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Les coûts hors de contrôle

Québec va réviser complètement le budget du nouvel échangeur Turcot, estimé à 3,7 G$

Les coûts hors de contrôle
Photo d’archives Depuis l’annonce, en 2007, du projet de reconstruction de l’échangeur Turcot, la facture a été multipliée par trois et continuera probablement ­encore à augmenter. En conséquence, le gouvernement provincial vient de mettre sur pied un comité qui passera en revue l’ensemble des coûts.

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Impuissant devant des coûts qui sont maintenant estimés à 3,7 milliards $, Québec est contraint de revoir ­l’ensemble du budget et du calendrier pour la reconstruction de l’échangeur Turcot.

Impuissant devant des coûts qui sont maintenant estimés à 3,7 milliards $, Québec est contraint de revoir ­l’ensemble du budget et du calendrier pour la reconstruction de l’échangeur Turcot.

Selon les informations obtenues par notre ­bureau d’enquête, un comité composé d’experts indépendants vient d’être mis sur pied. Le gouvernement provincial lui donne moins d’un an pour déterminer si les coûts sont bel et bien contrôlés et si l’argent des contribuables est dépensé à bon escient.

Québec cherche aussi les services d’une firme d’experts en ingénierie, qui aura pour tâche de conseiller ce comité.

Lorsque le projet Turcot a été annoncé ­publiquement pour la première fois, à la fin de 2007, Québec a annoncé une facture d’un peu plus d’un milliard $. Cinq ans plus tard, les coûts ont plus que triplé (voir le graphique). Une telle escalade n’est pas sans rappeler ce qui s’est ­produit lors de la construction du métro de ­Laval, un projet dont la valeur est passée de 179 millions $ à plus de 800 millions $ en à peine six ans.

Pas terminé

C’est un rapport conjoint des firmes Secor et KPMG, rendu public en novembre dernier, qui fournit la dernière estimation des coûts de ­Turcot 2.0.

Et encore, la somme de 3,7 G$ est calculée «avant les risques publics et les coûts d’accompagnement», préviennent ses auteurs. Habituellement, ces dépenses représentent 10 % de la facture d’un projet.

C’est en ce sens que le ministère des ­Transports du Québec (MTQ) et Infrastructure Québec (IQ) cherchent maintenant à s’associer à une firme externe pour «faire la revue indépendante des coûts, des échéanciers, des risques du projet et de son optimisation», peut-on lire dans des documents que nous nous sommes procurés.

Rigueur

IQ, l’organisme gouvernemental qui gère le projet en partenariat public-privé (PPP), confirme avoir demandé la révision des coûts du ­nouvel échangeur.

«C’est pour s’assurer d’une planification ­rigoureuse du projet», explique la porte-parole Karla Duval, qui assure que l’échéancier final n’est pas compromis et que le nouvel échangeur devrait être fonctionnel en 2018.

Mais Québec est déjà en retard par rapport à ses plans initiaux.

En novembre dernier, le Journal révélait que le choix des trois consortiums qui pourront ­soumettre une proposition détaillée était ­reporté d’au moins six mois, entre autres, parce que le gouvernement Marois a resserré ses contrôles sur l’intégrité de ses fournisseurs de services.

L’attente dure toujours. Des sources dans ­l’industrie nous ont confirmé, ces ­derniers jours, que les entreprises candidates n’ont ­toujours eu aucune nouvelle quant au choix des finalistes.


  • À au moins 3,7 G$, la reconstruction de l’échangeur Turcot sera l’un des projets routiers les plus chers de l’histoire du Québec.
  • Par comparaison, le prolongement de la ­portion ouest de l’autoroute 30, qui vient d’être complété, a coûté 1,5 G$. On parle ici de la construction de voies autoroutières sur une ­distance de 42 km, avec deux ponts majeurs pour franchir la voie maritime du Saint-Laurent, ­ainsi que plusieurs échangeurs.
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