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La perte du statut de métropole universitaire

Guy Breton
photo Courtoisie Guy Breton, Recteur UdeM

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Près de 500 décideurs des milieux culturel, social, économique, académique et politique se sont réunis le 4 février à l’occasion du forum Montréal, métropole universitaire. L’événement, organisé pour la première fois par les neuf universités de la métropole, en collaboration avec la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, se voulait une contribution complémentaire aux débats suscités dans le cadre du Sommet sur l’enseignement supérieur.

L’occasion était bonne de rappeler le poids significatif de nos établissements dans la métropole. Les chiffres sont éloquents: 184 000 étudiants, soit 65 % de la clientèle universitaire du Québec, 43 500 diplômes octroyés annuellement, 36 400 employés.

L’apport de nos établissements à la vitalité économique, sociale et culturelle de la métropole n’est plus à faire : première ville au Canada pour les fonds consacrés à la recherche universitaire, Montréal constitue un carrefour de haut savoir et un pôle d’attraction international attirant jusqu’à 25 000 étudiants de l’étranger, ce dont il faut être fier.

Entreprises, organismes culturels et communautaires profitent au quotidien de cette vitalité, comme en ont témoigné les leaders présents. Tous ont reconnu le grave sous-financement des établissements universitaires de la métropole et que fragiliser les uns, c’est fragiliser les autres.

Rôle essentiel

En effet, on oublie trop souvent le rôle essentiel que jouent nos universités pour les entreprises existantes ainsi que pour celles qui veulent s’y établir, pour la famille étrangère qui vient s’installer sur notre territoire, pour un organisme communautaire qui recourt à nos services. Sans oublier les liens essentiels que les universités maintiennent, notamment sur le plan de la recherche, avec les organisations privées et publiques.

L’événement a permis à la communauté montréalaise de manifester sa volonté de conserver, voire d’intensifier le statut de métropole universitaire, acquis à force de détermination et qui nous place au sein du cercle restreint de grandes villes universitaires en Amérique du Nord, comme Boston, Washington et San Francisco.

Ce statut, que nombre de cités nous envient, contribue à faire de Montréal une ville où innovation, créativité, engagement et prospérité vont de pair. Ce statut est-il aujourd’hui menacé? Oui. Nous l’affirmons haut et fort, chiffres à l’appui!

Déclin

Le président-directeur général de Montréal International, Jacques St-Laurent, a démontré lors du forum que le taux de croissance annuel moyen de notre métropole en termes d’étudiants universitaires totaux, d’étudiants universitaires étrangers et de recherche universitaire subventionnée s’affaiblit déjà, comparativement à celui de Toronto et de Vancouver. Le déclin est déjà entamé.

Au moment où le sous-financement de nos universités s’aggrave par rapport à leurs consœurs canadiennes, où l’on sabre brutalement dans les fonds de fonctionnement et de recherche — lesquels, en passant, garantissent bourses et assistanats de recherche à de jeunes chercheurs pendant leurs études — oui, il y a lieu de s’inquiéter. (...)

Nos établissements continueront de faire leur part mais la société doit s’engager, concrètement, à les soutenir. (...)

 

Guy Breton, recteur de l’Université de Montréal

et des dirigeants de toutes les autres institutions universitaires de Montréal

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