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Huis clos | Magnotta

Frénésie au palais

Salle comble lors de la requête pour exclure le public des audiences

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Dès 7 h 30, des journalistes faisaient la queue pour entrer dans la minuscule salle derrière un portique de sécurité.

 

Les médias étaient nombreux hier pour entendre les premiers témoins dans ­«l’affaire Magnotta». Mais les avocats ont plutôt débattu sur la demande de huis clos. La juge tranchera ce matin.

Trois heures avant les ­audiences, les journalistes étaient déjà en ligne pour tenter d’avoir une place dans la minuscule salle du palais de justice de Montréal. Chaque passage d’un avocat était suivi par les dizaines de caméras et de flashs de photographes.

Loin des regards

Les grandes agences de presse, telles Reuters et AFP, avaient dépêché leurs correspondants à Montréal. Mais peu de journalistes étrangers sont venus assister au premier jour de l’enquête ­préliminaire de Luka Rocco Magnotta, accusé entre autres de meurtre ­prémédité et d’outrages sur le cadavre de l’étudiant Chinois Jun Lin le 25 mai dernier.

«Il y aura sûrement un plus grand engouement lorsque ce sera le procès», croit cependant un journaliste londonien présent hier.

Le reporter du tabloïd The Sun explique qu’il y a bien un intérêt médiatique en Angleterre, entre autres à cause de la chasse à l’homme internationale dont Magnotta avait fait l’objet.

Mais ceux qui s’attendaient à ­entendre les détails ayant mené à cette affaire auront été déçus.

Le paradoxe est énorme. Si Magnotta semblait chercher l’attention médiatique pendant qu’il était à l’air libre, son avocat a demandé hier que la cause se déroule loin des projecteurs.

En fait, il veut que la juge interdise l’accès de la salle d’audience au public, car il est convaincu que la justice serait ainsi mieux servie.

Les médias contestent

Le contenu de la requête de huis clos est sous ordonnance de non-publication, mais l’on peut dire que Me Luc ­Leclair a longuement plaidé sa cause.

Il s’est cependant heurté aux avocats des médias, qui ont vigoureusement contesté cette demande.

«Des mesures alternatives sont déjà en place», a fait savoir Me Mark Bantey, faisant référence à une ordonnance de non-publication déjà en vigueur, qui interdit de révéler les faits de la cause.

«La population doit veiller à ce que le processus judiciaire se déroule bien», a ensuite renchéri Me Bernard Pageau.

L’avocat de Diran Lin, le père de la victime, s’est également adressé à la cour en faveur d’une audience ­publique.

Le procureur à la Couronne, Me Louis Bouthillier, a quant à lui émis des réserves quant aux prétentions de la défense, qui voulait aussi interdire aux médias de rapporter quoi que ce soit concernant Magnotta.

«Si l’accusé se gratte la tête, je ne crois pas que ce soit de la preuve», a-t-il conclu.

  • La juge tranchera sur la demande de huis clos ce matin.
Les avocats
M e Luc Leclair
Avocat de Toronto
Il défend Luka Rocco Magnotta
Il a obtenu un permis spécial du Barreau du Québec pour pratiquer à Montréal
En 2011, il s’était prononcé dans les médias sur le mouvement  Occupy Toronto
Il tente d’obtenir le huis clos à l’enquête préliminaire de Magnotta
M e Louis Bouthillier
Procureur de la Couronne
Il tentera de prouver la culpabilité de Luka Rocco Magnotta
Parmi ses procès médiatisés, celui du meurtre de Raymond Ellis  devant une boîte de nuit en 2005.
A convaincu un jury de la culpabilité de Stéphanie Meunier pour le meurtre du petit Jérémy Bastien Perron, 5 ans, en 2008.
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