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Enseignement de l'histoire: où est le problème? Entrevue avec Éric Bédard

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La question de l'enseignement de l'histoire est de nouveau au centre de l'actualité. De quelle manière enseigner l’histoire du Québec? Et quelle histoire enseigner? Ces questions sont d’une importance capitale. Mais pour plusieurs raisons, leur traitement médiatique est étrangement mené ces jours-ci. Pour les éclairer un peu, je me suis entretenu avec Éric Bédard, historien et professeur à la Télé-Université. Il est notamment l’auteur de L’histoire du Québec pour les nuls (Éditions First, 2012) et de Recours aux sources : essais sur notre rapport au passé (Boréal, 2011).

 

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***

 

 

Mathieu Bock-Côté (MBC) : La question de l’enseignement de l’histoire revient à l’avant-scène. Qu’est-ce qui a amené le Parti Québécois à vouloir réaffirmer la place de l’histoire nationale et de l’histoire politique dans l’enseignement de l’histoire au Québec ?

Éric Bédard (EB) : Cet engagement du PQ n’est pas tombé du ciel ! Je rappelle en effet le contexte. Nous avons souvent la mémoire courte au Québec, malgré notre devise nationale.

Dans la foulée de la grande réforme scolaire qui avait débuté au début du millénaire, on découvrait, en avril 2006, l’esprit du nouveau programme d’histoire au secondaire. La bonne nouvelle était que plus d’heures allaient être consacrées à l’histoire du Québec. Je rappelle que vous et moi n’avons eu qu’une seule année d’histoire du Québec/Canada obligatoire : c’était le cours de secondaire 4. Désormais l’histoire du Québec serait enseignée en secondaire 3 et en secondaire 4. Excellente nouvelle !

Mais les bonnes nouvelles s’arrêtaient là... Car lorsque nous avons pris connaissance du contenu du programme, nous avons vite déchanté...

De l’avis même de ceux qui avaient inspiré ce programme – je pense notamment au didacticien Jean-François Cardin ou à l’historien Jocelyn Létourneau – celui-ci se voulait plus « rassembleur », moins « misérabiliste ». L’angle privilégié fut de faire l’histoire des grands processus de la modernité au Québec : le développement des libertés et de la démocratie, l’avènement de l’État-providence, la lutte des ouvriers, des femmes et des minorités ethniques, etc. Dans ce nouveau programme, la Conquête était assimilée à un changement de régime qui annonçait les bienfaisantes libertés britanniques ; la Révolution industrielle passait sous silence l’infériorité économique des Canadiens français ; la Révolution tranquille était surtout présentée comme l’avènement l’État-providence, non comme le moment clef d’une reconquête économique et politique par la majorité francophone. Quant à des événements aussi anodins que l’Acte de Québec, la Confédération, les conscriptions, le rapatriement de 1982, ils étaient à peine évoqué ou carrément absents. Le sujet de cette histoire était la Modernité, non le Québec. Une Modernité défendue par de valeureux combattants, freinée par de dangereux réactionnaires...

Il était bien sûr souhaitable d’expliquer l’importance des grands phénomènes sociaux, légitime de présenter la lutte des « exclus » de l’historiographie traditionnelle, impératif de faire une place à l’histoire des femmes. Mais il fallait rendre compte aussi, en même temps, du destin particulier d’un peuple qui, très tôt, fut confronté à la possibilité de sa disparition. Cette histoire singulière, qui donne une certaine unité à notre parcours historique, elle s’incarne dans la trame des grands événements politiques. C’est donc pour rééquilibrer les choses que le Parti québécois s’est engagé, je crois, à revoir « le programme d’enseignement de l’histoire dès le primaire, aux 1er et 2e cycles du secondaire, en privilégiant la connaissance des événements politiques de l’histoire nationale du Québec permettant de comprendre l’évolution de la société québécoise à travers une trame chronologique qui met en lumière les dates charnières de l’histoire nationale, politique, économique, sociale et culturelle du Québec et du Canada » (article 3.4 du programme Agir en toute liberté, 2011).

Dans son discours inaugural, Madame Marois a réitéré cet engagement. La ministre Malavoy semble aussi déterminée à aller de l’avant. Tant que les objectifs du gouvernement resteront clairs, nous le soutiendrons. Comme nous suivons le dossier depuis un moment, nous sommes évidemment bien placés pour le conseiller même si nous comprenons qu’une révision de programme nécessite des consultations.

