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Compliqué d’être vert

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Il n’est pas toujours évident de vouloir faire sa part pour l’environnement.

Il n’est pas toujours évident de vouloir faire sa part pour l’environnement.

Parfois, à force de faire un pas en avant et un autre en arrière, il reste l’impression que peu importe les actions individuelles, la tâche est trop lourde et que la planète s’en va droit vers un site d’enfouissement.

Prenons juste l’exemple de la récupération à Québec. Bac bleu, bac vert, dans mon quartier, il y avait même un projet pilote (bac brun) pour récupérer les matières organiques et en faire du compost. On ne savait plus trop ce qu’on devait jeter dans quoi. Et voilà qu’après cinq ans et la participation de 3200 ménages à travers la ville, le projet pilote est terminé.

À compter de cette semaine, on invite les gens qui y ont participé à porter ces ordures dans un Écocentre ou tout simplement à les jeter dans le bac vert avec les matières non récupérables. Tout cet apprentissage pour rien.

Un autre exemple, il y a quelques semaines, après les Fêtes, les citoyens étaient invités à couper leurs sapins en morceaux et à les mettre aux vidanges «normales» ou, encore une fois, à se rendre dans un Écocentre pour en disposer. Finies les collectes spéciales en place depuis des années, parce que les décorations endommageaient les équipements de la Ville et que les arbres ne pouvaient pas être réduits en copeaux.

Lâchons le compost

Avec la fin du projet pilote de collecte de produits organiques, me voilà pris avec des sacs biodégradables qui se désagrègent au bout de deux jours. Dire que toute la famille s’était habituée, après cinq ans, à séparer les pelures de banane, d’orange et tout le reste.

Non mais, est-ce que quelqu’un va vraiment prendre sa voiture pour aller porter ses sacs de déchets de table dans l’Écocentre le plus près? Dans mon cas, je dois traverser la ville d’est en ouest, car mon Écocentre se trouve sur la rue de l’Hétrière, à Cap-Rouge, et que j’habite tout près de Québec-centre. Allô la pollution avec la voiture. Je ne l’ai pas fait pour le sapin, je ne le ferai certainement pas pour le reste.

À moins de prendre le transport en commun avec ces sacs qui coulent et qui puent et de passer plus d’une heure avec eux avant d’en disposer. C’est peut-être une option, mais elle risque de déplaire à plusieurs passagers.

Plus d’efficacité

Blagues à part, sur le site de la Ville de Québec, on remercie tous ceux qui ont participé au projet pilote et on affirme que «la collecte à grande échelle sera déployée au cours des prochaines années»...

En fait, je pense plutôt que la collecte de matières organiques fonctionne plus ou moins bien, parce qu’elle est trop complexe.

Les glaçons et les guirlandes de Noël, les os de poulet et les huiles usées, ça ne fait pas du très bon compost et je ne pense pas que les gens soient tous prêts à jouer dans leurs vidanges pour en faire une classification aussi pointue. Je serais très surpris que la Ville revienne avec ça au cours des prochaines années et c’est tant mieux.

On devrait plutôt se concentrer sur ce qui fonctionne bien et abandonner pour un bon bout de temps le compostage. Les sapins et les bacs bruns en sont la preuve.

Améliorons plutôt la récupération du verre, du papier, du métal, du plastique et des produits dangereux comme les piles, les solvants, les composantes électroniques, etc.

Si l’on veut que les gens fassent des gestes simples pour sauver la planète, il faut garder ça simple.

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