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Le silence des agneaux

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Désolé, mais je ne parlerai pas du Sommet de l’enseignement supérieur aujourd’hui. De toute façon, vous le savez, je le sais, nous le savons tous, les dés sont pipés.

Désolé, mais je ne parlerai pas du Sommet de l’enseignement supérieur aujourd’hui. De toute façon, vous le savez, je le sais, nous le savons tous, les dés sont pipés.

Cet exercice ne révolutionnera absolument rien.

Pauline Marois a cruisé le vote étudiant le printemps dernier, elle leur a promis un Sommet en échange de leur appui, et maintenant qu’elle a eu ce qu’elle voulait (c’est-à-dire le pouvoir), elle remplit sa part du contrat.

Rien de plus.

C’est comme un deal de dope. Je te donne ta came, tu me donnes mon argent, marché conclu.

UN RAPPORT «OUBLIÉ»

Je préfère revenir sur la commission Charbonneau.

Vous avez écouté le témoignage de Guy Desrosiers, hier?

Cet enquêteur a affirmé qu’en 1997, le Vérificateur de la Ville de Montréal avait rédigé un rapport dans lequel il proposait l’adoption de différentes mesures pour contrôler le coût des travaux publics.

Ce rapport a été remis aux personnes responsables.

Rien n’a été fait. Aucune des mesures proposées par le Vérificateur général n’a été mise en place.

Les hauts gradés de l’administration municipale SAVAIENT que les contribuables se faisaient fourrer, on SAVAIT quelles mesures il fallait adopter pour qu’on cesse de nous fourrer, mais PERSONNE n’a rien fait.

LE CON CONTRIBUE

À Montréal, le coût des travaux pour la réfection des égouts et des trottoirs était 85 % plus cher qu’ailleurs dans la province.

Pas 20 %. Pas 30 %.

85 %.

Qu’est-ce qu’on a fait pour contrer cette explosion obscène des coûts? Rien.

À Québec, on recevait plus de soumissions pour les travaux publics qu’à Montréal. Pourquoi? Parce qu’à Québec, le marché était ouvert, TOUT LE MONDE pouvait ­déposer une soumission.

Alors qu’à Montréal, seule une petite poignée d’entrepreneurs pouvaient soumissionner pour obtenir un contrat de la municipalité. Les autres, qui ne faisaient pas partie de la «bande» et qui refusaient de gonfler artificiellement leur prix, risquaient de se faire casser les deux jambes si jamais ils osaient se présenter à l’hôtel de ville.

Pendant ce temps-là, la Ville (qui se torchait avec les rapports de son propre Vérificateur) disait qu’elle était dans le rouge et augmentait les taxes municipales pour boucler son budget et payer le 85 % que ça nous coûtait en plus.

Tout le monde se graisse, tout le monde se beurre, et le con de contribuable se ramasse toujours à payer la facture.

QUI NE DIT MOT CONSENT

Vous n’êtes pas tannés, vous?

Moi, je commence à avoir mon maudit voyage.

Écœuré de voir les gens partir sur le party avec ma carte de crédit en se disant que le cave va payer.

Non seulement je suis tanné de payer, mais je suis tanné de chialer.

Le temps est venu de passer à l’action pour dire à tout ce beau monde qu’on n’accepte plus de nous faire tondre sans broncher. J’ai une idée : et si, aux prochaines élections municipales, on annulait tous notre vote?

Des X partout. «Changez votre façon de faire parce que nous, on ne marche plus.»

Pas sûr qu’ils triperaient de se ramasser avec 70 % des bulletins de vote annulés. Faut se réveiller, les amis.

Faut réagir, parce qu’ils vont continuer de nous tondre.

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