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Privatiser la SAQ, une erreur

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Le débat quant à la privatisation de la Société des alcools du Québec reprendra une fois de plus avec les procédures entreprises en recours collectif contestant les profits jugés excessifs de la SAQ par les requérants.

Le débat quant à la privatisation de la Société des alcools du Québec reprendra une fois de plus avec les procédures entreprises en recours collectif contestant les profits jugés excessifs de la SAQ par les requérants.

Pour certains, le privé a réponse à tout et l’administration publique est toujours déficiente. Cette vision des réalités économiques est simpliste et s’alimente à un courant populiste de droite réducteur.

Croire que l’État a réponse à tout et qu’il faudrait nationaliser toutes nos ressources naturelles, par exemple, témoigne d’un aveuglement idéologique qui, lui, s’alimente à un courant populiste de gauche tout autant réducteur.

Il faut plutôt analyser chaque cas d’espèce de façon pragmatique.

Dividendes versés à l’État

La SAQ verse chaque année des millions de dollars à l’État québécois. Cet argent sert à financer nos services publics, comme l’éducation et la santé. Certains nous disent que le gouvernement pourrait financer les mêmes services en utilisant uniquement la taxation et qu’il n’est donc pas nécessaire de maintenir une société publique pour obtenir ces importantes sommes d’argent.

Je crois cependant que le mécanisme actuel est plus simple et évite de soulever des débats incessants sur le taux de taxation.

Admettons que, d’une façon ou d’une autre, l’État a besoin de cet argent et que le changement proposé est bien secondaire par rapport à l’objectif, à savoir financer des services essentiels à partir de profits provenant de la vente d’un produit qui ne l’est pas.

Comment chiffrer le taux de profit?

Plusieurs dénoncent les profits, selon eux, exorbitants de la SAQ. Qu’en est-il? Si on analysait les profits réalisés sur certains produits en ne tenant compte que d’une étape dans le processus commercial, on conclurait qu’il y a souvent des taux de profit inacceptables. Mais on oublierait alors les intermédiaires qui prennent également leur part de profits.

Une autre société d’État, Hydro-Québec, a choisi, elle, de créer des entités légales différentes, coiffant les activités de production d’une part et celles de distribution, d’autre part. Le modèle de la SAQ est différent et, d’une certaine façon, plus clair. Les profits sont certes énormes, mais il s’agit d’un choix de société qui nous permet d’avoir des services publics essentiels.

De bons services?

Le monopole de la SAQ offre-t-il de bons services?

J’ai entendu à maintes reprises des gens affirmer que les vins et boissons que l’on peut acheter aux États-Unis coûtent beaucoup moins cher et que le choix est très diversifié. Fort bien, mais on oublie ce qu’il en coûte, par exemple, pour se faire soigner aux États-Unis! Il faut également se rendre compte que les produits offerts sont très différents d’un magasin à l’autre, ainsi que les prix proposés. C’est là la loi du libre marché.

Ici, au Québec, le prix d’une bouteille de vin est le même à Sept-Îles qu’à Montréal, peu importe la clientèle disponible et les frais de transport. C’est bien ainsi, car les gens des régions ont droit au même service que ceux des grandes villes.

Je tiens finalement à souligner l’excellent service offert par les employés de la SAQ, qui ont reçu une bonne formation professionnelle de leur employeur.

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