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Cowboy solitaire ? Pas pour longtemps

Cowboy solitaire ? Pas pour longtemps

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Le disque que vient de faire paraître Tire le coyote est une révélation, et le spectacle qu’il va donner lundi est la meilleure proposition du mois.


Éric Trudel
eric.trudel@quebecormedia.com
Cowboy solitaire?
Pas pour longtemps
Le disque que vient de faire paraître Tire le coyote est une révélation, et le spectacle qu’il va donner lundi est la meilleure proposition du mois.

Une seule écoute de la chanson Bonnie a suffi pour me happer, et depuis, Bonnie me hante.

Après une courte pièce instrumentale qui installe le décor, poussière-espace-twang, le coyote se pointe et débute sa tirade poignante sur l’amour et la mort. «Une sorte d’ivresse étrange, qui cogne à ma fenêtre, qui traîne dans mon jardiiiin...» Moi qui croyais qu’il faut être en peine d’amour pour apprécier le country! Avec Mitan, son deuxième disque tout chaud sous l’alias Tire le coyote, le Sherbrookois Benoit Pinette vient de poser un jalon important dans l’évolution du country-folk québécois, à la suite des Fred, Mara et autres hérauts du genre, casqués ou non. On a lié sa musique à l’Americana, pointé vers le filon appalachien et évoqué les spaghettis westerns mis en musique par Morricone, mais, même si tous ces fils tiennent, force est de reconnaître que l’artiste a su ancrer sa musique chez lui.

Sa plume est bel et bien québécoise, et il la met en valeur sans fard ni compromis, mais avec un tel doigté qu’une chainsaw devient un instrument aussi poétique que sa pedal steel guitar. Benoit a cité Neil Young et Richard Desjardins comme modèles, et il est aussi singulier qu’eux, par sa prose et sa voix. L’écoute et le visionnement des clips pour les chansons Bonnie et Chainsaw suffisent à démontrer cette singularité: ces clips tout simples ont été tournés dans l’espace Hypérion du quartier St-Roch de Québec, ou il a enregistré Mitan de main de maître.

Le coyote sur la route

Lancé il y a un mois, Mitan a reçu une critique fort élogieuse de ceux qui y ont prêté une oreille, mais comme on ne l’attendait pas trop, il est passé sous le radar populaire.

Ce sera donc un sleeper, comme on dit des disques qui deviennent des classiques lentement. Pensez à Tu m’aimes-tu ou à Dix milles matin...

Pendant ce temps, Tire le coyote aligne ses premières sorties sur scène et, vu le buzz médiatique mitigé, s’arrêtera dans des endroits tout petits. À Montréal, lundi, c’est au Verre bouteille de l’avenue Mont-Royal qu’il déballera ses chansons.

Ceux qui ont déjà eu le plaisir de voir en spectacle un artiste trop gros pour la salle qui l’accueille le savent, c’est une occasion à ne pas rater. Pas besoin d’être en peine d’amour, vous n’avez qu’à aimer les grands espaces dans les petites chansons.

www.tirelecoyote.com

agenda
ce soir
C’est la fameuse Nuit Blanche du festival Montréal en lumière, et il y a beaucoup d’activités et de spectacles gratuits. Profitez-en pour sortir et visiter la S.A.T., le Métropolis, la Place des arts, le Studio de MusiquePlus (qui ressuscite l’émission-party Bouge de là pour l’occasion) et plein d’autres salles qui participent à la belle affaire.
montrealenlumiere.com/nuit-blanche
dimanche
Les vieux Deftones roulent encore, et crient Koi No Yokan au Métropolis. www.deftones.com
lundi
La première ronde des Francouvertes se poursuit avec Marie-Félixe, Sophie Chen et Leela au Lion d’or. www.francouvertes.com
Mardi
Le combo post-rock anglais Enter Shikari visite la Sala Rossa. www.entershikari.com
Le danois Søren Løkke Juul qui se cache derrière le sobriquet Indians vient jouer à la Casa Del Popolo. www.heyiamindians.com
Le combo expérimental local Suuns lance son album Images du futur. facebook.com/suunsband
mercredi
Le jeune groupe electro londonien Citizens! débarque à la Sala Rossa avec Here We Are. www.citizenscitizens.com
Jeudi
Ra Ra Riot propose Beta Love, album très pop, au Il Motore. rarariot.com
La torontoise Serena Ryder est au Corona. serenaryder.com
Le groupe local The Loodies participe au festival Under the Snow à la Sala Rossa. underthesnow.ca
Human Human

Le E.P. éponyme du quatuor de St-Bruno Human Human est passé un peu dans le beurre lorsqu’il a été lancé en novembre dernier. Pas grave, se sont-ils dit: on l’offre gratis, et on le relance en donnant un spectacle au cours duquel on distribuera aussi un magazine. Commencez par télécharger les quatre chansons sur leur Bandcamp: vous y découvrirez un groupe très prometteur qui tend des liens entre les Smiths, Echo & The Bunnymen (on dirait Ian McCulloch au micro), Coldplay et The Killers. Les quatre chansons, produites par le guru du studio Breakglass et du groupe Besnard Lakes Jace Lasek, pourraient passer sur la bande FM sans trop forcer. Suivez le lien, suivez le groupe, encouragez la bonne musique locale.

