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Un « triste succès »

Le ministre Hébert défend la ligne d’aide, la CAQ déplore le manque de suivi

Un « triste succès »
Photo d’archives Selon le ministre de la Santé Réjean Hébert, la ligne Aide Abus Aînés permet de rediriger les aînés vers la ressource appropriée pour répondre à leur problème.

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Le manque d’accompagnement des aînés qui dénoncent des abus par le biais de la ligne d’aide téléphonique est «cruel», déplore la députée caquiste Sylvie Roy. Le ministre Hébert défend de son côté ce «service essentiel».

«Je trouve ça épouvantable de voir qu’il n’y a pas de suivi à leur plainte, déplore la députée d’Arthabaska. C’est cruel.»

Hier, le Journal révélait que plus de 10 300 appels ont été faits à la Ligne Aide Abus Aînés (LAAA) depuis sa mise en place, en octobre 2010. Il s’agit d’un nombre d’appels bien au-dessus de la moyenne anticipée de 3000 plaintes par année.

Pas de suivi

Or, le service géré par le ministère de la Santé n’offre pas de suivi concret aux aînés qui dénoncent des situations.

Une aide à court terme peut être ­offerte en cas d’urgence, mais les ­plaignants sont normalement dirigés vers une autre ressource d’aide ­appropriée.

Selon les données de la LAAA, près d’un agresseur ­présumé sur deux est un membre de la famille de l’aîné. Ainsi, le simple fait de dénoncer ­demande beaucoup de courage de la part des ­victimes.

Selon la députée de la Coalition ­Avenir Québec (CAQ), les aînés ont ­besoin d’un suivi plus serré. «Ce sont des personnes vulnérables, et elles se ­retrouvent souvent à ­parler à des boîtes vocales, indique ­Sylvie Roy. Il faut les ­accompagner! ­Dénoncer, c’est bien, mais régler les ­problèmes, c’est mieux.»

« Un problème de société »

Appelé à réagir à la popularité de la ligne d’aide, le ministre de la Santé et des Services sociaux Réjean Hébert a qualifié cette implantation de «triste succès».

«Ce n’est jamais une bonne nouvelle de voir que les aînés sont victimes de maltraitance, croit-il. Mais, plutôt qu’un omertà, la ligne permet d’aider les gens.»

Par ailleurs, il croit que la LAAA ­remplit bien son mandat puisqu’elle ­permet de rediriger les gens vers la ­ressource appropriée.

«On ne voulait pas créer une nouvelle structure et dédoubler les ressources en place, souligne-t-il. Le but est d’écouter les gens, de cerner le problème, et de les diriger vers la bonne ressource ensuite.»

Une opinion partagée par Marguerite Blais, députée du Parti libéral du Québec. «La ligne téléphonique ne peut pas faire des miracles. Ça prend plusieurs actions pour enrayer la maltraitance, croit-elle. C’est un problème de société.»

Le Dr Hébert ne croit pas non plus que la popularité de la ligne soit liée à un problème lié aux systèmes actuels de plaintes dans le réseau.

Ressources disponibles

«Toutes les ressources sont là pour ­répondre aux besoins et font un bon travail sur le terrain, qu’il s’agisse de cas d’ordre financier ou psychologique», croit-il.

La LAAA possède un budget annuel de 807 000 $. Il n’est pas question de retirer ce programme, instauré au départ sous forme de projet pilote, selon le ministre Réjean Hébert.

 

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