MBC : Et comment expliquez-vous l’actuel dérapage de ce dossier dans les médias?

EB : Plusieurs raisons...

D’une part, nous avons du mal à débattre sans nous traiter de noms ! Comme si les débats de fonds nous faisaient peur. Tout devient personnel. Tout désaccord est assimilé à des « querelles », à des « polémiques », à des « bisbilles » ! Nous avons une peur bleue (ou rouge!) du conflit. C’est du moins ce qui m’a frappé dans la ligne éditoriale du Devoir de cette semaine. La Coalition pour l’histoire a été formée par des gens de bonne foi, tous bénévoles, qui souhaitaient proposer un argumentaire clair et cohérent en faveur d’un renforcement de l’histoire « nationale » du Québec à tous les niveaux d’enseignement. Au cours des dernières années, nous avons réalisé des études que je crois bien documentées, commandé des sondages, sollicité des personnalités, tenté de convaincre tous les partis de la justesse de nos idées. Il est très facile de pester contre « le Ministère » assis confortablement dans son salon. Facile aussi de jouer au grand penseur au-dessus de la mêlée. Mais il vient un moment où il faut se commettre et prendre position. Les programmes en éducation doivent être matière à débats... Ils ne doivent surtout pas devenir la chasse gardée de quelques « experts » autoproclamés ! Lorsque les énoncés ou l’esprit d’un programme heurte nos convictions les plus profondes, c’est notre devoir de « citoyen » de proposer des changements, en tout respect pour celles et ceux qui ne pensent pas comme nous. En bout de ligne, c’est au pouvoir politique de trancher. Nos grands esprits libéraux reviennent souvent sur l’importance de la « délibération »... Et bien la délibération suppose des antagonismes de principes. Partout, l’enseignement de l’histoire est un sujet sensible, souvent émotif. Partout, les intellectuels, les historiens débattent de ces questions. Croire, comme Yvan Lamonde, qu’on serait les seuls à discuter de ces enjeux, cela témoigne d’une ignorance du dossier.

D’autre part, ce « dérapage » comme vous dites, me semble lié au discrédit de l’idée nationale, et plus largement à notre rapport trouble au politique – bien davantage qu’à quelque complot fédéraliste. Cette histoire dite « citoyenne » qu’on nous a proposé en 2006, elle était à mon avis très emblématique du soupçon qui pèse sur l’idée nationale en Occident depuis les années 1960 et au Québec depuis le référendum de 1995. Un phénomène que Serge Cantin, Jacques Beauchemin et vous-même aviez bien observé dans vos ouvrages respectifs. Ce rapport trouble à l’histoire que j’ai exploré dans Recours aux sources, cette fameuse « dénationalisation » non seulement du discours des souverainistes mais de nos élites intellectuelles et académiques. Cette association insidieuse de l’idée nationale au passéisme, à l’intolérance, à la discrimination... Le programme « javellisé » de 2006 témoignait de tout ça.

Nous avons aussi une peur bleue de la politique qui nous vient de très loin. C’est lié à notre hantise du conflit et de la division que j’évoquais plus haut. Dans le programme de 2006, on a évité de parler de politique parce qu’on craignait que cela nous divise... Très bien ! Imaginez des Français dont le programme d’enseignement évoquerait à peine la Révolution de 1789 ou le régime de Vichy ; des jeunes Américains à qui effleureraient la guerre civile ou la désastreuse aventure au Viêt-Nam ; des jeunes Allemands qui, une fois leur cours secondaire terminé, aurait à peine étudié les origines de Grande Guerre ou l’avènement du IIIe Reich ; des Israéliens qui ignorerait à peu près tout de la Guerre des Six jours ! Dans tous ces pays, l’histoire est un champ de bataille. Mais on est arrivé, non sans difficultés, à s’entendre sur une base factuelle minimale. Je pense qu’au Québec, on devrait se faire confiance et viser la même chose plutôt que de tout mettre sous le tapis.

MBC : Vous êtes membre de la Coalition pour l’histoire. Quelles en sont les principales revendications?

EB : Nos revendications ? Elles touchent tous les niveaux d’enseignement.

