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Manifestation

Près de 70 interpellés

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MONTRÉAL – Plus de 70 personnes ont été interpellées, mardi soir, lors d’une manifestation organisée afin de protester contre le choix du gouvernement péquiste d’indexer les frais de scolarité.

Dix d’entre elles ont été arrêtées pendant la manifestation. Selon Simon Delorme, porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), il s’agissait alors d’arrestations «ciblées et isolées», en lien avec des actes criminels comme des méfaits, des agressions armées, des bris de condition et des entraves au travail d'agents de la paix.

62 interpellations ont aussi eu lieu plus tard en soirée, lors de manœuvres de dispersion effectuées par les policiers. Elles ont eu lieu en vertu du règlement municipal contre l’attroupement illégal, a indiqué M. Delorme, avant d’ajouter que ces personnes ont reçu un constat d’infraction.

Jusqu’à 22 h, la manifestation s’est déroulée relativement pacifiquement, puis le climat a commencé à se détériorer.

Sur son compte Twitter, le SPVM, qui encadrait le cortège de près, a déclaré à 22 h 12 que la manifestation était terminée et que les gens devaient se disperser.

Plusieurs vitres venaient d’être fracassées par des briques, au Centre Sheraton entre autres, et des succursales bancaires avaient été vandalisées.

Des policiers ont été visés par des balles de peinture, d’autres à vélo ont reçu des tomates, tandis que les chevaux de la cavalerie recevaient des balles de neige et des bouteilles vides.

Des manifestants ont également ramassé des matériaux de construction sur un chantier entre les rues Viger et Beaver Hall et des morceaux d’asphalte auraient été jetés sur un camion de police. Le SPVM a d’ailleurs indiqué que quatre de ses véhicules ont été endommagés au cours de la soirée.

Plusieurs objets pyrotechniques et des boules de glace ont aussi été lancés tout au long de la manifestation, sans nécessairement faire de dégâts.

Quelques minutes après l’avis de dispersion, le gros de la foule a obtempéré en quittant le cortège, mais plusieurs petits groupes se sont réorganisés, partant dans plusieurs directions.

Sur la rue Sainte-Catherine, près de la station de métro McGill, des projectiles ont été une nouvelle fois lancés en direction des forces de l’ordre et d’autres vitrines ont été la cible des protestataires masqués. Plusieurs ont été brisées.

Le groupe d’une centaine de personnes a emprunté la rue McGill College, se dirigeant probablement vers le bureau de la première ministre Pauline Marois, ont été dispersés rapidement à hauteur du Président-Kennedy, peu avant 23 h.

Trois blessés

Les autorités ont ensuite envoyé des bombes assourdissantes ainsi que des bombes fumigènes, notamment place Émilie-Gamelin où plusieurs personnes s’étaient rassemblées, pour mettre définitivement terme aux manifestations.

C’est peu après 23 h 20 que le SPVM a annoncé qu’il procédait à l’interpellation des 62 personnes au centre-ville, à l’intersection des rues Sainte-Catherine Ouest et Beaudry.

Trois personnes ont souffert de blessures mineures au cours de la soirée. Un policier a été blessé à l’œil et un manifestant à une jambe, a rapporté Marc-André Gagnon, porte-parole d’Urgences-santé, à l’Agence QMI, alors que tout n’était pas encore complètement rentré dans l’ordre en centre-ville.

Le porte-parole du SPVM a ajouté, plus tard en soirée, qu’un autre policier avec été légèrement blessé au visage. Les deux agents de la paix étaient cependant hors de danger.

Une «ostie d’grosse manif de soir»

Les militants s’étaient rassemblés vers 20 h place Émilie-Gamelin, lieu symbolique de la lutte contre la hausse des droits de scolarités durant le printemps érable.

Le SPVM, qui n’avait pas reçu l’itinéraire de la manifestation avait immédiatement déclaré la manifestation illégale, rappelant qu’aucune infraction criminelle ne serait tolérée.

Près de 4000 personnes avaient confirmé leur participation sur la page Facebook de «l’ostie d’grosse manif de soir». Certains avaient appelé à en profiter pour s’en prendre à la police, laissant augurer une fin de soirée musclée dans les rues de la ville.

Le gouvernement Marois a l’intention d’indexer les droits de scolarité à l'université de 3 % dès l'année prochaine. Québec a l’intention d'aligner l'indexation sur la croissance du revenu disponible des familles.

Ainsi, les droits de scolarité devraient être majorés d'environ 70 dollars par année. Le gouvernement entend maintenir cette indexation au cours des prochaines années. De plus, les frais afférents facturés aux étudiants devraient être indexés de 3 %.

La part des étudiants sur le total de la facture de leur formation devrait diminuer de 13 % à 12,8 % de 2012 à 2019. D'ici là, ils devraient collectivement payer 187 millions de plus pour leurs études.

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