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Chanter en anglais au Québec

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On a abordé la question des francophones qui chantent en anglais lors du récent Forum sur la chanson organisé par le Conseil des arts et des lettres du Québec.

On a abordé la question des francophones qui chantent en anglais lors du récent Forum sur la chanson organisé par le Conseil des arts et des lettres du Québec.

La chanson québécoise éprouve des problèmes qui ne sont qu’en partie liés à la progression du phénomène. À preuve, les difficultés éprouvées par la talentueuse Pascale Picard, qui ne chante qu’en anglais.

Cela dit, les inconvénients résultant de cette tendance sont réels, inquiétants même pour quelqu’un comme René Angélil. Les francophones ont bien sûr le droit de chanter en anglais au Québec. Reste à savoir si on doit les encourager à le faire, les subventionner.

SOUVENT MÉDIOCRES

La réponse en principe est évidemment non. Il y a quelque chose de masochiste dans l’idée que le gouvernement de la seule société francophone du continent subventionne les productions en anglais — souvent médiocres — de ses citoyens francophones. Une des principales justifications à l’origine des subventions aux produits culturels québécois est l’étroitesse du marché francophone.

On ne peut pas tout avoir dans la vie! Choisir de chanter en anglais en visant big, comme aux États-Unis où il n’y a pas de subventions, ET exiger l’aide de Québec.

Si le principe est clair, son application est difficile. Tout d’abord, les subventions fédérales aux productions anglophones des francophones ne posent pas de problème pour un gouvernement institutionnellement bilingue.

Les Anglo-Québécois, eux, sont en droit de demander l’aide du Québec pour les productions dans leur langue. Sans oublier ces Québécois ni anglophones, ni francophones, ces groupes où francos et anglos travaillent ensemble, comme Simple Plan.

CÉLINE DION

Quelles règles appliquer pour éviter de carrément inciter les francophones à passer à l’anglais au détriment du français? N’est pas Céline Dion qui veut!

Plusieurs oublient que les succès anglophones de la mégastar québécoise sont intervenus pour l’essentiel après que la chanteuse eut atteint les sommets en français.

On peut penser que, tenant compte de l’énorme marché anglophone, les productions de qualité en anglais des francophones trouveront d’elles-mêmes leur public. Pascale Picard, dont le talent est évident, semble pourtant éprouver des difficultés ces temps-ci.

On aurait plus de sympathie pour cette dernière si elle avait été capable de faire la différence entre un spectacle personnel, où elle fait bien ce qu’elle veut, et l’honneur d’assurer la première partie du mégaspectacle de Paul McCartney pour le 400e anniversaire de Québec.

Dans cette manifestation en l’honneur de sa ville natale, un événement symbolique comportant des aspects collectifs évidents, rappelons que la chanteuse ne jugea pas bon d’interpréter ne fut-ce qu’une seule chanson en français!

Sauf exceptions justifiées par le talent reconnu de certains, subventionner comme si de rien n’était les francophones chantant en anglais minera de plus en plus la prédominance du français dans ce secteur d’activité au Québec.

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