Pour le secondaire, il y a le rééquilibrage dont je viens de vous parler en faveur des grands événements politiques de notre histoire. Mais il y a aussi la structure du cours qui fait problème. Et là-dessus, absolument tout le monde est d’accord. Je rappelle que le cours de secondaire 3 est chronologique et couvre toute l’histoire du Québec des origines jusqu’à nos jours alors que celui de secondaire 4 est thématique. On revoit l’histoire du Québec mais par thème : l’économie, le pouvoir, etc. C’est presqu’un cours de science politique. Tous les enseignants nous disent que cette structure provoque des redites et des répétitions qui ennuient beaucoup les élèves. Pour faire court, je vous donne un exemple : on présentera brièvement les événements de la rébellion en secondaire 3 mais on reverra les institutions politiques de la colonie du Bas-Canada en secondaire 4... Forcément, on reparle des mêmes événements et des mêmes acteurs. Ce qu’on propose, c’est un approfondissement des contenus et un prolongement de la chronologie en secondaire 4. Le cours de secondaire 3 couvrirait, par exemple, la période qui irait des débuts jusqu’en 1867 alors que le cours de secondaire 4 traiterait de la période contemporaine.

En ce qui a trait au cégep, un coup de barre s’impose. L’étude de Gilles Laporte et de Myriam D’Arcy montre noir sur blanc que la fréquentation des cours d’histoire au collégial est en chute libre depuis quelques années. Faut-il imposer un cours obligatoire en histoire du Québec ? Plusieurs le croient. D’autres, plus pragmatiques, croient que la connaissance du Québec devrait devenir une « compétence obligatoire » au collégial. Chaque cégep devrait par conséquent élargir son offre de cours sur le Québec, ce qui pourrait inclure des cours d’histoire mais également d’autres disciplines.

À l’université, les choses sont plus difficiles mais il y a beaucoup à faire aussi. D’une part, revoir la formation des maîtres en histoire. Les étudiants en sciences de l’éducation qui comptent enseigner l’histoire se plaignent souvent de leur formation rachitique dans cette discipline. En effet, depuis la réforme Chagnon de 1994, les futurs enseignants doivent faire un bacc. de 4 ans en sciences de l’éducation. Or cette formation accorde trop peu de place à la discipline qui sera enseignée. En effet, après avoir vérifié les programmes de ces facultés, j’ai pu constater qu’en moyenne, un futur diplômé en sciences de l’éducation, option « univers social », n’aura suivi que 3 à 4 cours en histoire du Québec/Canada durant ses 4 ans de formation et de stages. Pour une personne qui enseignera l’histoire du Québec/Canada toute sa vie, cela nous semble nettement insuffisant ! À notre avis, le futur enseignant devrait avoir suivi au moins 10 cours en histoire du Québec/Canada, et là-dessus, au moins un ou deux cours sur la question nationale/constitutionnelle.

Avec une telle demande, les départements d’histoire n’auraient d’autres choix que d’accroître leur offre de cours en histoire politico-nationale. On constate en effet que ce champ est en friche dans nos départements. Alors que nous soulignons chaque année la Journée « nationale » des Patriotes, nous ne disposons d’aucun vrai spécialiste de ces événements dans l’un de nos départements francophones. Idem pour la Guerre de Sept ans ou pour l’histoire constitutionnelle du Québec et du Canada. Je n’ai rien contre les travaux en histoire sociale et culturelle, très en vogue chez les chercheurs. Je souhaite seulement qu’une vraie place soit accordée à cette historiographie plus traditionnelle, encore très appréciée du grand public. Je rêve qu’un universitaire Québécois produise une grande biographie comme celle de David Hackett Fisher consacrée à Champlain ou une nouvelle synthèse sur la Guerre de Sept Ans comparable à celle produite par Fred Anderson... Pour produire de telles œuvres, il faut un environnement de recherche, des séminaires plus spécialisés et des étudiants gradués. S’il y a de la place pour un mémoire sur le « Festival de cochon de Sainte-Perpétue » (Université Laval, 2009), il devrait y en avoir aussi pour des travaux qui portent sur des personnages ou des événements aussi peu importants que l’Acte de Québec ou Honoré Mercier... !

MBC : Sentez-vous un écho favorable dans la population ?

