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Louis-José Houde

Le joueur de concession

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Spectacle attendu s’il en est, Les heures verticales de Louis-José Houde a été à la hauteur des attentes. Humour fin et intelligent, parfois léger. Un crescendo de blagues très efficaces sur l’euthanasie et la vieillesse, mais aussi sur l’attitude des écureuils et la jasette des baby-boomers.

Spectacle attendu s’il en est, Les heures verticales de Louis-José Houde a été à la hauteur des attentes. Humour fin et intelligent, parfois léger. Un crescendo de blagues très efficaces sur l’euthanasie et la vieillesse, mais aussi sur l’attitude des écureuils et la jasette des baby-boomers.

Au hockey, il y a les joueurs de quatrième trio, les plombiers. Et, dans le haut de l’échelle, il y a les joueurs de premier trio, les indispensables, qui font gagner l’équipe. Louis-José Houde, lui, est le joueur de concession. Un compteur de buts, et de blagues, hors pair. On a beau avoir une cinquantaine d’humoristes connus au Québec, Louis-José Houde s’élève au-dessus de la mêlée, tant son talent est flagrant.

Et Les heures verticales ne fait pas exception aux deux premiers one-man-shows du comique. Rodé en partie l’an dernier à Paris, le spectacle est hilarant du début à la fin. Vraiment, on est désolé pour les autres humoristes qui sortent un nouveau spectacle en 2013, mais on se demande sérieusement de quelle façon Louis-José Houde ne raflera pas tous les Olivier importants l’an prochain.

Les autres humoristes mentionnent souvent en entrevue à quel point ils trouvent Louis-José préparé. Et sur scène, ça paraît. L’artiste est une machine qui livre ses textes au quart de tour et qui semble être né pour les planches.

Afin de vous faire vivre en détail la première montréalaise des Heures verticales, voici le spectacle d’hier soir, décortiqué.

Les spectateurs

Quelques vedettes pour cette première médiatique. On y a aperçu Sébastien Benoît, Éric Salvail, Anne-Marie Withenshaw, Kim Rusk, Patrice Bélanger, Josée Boudreault, France Beaudoin et Claudine Prévost. Le reste de l’assistance était formé d’une majorité de spectateurs dans la trentaine, la génération de Louis-José.

La salle

Le Théâtre Maisonneuve et ses quelque 1450 sièges est une salle appropriée pour accueillir l’énergie débordante de Louis-José. L’humoriste y avait déjà joué au secondaire, à l’âge de 16 et 17 ans.

La première partie

François Bellefeuille, Découverte de l’année au Gala Les Olivier 2012, a fait rire la foule d’emblée. Son humour décalé et déchaîné a réchauffé le public d’intense façon. En une dizaine de minutes, Bellefeuille a parlé de bananes, de cellulaire et de calvitie. Pour les connaisseurs, c’était du matériel qu’il avait déjà fait dans des galas, mais toujours aussi efficace.

L’ouverture musicale

Une véritable entrée de rockstar pour l’humoriste. La portion instrumentale de la pièce Le compteur, de Karkwa (album Les chemins de verre) dans le tapis.

Le mot d’entrée

«Les heures verticales, c’est quand tu vois tes parents vieillir. Comme quand ta mère cherche le nom d’un artiste. «Tu sais, le chanteur?» «Euh, Mario Pelchat?» «Non, l’autre!»»

La scénographie

Toute en simplicité, on ne retrouve sur scène qu’un immense rideau, à l’arrière, un tabouret et un pied de micro. Louis-José est éclairé par deux projecteurs, une première dans son spectacle. Et question de ne pas casser son rythme, l’humoriste livre son matériel sans entracte, une excellente idée.

Le costume de scène

Chemise blanche et pantalon noir. Là encore, de la simplicité pure. De la classe qui sied très bien aux 35 ans de l’humoriste.

Les thèmes

Plusieurs sujets sérieux en apparence: l’euthanasie («quand j’étais petit, j’ai vu un documentaire sur l’euthanasie, j’ai regardé mon père et je lui ai dit: «Papa, je regarde ça, grand-maman...»); la vieillesse, les séparations («j’ai eu une rupture difficile, j’étais triste, un soir après un spectacle, j’ai rencontré une «détristeuse»); l’amour. Du côté léger, le comique a parlé de Pâques, des ordinateurs («l’ordinateur est rendu arrogant, quand tu veux l’éteindre, il te dit : «Souhaitez-vous vraiment?»), des baby-boomers et de nombreuses situations quotidiennes.

Les blagues en vrac

«J’aimerais mourir en faisant l’amour. Mais j’aimerais aussi mourir dans la dignité. Donc les deux ensemble ne seront pas possibles.» «Je vieillis. Parfois, je suis raqué le matin aux tempes et je me rends compte que la veille, j’avais mâché de la gomme!». «Il y a rien de plus beau que de s’endormir le soir avec la personne qu’on aime. Ça pis le mini-putt.»

La conclusion

Aucun moment faible dans un spectacle, ça démontre l’excellence du matériel et de la livraison. On savait que Louis-José Houde était bon, pour avoir apprécié ses deux premiers one-man-shows. Encore une fois, il livre la marchandise plus que jamais.


• Louis-José Houde sera en spectacle au Théâtre Maisonneuve jusqu’à samedi. Il reviendra à Montréal, au Théâtre St-Denis, du 6 au 9 mars.

• Des supplémentaires des Heures verticales ont été annoncées, du 6 au 9 novembre, au Monument-National. Pour toutes les dates: louijosehoude.com.

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