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Statut bilingue

Chaos linguistique appréhendé

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«Si quelqu’un venait dans notre municipalité pour nous dire que nous perdrons notre statut bilingue, vous allez avoir le chaos. Vous allez perdre la paix linguistique», prévient le maire de Côte-Saint-Luc, Anthony Housefather.

«La population descendra dans les rues pour manifester», a continué M. Housefather, alors qu’il comparaissait devant la commission parlementaire qui étudie le projet de loi 14 sur la modification de la Charte de la langue française.

Des citoyens accourront dans les hôtels de ville pour réclamer des services en anglais; des pressions importantes seront exercées sur les conseils municipaux pour défier la loi, a continué le maire de Côte-Saint-Luc.

«Pour nous, ce sont des droits acquis. Nous ne sommes pas prêts à négocier nos droits acquis», a martelé M. Housefather, qui s’exprimait au nom de l’Association des municipalités de banlieue qui représente 13 municipalités et trois arrondissements de l’île de Montréal avec une population totale de 242 600 citoyens. Ces municipalités défendent leur statut bilingue.

Statut en danger

L’organisme demande au gouvernement Marois de ne pas déposséder les 86 municipalités québécoises ayant un statut bilingue. «Ça devrait être au conseil municipal de décider», a plaidé le maire de Mont-Royal, Philippe Roy. «Nos électeurs n’accepteraient jamais que les maires et conseillers restent assis sur leurs mains, alors que leur statut de ville bilingue est révoqué», plaide l’Association dans son mémoire.

Le projet de loi 14 propose notamment que des municipalités dont la population anglophone serait sous le seuil de 50 % pourraient perdre, suivant certains critères, leur statut de ville bilingue. Auquel cas, «jamais les personnes d’expression anglaise ne seraient lésées dans leur droit d’obtenir des services en anglais», a précisé la ministre Diane De Courcy, responsable de la Charte de la langue française.

Le statut bilingue permet notamment aux municipalités d’ériger des panneaux de signalisation en français et en anglais, en plus de fournir des services dans les deux langues. «Les jeunes Québécois de langue anglaise et d’autres communautés non francophones sont aujourd’hui bilingues, 80 % d’entre eux parlent français et anglais (...) Ces citoyens ne méritent pas, après cet acte de foi, de se faire dire que la Charte de la langue française sera amendée de façon à réduire leurs droits linguistiques», soutient l’Association.

La ministre Diane De Courcy dit avoir pris bonne note des opinions des représentants des municipalités bilingues. «Je les reçois comme l’affirmation très ferme des dirigeants des municipalités anglophones de leur intention de respecter les droits de leurs citoyens.»

 

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