EB : Quand j’explique mes préoccupations ou que je présente les demandes de notre Coalition à des gens qui aiment l’histoire mais qui sont bien loin de tous ces débats, ils tombent des nues !! Je pense que nos revendications sont éminemment raisonnables, comme le montrent les sondages que nous avons menés.

MBC : Pourquoi alors cette apparente résistance des historiens universitaires ?

EB : À l’université, je constate aussi que les idées de la Coalition sont mal reçues. Mes collègues les perçoivent comme une mise en cause de leur travail. Ce qui n’est pas du tout le cas ! Je crois sincèrement à la liberté académique. Chaque chercheur est libre de se pencher sur les sujets de son choix. Et cette liberté doit être protégée à tout prix. Mais ce qui vaut pour eux, devrait aussi valoir pour celles et ceux qui restent attacher à une histoire politique plus traditionnelle, axée sur les grands événements et les grands personnages qui ont marqué notre histoire nationale. Je dis souvent que l’histoire nationale qui me passionne n’est pas plus « nationaliste » que leur histoire sociale n’est « socialiste » ! C’est un angle d’approche, une autre façon d’aborder notre passé.

Cela dit, je crois qu’il est possible d’allier engagement intellectuel et rigueur scientifique. La recherche en histoire des femmes a souvent été le lot d’historiennes « féministes ». Leurs travaux ont fait énormément progresser nos connaissances. L’histoire sociale était souvent le fait de gens qui avait une sensibilité de gauche, voire d’extrême-gauche. Leurs travaux ont été tout aussi importants. Pourquoi cela serait-il différent pour les « nationalistes » ? Faudrait-il arrêter de lire Fernand Ouellet parce qu’il était proche de Cité libre ? Ne plus s’intéresser à l’œuvre de Marcel Trudel parce qu’il a été l’un des fondateurs du Mouvement laïc de langue française ? La connaissance pure, et totalement désintéressée, est plutôt rare. Et croyez-moi, les travaux des adeptes de la connaissance pour la connaissance ne sont pas toujours les plus passionnants à lire ! Les gens qui passent des années à faire des thèses et à écrire des livres d’histoire sont souvent animés par des motivations très profondes et personnelles qui mobilisent tout leur être et qui donnent un sens à leur vie. Dans la mesure où l’on reste rigoureux dans nos démonstrations et respectueux des méthodes, l’engagement du chercheur ne devrait effaroucher personne.

MBC : Une question plus large : de quelle manière l’enseignement de l’histoire nationale est-elle indispensable à l’éducation civique des jeunes générations? Et quelles sont les conséquences civiques de l’effacement de la conscience historique? On dit souvent d’un peuple déculturé qu’il perd le sens de sa propre réalité et de ses propres intérêts. Partagez-vous ce constat?

EB : L’histoire, ce sont bien sûr des connaissances, une culture. Ces connaissances nous permettent de comprendre le présent. C’est beaucoup, c’est énorme. Ces connaissances éclairent le fonctionnement de nos institutions, les choix de nos prédécesseurs, les luttes des uns et des autres. Grâce à l’histoire, nous comprenons mieux comment notre société en est arrivée là... Elle donne du champ à notre compréhension du monde. Elle relativise aussi les malheurs du présent et à traverser les périodes plus sombres.

Mais l’histoire est aussi liée à l’identité. Grâce à l’histoire, nous savons mieux qui nous sommes. Éduquer à la citoyenneté, c’est présenter le récit des origines. C’est découvrir à quelle aventure collective on participe. Or dans notre cas, cette aventure a été bien incertaine. Ce qui nous distingue des autres, ce n’est pas la modernité que nous partageons avec tous les peuples d’Occident. Ce qui nous distingue, c’est précisément cette histoire unique, cet héritage culturel fragile, conservé puis développé par nos devanciers. La grande majorité des Québécois n’auront que leurs cours du secondaire pour comprendre cela. Après, ils seront libres de choisir ce qu’ils font de cet héritage. Mais au moins ils sauront qui ils sont et d’où ils viennent. Ils seront des êtres humains plus complets, plus conscients d’eux-mêmes.

 

23 commentaire(s)

jnboisvert dit :
10 mars 2013 à 12 h 26 min

Pour manipuler l'avenir d'un peuple, il suffit de lui faire détester ses racines et ses origines. Créer un québécois errant, en quelque sorte.

