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Immigration

Séparée du père de son enfant

Obligé de retourner au Mexique, un ancien joueur du Rouge et Or risque de rater la naissance de son fils

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Alors que son conjoint a été contraint de quitter le pays en novembre 2011, une jeune femme de Québec, enceinte de cinq mois, craint de devoir accoucher sans la présence de son conjoint mexicain qui se trouve en terrain hostile.

Ludivine Cauchon attend son premier enfant. Le père, Carlos Weber, qui est originaire du Mexique, a été obligé d’y retourner, faute de permis de travail et de résidence permanente. «Il y a beaucoup de retard, le traitement [pour la résidence] est en train de se faire, mais, nous, on a peu de développements du côté de l’Immigration, explique Mme Cauchon. Le bureau du député nous aide beaucoup par contre.»

«Carlos et moi, on est très inquiets», ajoute la dame, qui précise que les délais initiaux pour la résidence permanente étaient d’environ neuf mois.

Pas reconnue

Toutes les demandes de permis de travail et de visa visiteur qu’a faites M. Weber, qui a obtenu un diplôme en soudage à l’Institut technique Aviron de Montréal, lui ont été refusées. «L’école n’était pas reconnue», précise sa conjointe.

C’est à l’hiver 2011 que l’ancien joueur de football du Rouge et Or s’est fait montrer la porte du pays. Quelques mois plus tard, la loi changeait et reconnaissait les instituts privés au même titre que les établissements publics. Selon les règles, M. Weber avait 90 jours pour refaire sa demande. «Le problème, c’est que cette demande-là, il faut être au Canada pour la faire», a fait savoir Ludivine Cauchon.

«On cherche des soudeurs un peu partout et on essaie de trouver des gens à l’étranger, alors que des gens comme Carlos, qui a étudié ici, qui parle français, qui est déjà adapté, qu’on est certain que c’est une réussite en termes d’intégration, lui, rencontre des obstacles», a-t-elle laissé entendre.

À Monterrey

Les futurs parents de 32 ans se voient tous les deux mois dans le Sud du Mexique et aux États-Unis, où l’homme a un permis de visite. «C’est moins dangereux que dans son pays», précise Mme Cauchon. Carlos tente désespérément de se trouver un emploi à Monterrey, au Mexique, où habitent des membres de sa famille.

«Il est retourné dans le Nord, où il a de la famille, à Torreon et à Monterrey, mais c’est vraiment dangereux, il y a des fusillades régulièrement, l’armée est là et ils empêchent parfois les gens d’entrer au centre-ville, a dit la conjointe. Je n’aime vraiment pas ça, il me racontait ça hier et je tremblais, mais je ne peux pas lui dire : reste à la maison, il doit se trouver un emploi.»

Pour l’instant, tout ce que peuvent espérer les futurs parents, c’est que la demande de résidence permanente soit acceptée avant l’arrivée de leur enfant.

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