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Les logiciels libres écartés ?

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Le gouvernement de Pauline Marois s’apprête à accorder des contrats de près d’un milliard de dollars pour la migration des centaines de milliers de postes informatiques vers les récents produits de licence Microsoft.

Le gouvernement de Pauline Marois s’apprête à accorder des contrats de près d’un milliard de dollars pour la migration des centaines de milliers de postes informatiques vers les récents produits de licence Microsoft.

C’est ce qu’avance Cyrille Béraud, président de la Fédération québécoise des communautés et des industries du libre, regroupement de défenseurs de ce type de logiciel sans licence et dont l’utilisation est autorisée sans restriction.

M. Béraud a rencontré, il y a deux semaines, le président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard.

Après avoir écouté les débats des parlementaires à l’étude de crédits à la Commission des finances publiques portant sur le volet des technologies de l’information, jeudi dernier, M. Béraud a indiqué que le gouvernement du PQ ne misera pas sur le libre et a «très clairement l’intention» de lancer la migration des postes informatiques avec les produits Microsoft qui «avait été mise sur la glace» et initiée par l’ancien gouvernement.

Le Journal a mis la main sur un document provenant du Conseil du trésor datant de mars 2012, où il est indiqué que la migration des postes informatiques vers les nouvelles versions de Microsoft nécessitera des dépenses de 1,4 milliard $, soit 738 000 postes informatiques à 1888 $ chacun. De ce montant 19% représentaient les frais de licence versés à Microsoft.

En prenant connaissance de ces informations, en mars, le Parti québécois avait alors réagi promptement en dénonçant la dépendance de l’administration publique envers Microsoft et en mentionnant que le gouvernement pouvait économiser en misant davantage sur les logiciels libres, contrairement aux logiciels Microsoft.

Le PQ disait même craindre que les libéraux soient en train de céder aux pressions des lobbyistes.

Or, le PQ est sur le point de se lancer dans ces mêmes dépenses, déplore M. Béraud, qui était pourtant toujours un militant péquiste très actif aux dernières élections.

Pas de réponse

Le Conseil du trésor a indiqué ne pas pouvoir répondre, pour le moment, aux questions concernant la migration des postes informatiques.

Un comité a été mis en place pour limiter l’impact budgétaire de cette dépense. Le gouvernement compte annoncer prochainement des mesures concrètes pour intégrer des logiciels libres, a-t-on été informé.

Vendredi, le Journal indiquait avoir mis la main sur une lettre signée par le secrétaire général du gouvernement Marois, Jean St-Gelais, sur laquelle il inscrivait qu’un «appel d’offres public ne servirait pas l’intérêt public» pour un contrat avec Microsoft Canada.

Le gouvernement a expliqué au Journal qu’il y avait urgence d’agir.

Par ailleurs, certains se questionnent quant à la présence d’Éric Leduc, militant de longue date, au conseil exécutif national du PQ. Occupant le poste de directeur des Solutions d’affaires chez Microsoft Canada, il est considéré comme un des plus haut placés au Québec dans l’entreprise.

«Ce qu’on se demande, c’est s’il agit toujours à titre de militant, se demandent deux sources proches du PQ. On se questionne quand on entend que le parti va continuer d’investir autant pour les produits Microsoft alors qu’il souhaitait réduire sa dépendance envers Microsoft.»

« Un peu de gêne »

En 2010, alors qu’il était président de l’exécutif du PQ dans Montréal-Ville-Marie, M. Leduc est intervenu lors d’une assemblée du parti pour tenter de modifier une proposition visant à demander au parti d’explorer davantage les logiciels libres. Il a alors suggéré d’amender la proposition pour qu’elle se termine avec la formule : «si celle-ci permet de réduire les coûts pour l’État québécois».

Un militant, qui était sur place, a expliqué que M. Leduc aurait dû se garder un peu de gêne.

«Quand tu vas en politique et que tu travailles pour un lobby de mines, tu n’interviens pas quand ça parle de mines. C’est la même chose pour lui, surtout qu’il a souvent dit compter sur ses compétences dans le domaine de l’informatique pour aider le parti», a-t-il déploré.

«Il a quand même un accès direct à la première ministre en siégeant au conseil exécutif national.»

 

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