Si, en plus, on reformule l'Histoire, a la Howard Zinn, tous nos ancêtres deviennent des pourris, sans envergure, sans idéaux collectifs. Honteux d'être incapables d'accoter les standards de qualité d'une telle parenté, on ipode autour de notre nombril, et le tableau effacé de l'Histoire sera secrètement écrit que selon tous les agendas utiles au Programme.

Honteux de son passé, festif dans son présent, errant dans son avenir:..

L'Histoire fut effectivement semée, mais si la grossesse de l'État a naître est tellement pénible, il serait libérateur de s'auto-avorter de ce poids mort. C'est ciselé dans l'Histoire: un pays naît et est, que s'il SAIT qu'il a accumulé dans son cheminement assez de sagesses et de forces pour accepter de se mettre au Monde.

Sans racines, pas de sève et de vie, même un arbre colossal tombe: mais qui entendra tomber cet arbre dans le silence de notre masochiste indifférence?

Denis Mercier dit :
10 mars 2013 à 12 h 55 min

Bon je crois que les historiens québécois devraient mettre en relief le fait que dans la période de la colonisation française,le commerce avec la France avait beaucoup de mal à se développer par exemple parce que le fleuve était gelé une partie de l'année et que la conquête a fait que le commerce s'est mieux développé.

Aussi donner des entrevues avec J-M Aussant et Mathieu Bock coté donne à penser que ce ne sera pas une histoire objective que M. Bédard entend pratiquer, on s'éloigne un peu de la science mais enfin est-ce qu'une histoire objective existe et si oui éveille-t-elle de l'intérêt ?

Je n'ai pas lu l'entrevue au complet, je le ferai peut-être plus tard, si on peut poser des questions, je voudrais savoir si ce monsieur se présentera pour être député sous la bannière du P.Q et s'il n' a pas déjà animé des émissions à la télé communautaire sur les ovnis.

Il me semble que soit on parle d'histoire, soit on parle de politique mais les deux ensemble, ça ne m'apparait pas faire un bon mélange.

Stéphane dit :
10 mars 2013 à 13 h 15 min

Le plus extraordinaire article sur ce sujet que j’ai lu depuis bien longtemps. Merci infiniment. Cela confirme ce que je crains depuis bien longtemps. J’espérais que la situation soit autrement... hélas!

Hélène Beaulieu dit :
10 mars 2013 à 13 h 37 min

Voilà la question: Quelle histoire enseigner? Une histoire à la sauce souverainiste romantique enseignée aux élèves du secondaire 4 et du secondaire 5. Les rendre "mûrs" pour le vote souverainiste à 16 ans?..

Je trouve complètement indécentes toutes ces tentatives détournées qui instrumentalisent nos jeunes..

Ensuite vous déplorerez de les voir rejoindre les carrés rouges.. La politique au Québec est une politique d'amateurisme....

brazeau dit :
10 mars 2013 à 13 h 42 min

Que dire de plus que Bravo et il faut aller de l'avant. Je suis un enseignant d'histoire de 1980 à 2012 . retraité car l'enseignement de l'histoire avec le nouveau programme depuis 2006 nous a demandé de ne plus enseigné NOTRE histoire. Le goût n'existait plus, la découverte étant absente l'abandon a été le meilleur choix

Jack dit :
10 mars 2013 à 14 h 59 min

"La Coalition pour l’histoire a été formée par des gens de bonne foi, tous bénévoles, qui souhaitaient proposer un argumentaire clair et cohérent en faveur d’un renforcement de l’histoire « nationale » du Québec à tous les niveaux d’enseignement." Le probleme est la .....foi.....un foi...

Jocelyn Gadbois dit :
10 mars 2013 à 15 h 37 min

Il faudrait qu'Éric Bédard lise plus que le titre du mémoire sur le Festival du cochon de Sainte-Perpétue pour se prononcer sur son intérêt. Il aurait alors pu constater, s'il s'était au moins rendu à la fin de la page titre, qu'il ne s'agit pas d'un mémoire en histoire, mais d'un mémoire en ethnologie qui est par ailleurs très pertinent pour comprendre les stratégies communautaires de mise en valeur de l'identité. C'est plutôt disgracieux.