www.wearehumanhuman.com

Un gros joueur
Clive Davis est une légende dans l’industrie de la musique, dans laquelle il œuvre depuis plus de 50 ans. Entré dans ce monde par hasard, l’avocat de formation a connu une carrière phénoménale grâce à un flair commercial et une appréciation de la musique qui l’a amené à présider Columbia et Arusta Records, entre autres, et à «signer» des dizaines d’artistes majeurs comme Aerosmith, Earth, Wind & Fire, Santana, Billy Joel, Bruce Springsteen et the Foo Fighters. L’homme vient de publier une autobiographie intitulée The Soundtrack Of My Life où il dévoile beaucoup de détails sur son histoire et celles des stars qu’il a côtoyées ou créées, à commencer par Janis Joplin qu’il a vu au Monterey Pop Festival en 1967, concert qui a été l’épiphanie de Clive. Il l’a fait passer chez Columbia, refusant la proposition de Janis de coucher ensemble pour sceller le contrat, et en a fait une star. Beaucoup d’anecdotes du genre émaillent le livre, et si le tout est très poli, le livre est néanmoins divertissant et édifiant. On y découvre que derrière un hit mémorable, il y a souvent beaucoup de travail et de tractations.
Le disque que vient de faire paraître Tire le coyote est une révélation, et le spectacle qu’il va donner lundi est la meilleure proposition du mois.

Une seule écoute de la chanson Bonnie a suffi pour me happer, et depuis, Bonnie me hante.

Après une courte pièce instrumentale qui installe le décor, poussière-espace-twang, le coyote se pointe et débute sa tirade poignante sur l’amour et la mort. «Une sorte d’ivresse étrange, qui cogne à ma fenêtre, qui traîne dans mon jardiiiin...» Moi qui croyais qu’il faut être en peine d’amour pour apprécier le country! Avec Mitan, son deuxième disque tout chaud sous l’alias Tire le coyote, le Sherbrookois Benoit Pinette vient de poser un jalon important dans l’évolution du country-folk québécois, à la suite des Fred, Mara et autres hérauts du genre, casqués ou non. On a lié sa musique à l’Americana, pointé vers le filon appalachien et évoqué les spaghettis westerns mis en musique par Morricone, mais, même si tous ces fils tiennent, force est de reconnaître que l’artiste a su ancrer sa musique chez lui.

Sa plume est bel et bien québécoise, et il la met en valeur sans fard ni compromis, mais avec un tel doigté qu’une chainsaw devient un instrument aussi poétique que sa pedal steel guitar. Benoit a cité Neil Young et Richard Desjardins comme modèles, et il est aussi singulier qu’eux, par sa prose et sa voix. L’écoute et le visionnement des clips pour les chansons Bonnie et Chainsaw suffisent à démontrer cette singularité: ces clips tout simples ont été tournés dans l’espace Hypérion du quartier St-Roch de Québec, ou il a enregistré Mitan de main de maître.

Le coyote sur la route

Lancé il y a un mois, Mitan a reçu une critique fort élogieuse de ceux qui y ont prêté une oreille, mais comme on ne l’attendait pas trop, il est passé sous le radar populaire.

Ce sera donc un sleeper, comme on dit des disques qui deviennent des classiques lentement. Pensez à Tu m’aimes-tu ou à Dix milles matin...

Pendant ce temps, Tire le coyote aligne ses premières sorties sur scène et, vu le buzz médiatique mitigé, s’arrêtera dans des endroits tout petits. À Montréal, lundi, c’est au Verre bouteille de l’avenue Mont-Royal qu’il déballera ses chansons.

Ceux qui ont déjà eu le plaisir de voir en spectacle un artiste trop gros pour la salle qui l’accueille le savent, c’est une occasion à ne pas rater. Pas besoin d’être en peine d’amour, vous n’avez qu’à aimer les grands espaces dans les petites chansons.

www.tirelecoyote.com

Le E.P. éponyme du quatuor de St-Bruno Human Human est passé un peu dans le beurre lorsqu’il a été lancé en novembre dernier. Pas grave, se sont-ils dit: on l’offre gratis, et on le relance en donnant un spectacle au cours duquel on distribuera aussi un magazine. Commencez par télécharger les quatre chansons sur leur Bandcamp: vous y découvrirez un groupe très prometteur qui tend des liens entre les Smiths, Echo & The Bunnymen (on dirait Ian McCulloch au micro), Coldplay et The Killers. Les quatre chansons, produites par le guru du studio Breakglass et du groupe Besnard Lakes Jace Lasek, pourraient passer sur la bande FM sans trop forcer. Suivez le lien, suivez le groupe, encouragez la bonne musique locale.

www.wearehumanhuman.com

Clive Davis est une légende dans l’industrie de la musique, dans laquelle il œuvre depuis plus de 50 ans. Entré dans ce monde par hasard, l’avocat de formation a connu une carrière phénoménale grâce à un flair commercial et une appréciation de la musique qui l’a amené à présider Columbia et Arusta Records, entre autres, et à «signer» des dizaines d’artistes majeurs comme Aerosmith, Earth, Wind & Fire, Santana, Billy Joel, Bruce Springsteen et the Foo Fighters. L’homme vient de publier une autobiographie intitulée The Soundtrack Of My Life où il dévoile beaucoup de détails sur son histoire et celles des stars qu’il a côtoyées ou créées, à commencer par Janis Joplin qu’il a vu au Monterey Pop Festival en 1967, concert qui a été l’épiphanie de Clive. Il l’a fait passer chez Columbia, refusant la proposition de Janis de coucher ensemble pour sceller le contrat, et en a fait une star. Beaucoup d’anecdotes du genre émaillent le livre, et si le tout est très poli, le livre est néanmoins divertissant et édifiant. On y découvre que derrière un hit mémorable, il y a souvent beaucoup de travail et de tractations.

Human Human

Un gros joueur

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