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Le courrier

Thèmes éculés

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L’article intitulé «Israël, État raciste?», de Richard Latendresse, reprend les thèmes éculés de l’antisionisme primaire. Car quoi qu’on en pense, le long conflit israélo-arabe n’est pas de nature raciale, mais nationale. Il s’agit d’un conflit entre deux mouvements nationaux.

Si Israël occupe encore la Cisjordanie, c’est parce que l’Autorité palestinienne a refusé toutes les offres de paix depuis 2000 (Camp David, Taba, Annapolis), multiplie les conditions préalables à la reprise des négociations et privilégie l’internationalisation de la résolution du conflit au détriment du seul processus susceptible de réaliser les aspirations légitimes des peuples palestinien et israélien : des négociations directes et sans préconditions. M. Latendresse écrit qu’Israël est «un pays que pour les Juifs». C’est là ignorer que l’arabe, au même titre que l’hébreu, est une langue officielle en Israël. C’est oublier qu’alors que les Juifs ont été chassés de virtuellement tous les pays arabo-musulmans après la fondation d’Israël, la minorité arabe d’Israël ne cesse de s’épanouir économiquement et démographiquement.

C’est faire la sourde oreille aux dirigeants palestiniens qui proclament que leur futur État sera fermé aux Juifs, tandis qu’en Israël, les Arabes siègent à la Cour suprême et au Parlement, sont ambassadeurs et consuls, hauts gradés à l’armée et vedettes de sport et de télévision.

Peut-on imaginer un juge juif condamnant à la prison un président arabe? Pourtant, en Israël, le président disgracié Moshe Katsav a reçu sa sentence des mains d’un juge arabe.

Non pas qu’Israël soit un État parfait. Mais dénigrer la démocratie libérale et perfectible d’Israël comme un État raciste ne sert qu’à réconforter les forces despotiques qui l’entourent et n’aspirent qu’à sa disparition.



David Ouellette

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