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La bonne éducation

Autrefois, l’homme avait des devoirs envers le monde

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Pourquoi sentons-nous que l’école québécoise a fait faillite? Je ne parle pas d’une faillite financière, mais d’une faillite morale et culturelle. La réponse est simple : c’est parce qu’elle ne comprend plus sa propre mission. Elle ne sait plus ce que veut dire éduquer.

Pourquoi sentons-nous que l’école québécoise a fait faillite? Je ne parle pas d’une faillite financière, mais d’une faillite morale et culturelle. La réponse est simple : c’est parce qu’elle ne comprend plus sa propre mission. Elle ne sait plus ce que veut dire éduquer.

Éduquer, c’est-à-dire transmettre un savoir, des connaissances, introduire le jeune dans la société des adultes. Éduquer, c’est-à-dire inculquer des valeurs. Mais nous ne voulons plus éduquer, car nous ne voulons plus transmettre une culture.

C’est notre vision de l’être humain qui a changé. Autrefois, l’homme était un héritier. Il savait qu’il entrait dans un monde qui le précédait. Il savait que le monde lui survivrait. Il avait des devoirs envers le monde.

Pour le lui faire comprendre, on lui apprenait l’histoire. L’homme savait qu’il ne vivait pas dans un présent perpétuel, mais qu’il était situé dans le temps. Il développait un sentiment d’appartenance à sa collectivité.

Apprendre à admirer

À travers l’histoire, l’homme apprenait aussi à admirer. Il admirait les grands hommes, les grandes œuvres. Les actions héroïques aussi. L’histoire permettait de comprendre qu’on ne s’élève qu’en regardant plus haut que soi.

Pour l’aider à s’inscrire dans le monde, on lui apprenait la littérature. Il savait qu’on ne maîtrise bien la langue qu’en lisant ceux qui l’ont pleinement déployée. Il comprenait qu’on ne parle pas comme on grogne.

Surtout, on comprenait que l’homme ne saura jamais exprimer ses émotions s’il n’a pas les mots pour le dire. Un homme au vocabulaire trop limité est enfermé dans une terrible prison. Il n’aura pas accès à toutes les nuances de sa propre humanité.

Cette vision a changé. Pire, elle s’est effondrée. Il y a une quarantaine d’années, on a voulu «libérer» l’être humain. On s’est dit que l’homme ne devait plus sentir sur lui la pression de la société. Des devoirs? Non, merci. Que des droits, qui se résument en un seul : le droit de jouir.

Surtout, on s’est dit qu’on devait libérer l’homme de la société. L’histoire ne devait plus l’obliger. La littérature ne devait plus le former. La morale ne devait plus le structurer. L’histoire devenait alors passéiste. La littérature, prétentieuse.

L’enfant devait même espérer s’éduquer lui-même. Sans contrainte. Il fallait valoriser son authenticité. Sa créativité absolue. C’était l’heure de la pédagogie ouverte. De l’éducation exagérément permissive.

L’école contemporaine

À cette lumière, on comprend l’école contemporaine. Elle a renoncé aux connaissances parce qu’elle les croyait autoritaires. Imposer des connaissances, c’est transmettre une culture. C’est supposer que le passé doit alimenter le présent et inspirer l’avenir.

On comprend alors d’où viennent les fameuses «compétences». Avec les compétences, on mise sur l’autonomie absolue de l’élève. Il doit construire lui-même son savoir à partir de sa propre personnalité.

Le professeur aussi change de mission. Il devait transmettre autrefois une matière. Désormais, il doit accompagner le jeune dans la construction de son savoir. Ne soyons pas surpris que certains veulent les remplacer par des ordinateurs.

Cette révolution délirante a mené au désastre. L’homme n’est pas «libéré», il est déculturé, déraciné. L’essentiel n’est pas de pomper des milliards en éducation, mais d’imposer un changement de philosophie. Il faudra en revenir à une conception classique de l’éducation.

Autrefois, l’homme avait des devoirs envers le monde
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