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Santé

Fiat lux et le blues de l’hiver

Fiat lux et le blues de l’hiver
photo fotolia Les troubles affectifs saisonniers, qui surviennent principalement en hiver, peuvent avoir des conséquences très graves chez certaines personnes.

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Que la lumière soit! Selon la Genèse, il s’agit de la première parole de Dieu lors de la création du monde, afin qu’il s’éveille. Et vous, ces temps-ci, comme beaucoup d’autres, avez-vous du mal à rester éveillé? Fiat lux!

Que la lumière soit! Selon la Genèse, il s’agit de la première parole de Dieu lors de la création du monde, afin qu’il s’éveille. Et vous, ces temps-ci, comme beaucoup d’autres, avez-vous du mal à rester éveillé? Fiat lux!

Directement reliés au manque de lumière naturelle, les troubles affectifs saisonniers (TAS) sont considérés comme une maladie à part entière. Près de 18% des Québécois, principalement des adultes et surtout des femmes, en sont affectés à différents niveaux et pour près de 3% de ceux-ci, ces troubles sont si graves qu’ils deviennent incapacitants. La lumière qui manque à leur regard fait que leur regard manque également de lumière...

Certains enfants ou adolescents peuvent être affectés par les TAS, mais, en général, ce sont les personnes de 20 ans ou plus qui en sont affectées et le risque diminue avec l’âge.

LA MÉLATONINE

Sécrétée par la glande pinéale, qui est située dans le cervelet, cette hormone somnifère est au cœur du problème. Générée la nuit, durant notre sommeil, ou lorsqu’il fait sombre, sa production est freinée au matin ou lorsque la lumière surgit. C’est ce qui expli­que qu’on se sent énergique lorsqu’il fait beau et léthargique quand le temps est gris.

L’été, le niveau de lumière diffusée par le Soleil atteint une intensité équivalant à 100 000 lux et, l’hiver venu, dans une région nordique comme la nôtre, cette intensité peut être jusqu’à cent fois moindre. Ce déficit de lumière au niveau de la rétine ne permet pas à beaucoup d’entre nous de stopper leur production de mélatonine durant le jour. Un dérèglement de leur horloge interne – le rythme circadien, qui régit bon nombre des fonctions de notre organisme – s’en suit. Certains éprouvent un sentiment de fatigue, un manque d’énergie, de la difficulté à sortir du lit et des changements d’humeur surgissant sans raison apparente. Un trouble saisonnier qui s’accompagne parfois d’une envie excessive de nourriture réconfortante, riche en sucre et en hydrates de carbone, entraînant souvent une prise de poids saisonnière.

L’importance des difficultés liées à la dépression saisonnière varie d’une personne à l’autre. Pour certains, l’inconfort sera léger et il sera parfois qualifié de simple «blues de l’hiver» et pour d’autres, le dérèglement affectera directement leur vie sociale et affective jusqu’à générer des soucis importants au travail et à la maison. Difficultés à se concentrer, baisse de libido, repli sur soi, perte d’intérêt pour les activités habituelles et besoin exagéré de sommeil comptent au nombre de ces soucis. Il faut s’inquiéter lorsque les conséquences négatives de la dépression saisonnière font en sorte que ça ne fonctionne vraiment plus.

Si vous, ou l’un de vos proches, êtes découragés, que tout semble insurmontable et, pire, si vous nourrissez des idées sombres, n’hésitez surtout pas à consulter un médecin.

Certaines personnes atteintes de TAS deviennent angoissées au point d’être désespérées, de se sentir inutiles et, parfois, de nourrir des pensées suicidaires. N’attendez pas de voir la lumière au bout du tunnel, allez plutôt à sa rencontre!

 

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