous les CHSLD.

«Il y a un ratio personnels-résidents insuffisant et c'est mission impossible, car c'est beaucoup de soins», a-t-elle dit.

Négligence

La famille Dipancrazio reconnaît que ce centre a une bonne réputation. La nourriture est bonne et c'est propre, mais le problème perdure. L'été dernier, l'homme de 78 ans a fait une chute de son fauteuil roulant dans le corridor. C'est arrivé au moment du coucher, et personne n'était près de lui pour l'aider.

«Si je devais être dans ses souliers, j'aimerais autant mieux mourir», a dit la fille d'Alfredo Dipancrazio, triste de constater la qualité de vie désolante de son père.

 

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