Christine dit :
10 mars 2013 à 15 h 43 min

Savez-vous ce qu'est l'ethnologie M. Bédard ?

Reynald Du Berger dit :
10 mars 2013 à 16 h 14 min

La question de fond n'est pas quelle histoire doit-on enseigner mais comment l'enseigner. ? Amenez vos élèves s'assoir dans l'herbe sur un promontoire où l'on voit la pointe de l'Ile d'Orléans, la pointe de Lévis et le Cap Diamant. Racontez-leur le siège de Québec, la Guerre de Sept ans et la Bataille des Plaines d'Abraham. Faites-le avec passion, poussez-les à aller plus loin par eux-mêmes. Dans quelques années, ils feront des voyages culturels plutôt que s'évacher sous les cocotiers de la Floride ou de la République dominicaine.

P. Côté dit :
10 mars 2013 à 17 h 00 min

Lorsque les futures générations étudieront les causes de notre lente mais inexorable disparition, le non-enseignement de notre histoire nationale sera retenu comme l'une des principales raisons de celles-ci, peuple de trou-du-cul que nous sommes

Mathieu L BOUCHARD dit :
10 mars 2013 à 17 h 14 min

L'antinationalisme est une idéologie, et elle est d'autant plus dangereuse que ses partisans passent pour neutres. Mais l'escamotage n'est pas de la neutralité, c'est de la censure. Le Québec doit apprendre la différence entre la neutralité et la censure.

serge dit :
10 mars 2013 à 19 h 29 min

qui est pierre Dugas ,.,; allez voir sur internet, celui-ci etait le capitaine du bateau ou Champlain alors membre d.equipage, vu que la colonie etait controle par les Jesuites et que Dugas etait protestant et Champlain catholique ,.;, alors ils ont batit une histoire autour de Champlain, si je me fis au PQ je me demande quel sorte d'histoire va etre enseignee,.,; les Francais nous ont oublies et les Anglais nous ont conquient ,.,;pourtant ils nous ont laisse vivre (pas en esclave ou un peuple soumit a genoux comme beacoup le pretende) notre probleme ce fut ,,,nous avons ete controle par la religion beacoup d'enfants pour travailler pour subvenir et ont a oublie l'education ,,., (peuple tenu dans L'ignorance) a detester les anglais, ont a oublie de nous montrer que pour evoluer il est a notre avantage de parler une autre langue,de voir chez nos voisins (autre provinces) ce qu'il ont fait pour avancer ou evoluer,.,;au lieu de prendre la france comme reference( regardez notre stade olympique)

Pierre Bouchard dit :
10 mars 2013 à 20 h 12 min

J'ai mentionné des références dans mes commentaires passés à des philosophes intéressés principalement par l'histoire de la culture sociale et politique en Occident (Foucault sur la marginalité et les normes) ou autrement à l'histoire des idées dans le cadre philosophique sur un mode (Onfray et la contre histoire de la philo) contestataire.

Contrairement à ce qui est cru, ce type d'approches ouvre des fenêtres à la réalité des nations qui elles aussi connaissent la marginalisation ou une histoire officielle qui peut se révéler erronée. Comme par exemple, l'histoire aseptisée et normative du Québec par J.Létourneau. Dans les faits, si l'histoire de l'historien est associé à un engagement, tout en respectant la documentation factuelle, l'historien sera capable d'incarner et de faire vivre son sujet d'étude comme un Michel Brunet dans les années 60.

La pratique de l'exclusion politique dans le domaine de l'étude historique est fascinante. Si l'histoire sociale ou du progrès technique et du libéralisme connaissent leurs niveaux de la réalité, l'histoire politique des nations n'en n'existe pas moins et au delà du folklore ethnologique qui appartient aux peuples morts! Plus que l'histoire des partis politiques et des grands hommes, l'histoire des nations rappelle la lutte pour la liberté républicaine, la démocratie, la lutte pour la réduction de la religion dans la société comme le rappel des hégémonies impériales qui écrasent des peuples. L'histoire politique directe ose dire le danger de la tyrannie qu'elle soit colonialiste où le résultat de régimes totalitaires. Nier l'histoire des régimes politiques et des nations est un déni de pluralité quant au rapport à la réalité. Au Québec, les Québécois existent et ont une histoire qui relativement douloureuse ne doit pas être censurée!

