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Il y a quelques jours, Pauline Marois déclarait que son gouvernement se consacrerait désormais à la promotion de la souveraineté. «On doit sortir, parler, convaincre!», a-t-elle soutenu.

Il y a quelques jours, Pauline Marois déclarait que son gouvernement se consacrerait désormais à la promotion de la souveraineté. «On doit sortir, parler, convaincre!», a-t-elle soutenu.

Madame Marois est éloquente et passionnée quand elle parle de souveraineté. Mais les paroles de politiciens, quelle que soit leur allégeance, ont peu de valeurs aux yeux des électeurs. L’heure n’est plus aux «pelleteux de nuages» et aux promesses grandiloquentes. Les causes ne se gagnent plus avec des déclarations ronflantes et des mots creux. Peut-être par cynisme ou peut-être par simple prudence, les Québécois ont besoin de preuves concrètes. La confiance, ça se mérite!

Au-delà des discours inspirants, la chef du Parti québécois doit maintenant poser des gestes. Par exemple, elle affirme que le Québec pourrait facilement se passer de la péréquation tant ce montant est négligeable. Le Québec verse environ trois milliards au programme de péréquation et en retire huit milliards, pour un solde positif de cinq milliards, soit l’équivalent de 6,8 % du budget 2013-2014.

Renoncer à la péréquation

Si ce montant est effectivement si peu important, pourquoi attendre un Québec indépendant pour se passer de la péréquation? Pourquoi ne renoncerait-elle pas dès maintenant à dépenser cette somme pour la mettre simplement de côté? Cette avenue présenterait un double avantage. D’une part, elle permettrait de faire la preuve que l’État québécois peut fonctionner sans la manne fédérale. D’autre part, le Québec accumulerait ainsi plusieurs milliards dont il pourrait se servir, par exemple, pour s’acquitter de sa part de la dette fédérale dans l’éventualité d’une sécession. Madame Marois a également déclaré que la souveraineté permettrait aux Québécois d’économiser des milliards, notamment en éliminant les doublons bureaucratiques. Elle a raison de dénoncer le gaspillage occasionné par les doublons! Mais pourquoi n’entreprendrait-elle pas immédiatement une cure minceur du secteur public? Après tout, le Québec comprend 23,1% de la population canadienne, mais compte pour 24,1% de tous les emplois dans le secteur public au pays. Ne voit-elle donc vraiment aucune coupure qu’elle pourrait effectuer à court terme et permettre ainsi au Trésor public de réaliser quelques économies?

Finalement, madame Marois a affirmé son intention de «consacrer du temps, de l’énergie pour promouvoir la plus belle idée qui soit pour un peuple, c’est la liberté». Voilà une déclaration qui m’interpelle directement tant la liberté est une valeur que je chéris. Mais la liberté revêt une multitude de formes.

Se libérer des lobbies

Avant de s’affranchir d’Ottawa, madame Marois pourrait commencer par se libérer des nombreux lobbies (étudiants, syndicats, agriculteurs, etc.) qui tirent les ficelles de la classe politique pour gagner des privilèges aux frais des contribuables. Et pourquoi ne pas également libérer les Québécois des innombrables contraintes qui étouffent l’entrepreneuriat et la création de richesse? Madame Marois rêve d’un Québec libre. Or elle ne doit pas oublier qu’elle possède déjà tout le pouvoir nécessaire pour offrir aux Québécois plus de libertés économiques et individuelles. Qu’attend-elle donc pour passer à l’action?

Indépendance économique, efficacité et liberté. Un minimum de volonté politique serait suffisant pour atteindre ces objectifs rapidement et ainsi faire bénéficier toute la province d’un meilleur environnement économique. Alors, pourquoi les rendre conditionnels à la souveraineté? Pourquoi remettre à plus tard ce qui peut être fait aujourd’hui? Il n’est jamais trop tôt pour bien faire!

 

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