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Israël, État raciste ?

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Il s’agit certainement d’un des sujets les plus délicats de l’actualité : la politique d’Israël à l’égard des Palestiniens en fait-elle un État comparable à l’Afrique du Sud sous l’apartheid ou l’Italie sous Mussolini? Les Arabes ne se sont jamais gênés pour faire le lien. Cette fois, le fantôme a été réveillé par le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan.

Il s’agit certainement d’un des sujets les plus délicats de l’actualité : la politique d’Israël à l’égard des Palestiniens en fait-elle un État comparable à l’Afrique du Sud sous l’apartheid ou l’Italie sous Mussolini? Les Arabes ne se sont jamais gênés pour faire le lien. Cette fois, le fantôme a été réveillé par le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan.

Choisissant à la fin du mois de février l’incongru Forum de l’ONU pour le dialogue entre les religions et les peuples, le premier ministre Erdogan s’en est pris à la psychose anti-musulmane — dans les pays occidentaux surtout — en jetant un peu tout dans la même marmite: «Comme c’est le cas pour le sionisme, l’antisémitisme et le fascisme, il devient maintenant inévitable de considérer l’islamophobie comme un crime contre l’humanité.»

Indignation

La volonté de ramener les Juifs du monde sur la terre d’Abraham, un crime contre l’humanité? Un rapprochement scandaleux, selon le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, qui a dénoncé cette déclaration «sombre et mensongère». La Maison-Blanche en a rajouté, parlant d’un commentaire profondément faux. Même indignation chez le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon.

Il faut dire que le premier ministre turc a une dent contre Israël depuis plusieurs années. Comme il est issu des milieux islamistes, le sort des Palestiniens lui a toujours tenu à cœur. Et la mort de neuf ressortissants turcs lors de l’assaut, par un commando israélien, d’un navire tentant d’apporter de l’aide humanitaire à la population de la bande de Gaza en mai 2010 a dissipé le peu de sympathie qu’il pouvait encore avoir pour l’État hébreu.

Un pays que pour les Juifs

En contrepartie, Israël ne s’aide pas dans tout ce débat. L’occupation militaire de la majeure partie de la Cisjordanie — une des portions de territoire, avec la bande de Gaza et Jérusalem-Est, qui composeraient un éventuel État palestinien indépendant — se poursuit. Les colonies juives continuent leur expansion, avec une augmentation, selon un calcul de l’AFP, de 4,7 % du nombre de résidents juifs en 2012.

Enfin, parallèlement au processus de paix et l’impasse dans laquelle il se trouve, le simple fait qu’Israël, dans ses frontières, persiste à interdire aux Arabes israéliens de se marier avec des Palestiniens par peur pour sa sécurité et pour la persistance du caractère juif de l’État hébreu ne correspond pas aux caractéristiques d’un pays moderne et ouvert.

C’est d’autant plus dommage que la vivacité de la démocratie israélienne et, en fait, de la société israélienne tout entière devrait suffire à démontrer que ce pays mérite mieux que cette manifestation de rigidité et d’intolérance.

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