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Maternelle 4 ans

1242 enfants à l’école

Marie Malavoy
Photo les archives, Jean-François Desgagnés La ministre de l’Éducation Marie Malavoy.

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Le gouvernement Marois se lance dans la lutte au décrochage scolaire et prévoit ouvrir, dès septembre, 69 classes de maternelles pour 1242 enfants de quatre ans. La facture s’élèvera à 8,1 M$ par année.

S’inspirant d’études qui tendent à démontrer que l’échec scolaire devient prévisible dès la petite enfance, la ministre de l’Éducation Marie Malavoy offre ce nouveau service aux écoles situées dans des zones de pauvreté, ayant un «indice de défavorisation» de 9 ou 10. Dans le calcul de cet indice, le MELS tient compte du revenu familial, de la situation en emploi des parents et de la scolarité de la mère. Les enfants provenant de ces milieux «très défavorisés» sont réputés les plus vulnérables à l’échec scolaire.

On retrouve de ces écoles dans 69 commissions scolaires, a précisé la ministre de l’Éducation. Chacune pourra former un groupe de 18 enfants de quatre ans en vue de la rentrée de septembre. D’autres groupes seront formés dans les années ultérieures. À terme, Québec souhaite rejoindre 8000 enfants de quatre ans pour une dépense annuelle récurrente de 20 M$, tel que promis par le Parti québécois en campagne électorale.

Intervention précoce

Selon le Conseil supérieur de l’Éducation, 27% des enfants de quatre ans ne fréquentent ni les services de garde ni la maternelle à demi-temps. «C’est eux que l’on vise, pour qu’ils aient une intervention précoce qui leur permettra de partir du bon pied, d’améliorer leurs habiletés cognitives, linguistiques, sociales. On va leur apprendre des choses qui vont les rendre mieux disposés à réussir», a exposé Mme Malavoy peu après avoir déposé son projet de loi à l’Assemblée nationale. La ministre se dit préoccupée par le taux de décrochage de 36% chez les élèves du secondaire.

La décision du gouvernement est reçue avec des avis partagés. La fédération des commissions scolaires se dit «prête à collaborer avec le gouvernement». La Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE) salue l’initiative gouvernementale mais la juge timide. «Une seule classe par commission scolaire, c’est très peu, surtout dans les commissions scolaires les plus populeuses», a dit Josée Scalabrini, vice présidente de la FSE.

Pour sa part, l’Association québécoise des Centres de la petite enfance juge la mesure scandaleuse. L’école n’est pas compétente pour accueillir des enfants de quatre ans, soutient le directeur général Louis Sénécal. «Les études démontrent que la place d’un enfant de quatre ans n’est pas à l’école. Il a besoin d’un espace où l’apprentissage se fait par le jeu (...) C’est d’autant plus un gros scandale parce qu’on parle d’enfants défavorisés (...) C’est voué à l’échec», prévoit M. Sénécal.

Les intervenants en milieu scolaire et en CPE comptent intervenir en commission parlementaire pour exposer leurs points de vue à la ministre. Celle-ci a signifié que la loi 101 s’appliquerait aux nouvelles classes de maternelle quatre ans.

 

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