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«N’ayez pas peur»

- Jacques Parizeau

Jacques Parizeau
photo Joël Lemay, Agence QMI Jacques Parizeau a dénoncé la peur brandie par les adversaires de la souveraineté.

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Jacques Parizeau est venu fouetter l’ardeur des souverainistes samedi, à Montréal, les enjoignant de ne pas céder au discours de la peur et de ne pas renoncer à leurs rêves.

«N’ayez pas peur», a proclamé l’ex-premier ministre, qui s’adressait à quelque 1000 congressistes d’Option nationale réunis au Palais des congrès de Montréal.

L’ex-ministre des Finances a dénoncé le discours économique ambiant et la course au déficit zéro. «Quand j’ai entendu le président du Conseil du trésor déclarer récemment que si l’on ne faisait pas les coupes demandées, le Québec deviendrait l’équivalent de la Grèce ou de l’Espagne, là, j’ai pété une fuse», a confessé l’homme de 82 ans, déclenchant un mélange d’hilarité et d’applaudissements.

Jacques Parizeau a évoqué la peur souvent brandie par les adversaires de la souveraineté du Québec. Trop de ministres des Finances du Québec ont prétendu que le Québec s’acheminait vers la faillite, a-t-il déploré.

«Il faut arrêter de convaincre les Québécois qu’on n’est pas bons, qu’on est pris dans un étau dont on ne pourra pas sortir (...) Si on laisse les comptables gagner, comme ils gagnent depuis des années, l’équilibre gâche tout, on ne peut plus rien faire», a prévenu l’ex-premier ministre.

« Supercherie »

Jacques Parizeau fustige le discours au sujet de la dette du Québec. «Ça m’énerve depuis longtemps. C’est une énorme supercherie», dit-il.

Le gouvernement du Québec est le seul au Canada à présenter sa dette à l’état brut, sans en déduire les actifs dont il dispose, signale celui qui a été premier ministre en 1994 et 1995.

«C’est comme quelqu’un qui présente son bilan personnel et qui montre son hypothèque sans tenir compte de la valeur de la maison. Personne n’utilise sa dette brute, c’est idiot pour un individu et pour un gouvernement», a professé M. Parizeau.

Ainsi, la dette brute du gouvernement du Québec s’élève à 183 milliards $. «Si on utilise l’expression de la dette utilisée par le fédéral, l’Ontario et l’Alberta, la dette du Québec est à 114 milliards», corrige l’ancien professeur d’économie.

86 000 $ pour le chef?

Lancé il y a un an et demi, le parti Option nationale dispose de 8000 membres. Le parti dirigé par Jean-Martin Aussant avait les moyens de dépenser 50 000 $ pour tenir son premier congrès national au Palais des congrès de Montréal en fin de semaine. O.N. a présenté 120 candidats (sur 125 circonscriptions) à l’élection du 4 septembre 2012 et récolté 83 000 voix. Le parti votera lundi le versement d’un salaire annuel de 86 000 $ à son chef.

«Les résultats exceptionnels qu’on a eus à la dernière élection nous donnent un budget qui sera substantiellement élevé à près d’un demi-million $, entrevoit Jean-Martin Aussant. Nous sommes devenus une alternative très sérieuse aux autres partis.» Le congrès d’Option nationale se poursuit dimanche.

 

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