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Coup dur chez les mous

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Pourtant habitués aux affronts, les recteurs des universités québécoises ont sourcillé encore une fois quand leur est parvenu, vendredi soir, le message de la sous-ministre de l’Éducation, Christyne Tremblay.

Pourtant habitués aux affronts, les recteurs des universités québécoises ont sourcillé encore une fois quand leur est parvenu, vendredi soir, le message de la sous-ministre de l’Éducation, Christyne Tremblay.

Pas d’enflure ni de mots inutiles, Mme Tremblay leur a indiqué la sortie de secours : les crédits budgétaires sont adoptés alors Messieurs-dames, à vos déficits, prêts, pas prêts, partez! Faites-en ce que vous voulez, faites-les disparaître, pour de bon ou pas, personne ne vous en voudra...

À quelques jours du Sommet sur l’enseignement supérieur, l’essentiel doit être compris par tout le monde : les budgets défoncés des universités ne doivent pas empêcher Pauline Marois d’atteindre le déficit zéro à temps pour le prochain rendez-vous électoral. Les recteurs, ramollis par des années de passivité, se voient dans l’obligation d’assumer la moitié des compressions de 250 millions avant le 31 mars 2014...

Mais en suggérant de recourir aux déficits pour atténuer les douleurs, le gouvernement donne raison aux mêmes recteurs qui jugeaient irréalistes les compressions exigées par le ministre Pierre Duchesne. Mais quoi faire quand on ne peut réduire les dépenses? Que faire pour maintenir la paix sociale? Mais creusons les déficits! C’est la tradition!

Cinq ans

Mme Tremblay précise dans sa missive aux gentils recteurs que les déficits seront autorisés durant cinq ans. Et tous les moyens seront permis pour joindre les deux bouts : virer du fric d’un fonds, gonfler les comptes à recevoir, etc.

Tout ça vous paraît peut-être scandaleux, mais c’est seulement un peu plus clair qu’à l’accoutumée. Ce qui est nouveau, certains diront infantilisant, c’est l’intention du gouvernement de récompenser les recteurs méritants. Une réserve de 250 millions sera mise à la disposition «des universités qui auront démontré des efforts réels et satisfaisants en vue de respecter la contribution financière demandée».

Les recteurs peuvent aussi se réconforter avec l’incongrue promesse d’une future abondance. Le gouvernement prévoit déjà augmenter les budgets universitaires de 8,5 %, en 2014-2015. Ce sera l’année des miracles...

En attendant, les étudiants raflent la mise : les prêts et bourses augmentent de 11,5 % et l’aide financière aux études totalise 615,4 millions en hausse de 8,2 % par rapport à l’an dernier. Ils sont choyés, les étudiants, n’en doutez pas. Ils peuvent bien soutenir le contraire, les chiffres, eux, ne mentent pas...

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