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Excès de zèle de l’Office

Le mot pasta ne sera pas banni du menu du Buonanotte

Excès de zèle de l’Office
Photo journal de montréal, katia tobar Le propriétaire du restaurant Buonanotte, Massimo Lecas, a été invité par l’Office québécois de la langue française à modifier les termes italiens utilisés dans son menu.

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L’Office québécois de la langue française a avoué qu’il y avait eu un peu de zèle dans la plainte déposée contre le restaurant Buonanotte pour l’emploi de termes italiens dans son menu.

Alors que le propriétaire, Massimo Lecas, a rendu sa cause publique, l’Office québécois de la langue française a étudié la plainte de façon plus approfondie.

«Malgré l’utilisation de certains mots dans une autre langue que le français dans le menu du restaurant, force est de constater qu’il y a eu excès de zèle», a commenté Martin Bergeron, porte-parole de l’Office québécois de la langue française, dans un communiqué. Il a ajouté que dans ce cas, l’exception de la loi concernant les spécialités étrangères devait s’appliquer.

Pasta au menu

Mardi, le propriétaire du Buonanotte a reçu les recommandations du garde-fou de la langue française.

La lettre lui demandait de modifier quelques termes italiens utilisés dans l’intitulé des plats, qui précède une description en langue française, sur son menu.

Parmi les termes à modifier, étaient mis en évidence, antipasti, pasta, carne ou encore insalata mista.

Mais que les amateurs de pasta se rassurent, M. Bergeron a confirmé que le terme ne serait probablement pas modifié, car il désigne une spécialité étrangère inscrite dans sa langue d’origine.

Réactions

La ministre Diane De Courcy, responsable de la Charte de la langue française, avait déjà réagi hier en matinée, en faisant part de son étonnement sur le réseau social Twitter.

«Le français doit avoir une prédominance selon la loi, et on va s’assurer que la loi a été respectée», a commenté Jean-François Lemieux, attaché de presse de la ministre, parlant déjà d’un possible zèle.

À la suite du communiqué émis par l’Office québécois de la langue française, Mme De Courcy a de nouveau réagi en soirée sur Twitter.

«Je suis satisfaite du travail de l’OQLF et des correctifs apportés aujourd’hui», a-t-elle écrit.

Pour le président du Mouvement Québec français, Mario Beaulieu, l’Office québécois de la langue française a fait son travail. Il explique avoir constaté que le français n’était pas prédominant dans certains menus du Buonanotte qu’il a consultés sur internet.

«Les médias anglophones se servent de tous les exemples possibles pour ridiculiser la loi 101. Ça me semble être un exemple de ça», a-t-il commenté.

«C’est facile de trouver un petit point et de le ridiculiser. C’est une tempête dans un verre d’eau, qui vient des gens qui cherchent à discréditer l’Office», a-t-il ajouté à propos de l’intérêt médiatique porté au terme pasta.

Et le tiramisu?

Pour le propriétaire du Buonanotte, les recommandations inscrites dans la lettre de l’Office québécois de la langue française, portent atteinte au charme des restaurants italiens.

«Est-ce qu’on va devoir traduire des institutions italiennes, comme le tiramisu? Comment traduisons-nous margharita, calabrese. Et la sangria, les tapas, on ne peut plus appeler ça des tapas?» s’est-il interrogé.

M. Lecas a tenté de communiquer avec l’Office québécois de la langue française sans résultat pour le moment.

M. Bergeron a expliqué que malgré l’exception qui s’applique dans le menu du Buonanotte, l’italien est prédominant, ce qui a conduit un citoyen à déposer une plainte.

Mais dans ce cas, si des modifications doivent être apportées, celles-ci seront minimes, a-t-il confirmé.

De quoi rassurer Mme Brites Machado, propriétaire du café italien Morizio, voisin du Buonanotte.

Celle-ci s’imaginait déjà devoir débourser 4000 $ pour changer ses menus.

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