Évitons le révisionnisme soviétique!

Pierre Bouchard dit :
10 mars 2013 à 20 h 25 min

Lu les commentaires. Il faut dire que parmi les nations d'Occident, le peuple du Québec est celui qui risque le plus la disparition avec peut être les Catalans en Espagne. Ce n'est pas de l'idéologie c'est factuel. Les francophones sont de moins en moins importants sur le plan démographique au Canada comme à Montréal d'ailleurs.

La loi par défaut de souveraineté est la seule qui peut empêcher l'anglais d'absorber la francophonie québécoise ce n'est pas sexy mais c'est ainsi. Comme c'est ainsi que de penser que l'histoire du syndicalisme au Québec n'est pas incompatible avec le rappel de la répression fédérale totalement politique en octobre 70. Les libéraux de Charest et l'histoire du déni, du mensonge à la soviétique!

André Denoncourt dit :
10 mars 2013 à 20 h 30 min

@P.Côté :

Personne n'étudiera ses causes.

Nelson dit :
10 mars 2013 à 20 h 33 min

L'histoire st une science et en tant que telle, elle doit être objective, sujet d'une méthode et vérifiable en tout temps.

Les jeunes ont besoin de vérité.

La plus stricte réalité donc, les faits véridiques pour les jeunes.....des programmes et contenus préparés par les meilleurs historiens du Québec.

Luc Archambault dit :
10 mars 2013 à 23 h 26 min

Excellent état des lieux. L'Histoire nationale des Québécois,es ne doit pas être laissée entre les mains de quelques spécialistes partisans. Tous les récits doivent être présentés, pas seulement les récits sociaux, mais aussi les récits nationaux, économiques, culturels et politiques. C'est l'équilibre qui fera foi. Le déséquilibre aussi... si l'équilibre n'est pas rétabli. Il faut le rétablir.

Moshe_Levy dit :
11 mars 2013 à 4 h 53 min

La Shoah devrait devenir un enseignement obligatoire dans toutes les écoles du Québec.

Porsche dit :
11 mars 2013 à 5 h 08 min

Revisiter l'Histoire est depuis quelques années quelque chose de périlleux. Il suffit par exemple d'émettre un bémol concernant quelques dossiers de la Seconde Guerre Mondiale ou de la création d'Israël et on vous taxe des pires insultes.

JCPomerleau dit :
11 mars 2013 à 7 h 54 min

Cachez cette nation que nous ne saurions voir

Il y a toujours un a priori subjectif quand on aborde l'histoir ; prétendre le contraire est de la fausse représentation.

L'a priori des historiens, idéologues du fédéralisme, était clairement de faire disparaître la nation de l'enseignement, donc tous les temps forts qui ont pu la façonner : "Qu'est l'énoncé, sinon un moyen" (G.Bataille).

Voici une suggestion pour objectiver un tant soit peu l'enseignement de notre histoire. Il faut partir d'une question existentiel pour départager l'essentiel de l'accessoire :

Qu'est-ce qui fut nécessaire pour qu'apparaisse, se développe et existe encore une nation française en Amérique ?

La réponse : les assises d'un État, dans lequel cette nation est majoritaire. Quoique un État annexé par l'État anglais (avec promesse d'assimilation).

Donc le fil conducteur de notre histoire est la genèse d'un État, sur les assises duquel repose nos chances d'exister comme nation française en Amérique (et non comme groupe folklorique). Cette histoire est contenue et résumée (objectivé) dans l'évolution des statuts de cette État (géopolitique).

Par exemple : l'Acte de Québec de 1774 est la reconnaissance dans les statut d'un État français en Amérique dans ses caractéristique essentiels qui lui donne une cohésion nationale :Religion, langue et coutumes de Paris (code civil). Cet acte ne résulte pas de la générosité mais de la realpolitik, il fut consentie pour ne pas que les Habitants (entité politiques) ne joignent la Révolution américaine, ce qui aurait mis fin à la présence britannique en Amérique du Nord.

L'enseignement de l'histoire couplé avec un cours de géopolitique 101 peut être ?

