/news/politics
Navigation
Documentaire

Québec solidaire: ramer à contre-courant

françoise david
ETIENNE LABERGE / AGENCE QMI

Coup d'oeil sur cet article

La réalisatrice Lisa Sfriso a eu, pendant sept ans, un accès illimité aux coulisses de Québec solidaire (QS) pour faire son documentaire politique À Contre-courant qui sera présenté en première lundi.

Mme Sfriso, qui signe avec À Contre-courant son premier long métrage tient à préciser qu’il s’agit d’une démarche personnelle et non «commandée» par QS. Elle souhaitait retracer l’origine d’un nouveau parti de gauche.

«Je voulais savoir quelles seraient les embûches pour ce mouvement, dans leur passage de l’implication citoyenne vers l’implication politique, précise-t-elle. J’ai surtout constaté que leur désir de faire de la politique autrement a dû être laissé de côté, car ils devaient se plier, comme tous les autres partis, à certaines exigences.»

Même si la présidente du parti, Françoise David, ne peut s’empêcher de sourire et de pouffer de rire lorsqu’on évoque la sortie d’un film sur ses périples politiques, elle n’a pas hésité à raconter les débuts mouvementés de son parti et à parler du film en entrevue.

«Ce qu’a observé Lisa Sfriso, c’est combien un nouveau parti progressiste, souverainiste, féministe et écologiste devait aller à contre-courant de toute la pensée dominante pour se démarquer, dit Françoise David. À la base même, on ne parle pas de grandes vedettes, mais de travailleurs, de mères de famille, de jeunes et plus vieux qui ont eu le sentiment d’aller à contre-courant pour porter l’idée d’un autre Québec.»

La militante indique que les spectateurs auront droit à des scènes «inédites». En effet, le tournage du long-métrage a commencé en 2004, soit deux ans avant la création de QS, avant que le groupe Union des forces progressistes fusionne avec Option citoyenne. Et les dernières images du documentaire montrent l’élection de Françoise David, en septembre.

«Après avoir visionné le film, on avait tous la larme à l’œil et on était très émus de voir le chemin parcouru, raconte la nouvelle élue. On voit nos débuts, lorsqu’on nous donnait encore des conseils. On y voit aussi des grands moments d’intimité où je m’occupe d’Amir [Khadir] et où lui s’occupe de moi.»

Multiples facettes

Malgré les bons moments, la vie n’a pas toujours aussi rose au sein du caucus solidaire. Les «petites chicanes» avec son ami de longue date, Amir Khadir, ancien porte-parole de QS et député de Mercier depuis 2008, risquent d’étonner, prévient-elle. Celle qu’on a connue comme gentille et douce lors du débat des chefs d’août n’a tout de même pas eu peur de dire haut et fort ce qu’elle pensait tout bas au cours des dernières années.

Des scènes «délicieuses» attendent les spectateurs, dévoilant au grand jour d’autres facettes de sa personnalité, assure Françoise David.

«Les gens vont apprendre qu’il m’arrive de sacrer et de crier "tabarnak", lance la militante, le sourire en coin. Un jour, j’avais répondu à un journaliste lors d’un point de presse qu’il y a de l’argent au Québec et qu’il ne fallait qu’observer tous les châteaux qui se construisent en banlieue. Mes agents m’ont reproché d’avoir attaqué la classe moyenne.»

«Mais "tabarnak", on ne peut plus parler des gens qui ont des sous et qui seraient capables de contribuer davantage?» ajoute-t-elle, poings sur la table.

Québec solidaire a soufflé sa septième bougie en février. Avec seulement deux députés à l’Assemblée nationale, Françoise David admet qu'il reste du pain sur la planche.

«Je vais vous faire un aveu en vous disant que je pensais, au tout début, que ça irait plus vite. On était un peu candides et assez convaincus, concède la gauchiste. Mais tout comme les saumons, il faut encore remonter le courant.»

Le film À Contre-courant de Lisa Sfriso sera présenté lundi, à 19 h, à la Bibliothèque et archives nationales du Québec.

Commentaires