Luc dit :
11 mars 2013 à 12 h 33 min

Bon commentaire M.Bock-Côté. Je crois qu'il y a un certain coup de barre à donner dans l'éducation de nos jeunes Québécoises et Québécois. Que ce soit un reserrement du français ( pas au détriment par contre, du nécessaire apprentissage de l'anglais ou d'autres langues....) qui parfois dans certains cas se confond presqu'avec le sanskrit. L'histoire, notre histoire du Québec de quoi ne pas confondre René Lévesque avec Crocodile Dundee et peut-être la culture d'ordre plus générale de quoi ne pas penser que la Colombie-Britannique fait partie de l'Amérique du Sud et se trouve voisine du site inca Machu Picchu.......grizzlis en moins......Les gadgets électroniques, c'est magique, c'est fantastique, c'est rapide mais la réflexion, la pensée, la sensibilité et l'intelligence civiques, sociales, politiques, tout ça demande un peu de temps, parfois un peu de terrifiantes pages de lecture.....

Nous avons de bons historiens au Québec comme les Marcel Tessier, les Jacques Lacoursière, les Éric Bédard...... Peut-être devrions-nous au Québec en venir à un film, à un long-métrage de quelconque passage de notre histoire collective. Bien des pays l'ont déjà fait, ont déjà mis sur écran des passages de leur histoire, parfois des passages peut-être collectivement thérapeuthiques......Le Canada ne l'a jamais fait ou si peu, peut-être trop de fardage nécessaire. Le Québec ne l'a jamais fait ou si peu, peut-être trop de fardage à enlever....Les USA l'ont fait....souvent ( et oui, ils l'ont l'affaire les Amaricains..)...

On a eu le film Nouvelle-France dernièrement il y a quelques années. Un très beau film dans une sorte de consortium Canado-Franco-Britannique où personne ne voulait déplaire à personne.....Ce film avait coûté je crois $33 millions. Et si on se faisait un p'tit film ici au Québec, un film d'un passage important de notre histoire genre la conquête meton. Pas un film de propagande, juste un beau film historique mais sans....fardage...

John Doe dit :
11 mars 2013 à 12 h 35 min

@Nelson La propagande peut être composée que de faits véridiques. Vos propos laissent sous-entendre que vous voudriez que l'enseignement soit complètement dénué, en plus des faussetés, de cet élément. Mais est-il véritablement sage de proposer une Histoire asceptisée à nos étudiants? existe-t-il une telle chose?

Francis Robillard dit :
11 mars 2013 à 16 h 47 min

L'invention des racines est-elle un mythe? En commençant son allocution, Éric Bédard fait mention de la devise du Québec, "Je me souviens", le fait que cette devise soit en français par rapport à l'unilinguisme anglais du Canada, en fait-elle une devise québécoise pour autant?

Je me souviens, mais de quoi, il s'agit en fait d'un extrait d'un poême traitant du bonheur à la soumission des colons canayiens à la Grande-Bretage: «Je me souviens que, né sous le lys, je crois [sic] sous la rose». Donc, loin d'être québécois, même si la devise fut adopter sous le premier gouvernement de René Lévesque, il s'agit d'une consternante méprise d'un identitaire canadien-français qui n'a pas réussit à faire le pas à l'identitaire québécois.

Cette méprise on la retrouve tout autant parmi les éclopés de l'occupation quand ils parlent du Canada, comme de la confédération, la confédération des deux peuples de 1840, rejeté et renié qui déboucha à l'avantage du Dominion of Canada, par la quasi-fédération canadienne de 1867 et son produit final le rapatriement unilatéral (juste sans le Québec, la pseudo 2e nation) de 1982.

Parfois, l'histoire nous montre bien qu'il ne suffit pas de la savoir, pour en faire ce que l'on veut, il faut la comprendre, pour comprendre pourquoi le fédéral qui n'est d'aucune aide dans le financement de nos universités (sauf pour favorisé les universités anglophones), a quand même investi dans les budget de recherche d'histoire des université Laval, de Montréal et UQAM, pour noyauté et encourager la liberté de recherche qui vont dans le sens de ses propres intérêts politiques et idéologiques et de toute une bande de collabos criant au loup, quand il s'agit de transmettre ne serait-ce que la vérité.

Les québécois ne sont pas maître chez eux, que ce soit dans leurs institutions, dans leur économie, parce que ce ne sont pas des québécois, mais de très vulgaires et soumis canadien-français.